Vigile pour la prévention du suicide: recueillement et solidarité

Une cinquantaine de personnes endeuillées par suicide ont... (Olivier Croteau)

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Une cinquantaine de personnes endeuillées par suicide ont pris part à une vigile à la bougie organisée par le Centre de prévention suicide Accalmie, dans le cadre de la 15e Journée mondiale de la prévention du suicide, dimanche.

Olivier Croteau

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Amélie Houle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si des milliers de Trifluviens ont dû surmonter une montagne d'émotions, passant de la colère à la tristesse, à la suite du décès d'un de leurs proches par suicide au fil des années, c'est toutefois dans le calme et dans une ambiance sereine que s'est déroulée la vigile à la bougie annuelle organisée par le Centre de prévention suicide Accalmie, dans le cadre de la 15e Journée mondiale de la prévention du suicide, dimanche.

Chandelles à la main, une cinquantaine de personnes endeuillées par suicide ont pris part à cette marche à la fois pour se recueillir, mais aussi pour partager leur expérience par le biais de témoignages verbaux et écrits.

C'est d'ailleurs le cas de Claude Vadnais qui, il y a maintenant 13 ans, a dû faire face au suicide de sa fille alors âgée de 27 ans. Malgré le temps qui passe, cet événement reste gravé dans la mémoire de l'homme qui s'en souvient comme si c'était hier. 

«Maintenant, quand je pense à ma fille, ce sont de beaux souvenirs qui remontent à la surface. Mais cette douleur, elle ne disparaîtra jamais, car une cicatrice ça guérit, mais ça ne part jamais complètement», avoue-t-il.

En plus de s'impliquer comme président du conseil d'administration du Centre de prévention suicide Accalmie, Claude Vadnais est toujours fidèle au rendez-vous chaque année, lors de la vigile à la bougie.

«J'aime bien que la vigile soit désormais le 10 septembre, lors de la Journée mondiale de la prévention du suicide, car c'est la date de l'anniversaire de ma fille. Je trouve ainsi un réconfort avec cette marche. C'est en quelque sorte un baume qui me fait du bien. Mais ce qui m'a fait le plus de bien au fil des années, c'est d'être capable d'en parler ouvertement autant dans ma famille, qu'à l'extérieur. Je me sens donc moins renfermé», soutient M. Vadnais.

Même si une minute de silence a été observée quelques minutes avant la marche, c'est toutefois dans le silence le plus complet que les familles se sont recueillies, lors de la vigile qui s'est déroulée dans les sentiers du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap dimanche, avant de se terminer dans la Chapelle de la paix, où les familles endeuillées par le suicide ont pu témoigner de leur triste expérience avec des gens qui ont eux aussi vécu la même tragédie.

La prévention porte ses fruits

Signe que les mentalités évoluent avec le temps et que la prévention porte ses fruits, le fléau du suicide qui était autrefois un sujet tabou pour plusieurs familles de la région semble l'être beaucoup moins en 2017. C'est du moins le constat qui ressort du côté du Centre de prévention suicide Accalmie.

«Les gens sont plus alertes au fil du temps face à cette réalité. Même si ce n'est pas toujours facile à détecter, on voit que les gens sont plus sensibles à demander de l'aide et à venir en aide à leurs proches. On a d'ailleurs doublé les appels sur nos lignes téléphoniques en deux ans. La prévention et l'intervention sont devenues l'affaire de tous», précise le directeur général du Centre de prévention suicide Accalmie, Luc Massicotte.

La situation actuelle en Mauricie et au Centre-du-Québec reste tout de même préoccupante pour Luc Massicotte qui explique que chaque année, on compte plus de 1000 décès par suicide dans la région. 

«Les statistiques disent que pour chaque décès par suicide, 10 personnes auront à composer avec un deuil complexe, donc il y aura toujours de la prévention à faire», explique-t-il.




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