La Russie refuse l'«hystérie militaire»

C'est de la Chine où il prenait part... (AP, Mark Schiefelbein)

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C'est de la Chine où il prenait part au sommet des Brics qui réunit les puissances émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) que Vladimir Poutine (à gauche) a réagi au plan proposé par les États-Unis afin de répondre aux menaces nord-coréennes.

AP, Mark Schiefelbein

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Agence France-Presse
Washington

La Russie a multiplié mardi les mises en garde contre la ligne de fermeté des États-Unis deux jours après le dernier essai nucléaire nord-coréen, refusant l'«hystérie militaire» et douchant les espoirs américains de nouvelles sanctions internationales rapides.

Signe que l'unité internationale commence déjà à se fissurer, Donald Trump a confirmé le ton martial en vigueur à Washington depuis que la Corée du Nord a revendiqué, dimanche, l'essai réussi d'une bombe H, la plus puissante jamais testée par Pyongyang.

Le président américain, qui avait promis le mois dernier «le feu et la colère» à Pyongyang si ses menaces devaient se poursuivre, a ainsi annoncé mardi dans un tweet qu'il autorisait le Japon et la Corée du Sud à acheter des armes américaines «ultras sophistiquées». Les États-Unis ont déjà menacé dimanche le régime de Kim Jong-Un d'une «réponse militaire massive».

La Corée du Sud a de son côté lancé dès lundi des manoeuvres terrestres à tirs réels et la marine sud-coréenne a fait de même mardi dans l'espoir de dissuader Pyongyang de toute provocation en mer.

Mais les échanges de menaces se poursuivent : l'ambassadeur nord-coréen auprès de l'ONU à Genève, Han Tae Song, a assuré que les récentes «mesures d'autodéfense» de son pays étaient un «paquet cadeau» adressé aux États-Unis, qui en «recevront d'autres» s'ils poursuivent «leurs provocations imprudentes et tentatives futiles pour mettre la pression» sur la Corée du Nord.

Le Japon a revu à la hausse son estimation de la puissance de la bombe à hydrogène que Pyongyang a fait exploser dimanche : selon Tokyo, elle atteint 120 kilotonnes, soit huit fois supérieures à celle de la bombe américaine qui a dévasté Hiroshima en 1945.

«S'engager dans une hystérie militaire n'a aucun sens, c'est un chemin qui mène à l'impasse», a prévenu Vladimir Poutine depuis la Chine, où il a assisté au sommet des Brics qui réunit les puissances émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Tout en condamnant les essais nord-coréens, le président russe a estimé qu'une réponse militaire pouvait «aboutir à une catastrophe planétaire et à un grand nombre de victimes».

«Résolution pacifique»

Moscou semble rejoindre la position chinoise en faveur d'une «résolution pacifique» de la crise et d'une reprise de pourparlers avec le régime nord-coréen. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a insisté sur ce point au téléphone avec son homologue américain Rex Tillerson, prônant «l'utilisation de moyens politiques et diplomatiques» et appelant Washington à «ne pas céder aux émotions et à garder sa retenue».

Mais si M. Tillerson avait ouvert la porte à un futur dialogue ces dernières semaines, M. Trump juge désormais que «tout discours d'apaisement ne fonctionnera pas».

Outre la pression militaire, les États-Unis comptent essentiellement sur l'adoption de mesures «les plus fortes possible» contre Pyongyang. Washington souhaite ainsi négocier dans les prochains jours à l'ONU un nouveau train de sanctions dont il a pris l'initiative et le mettre au vote du Conseil de sécurité dès lundi. Mais des obstacles remettent déjà en cause ce scénario.

«Le recours à n'importe quelles sanctions dans ce cas est inutile et inefficace», a ainsi balayé M. Poutine, dont le pays dispose d'un droit de veto à l'ONU tout comme la Chine, dont la position reste aussi incertaine.

Les Nord-Coréens «ne vont pas renoncer à leur programme» nucléaire «s'ils ne se sentent pas en sécurité», il faut donc «chercher à lancer un dialogue entre toutes les parties intéressées».

Moins catégorique, l'ambassadeur russe à l'ONU a en tout cas estimé qu'un vote lundi serait «un peu prématuré». Surtout, Moscou veut que toute résolution fasse «référence au besoin d'un dialogue politique basé sur les récentes initiatives», c'est-à-dire la proposition russo-chinoise d'un gel des manoeuvres militaires américano-sud-coréennes contre une suspension des programmes balistique et nucléaire nord-coréens. Or lundi, les États-Unis avaient sèchement qualifié cette proposition d'«insultante».




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