Balisage de la rivière Saint-Maurice: Mékinac veut des chiffres

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Une décision à propos de la poursuite ou non du balisage de la rivière Saint-Maurice ne devrait pas être prise avant les scrutins du 5 novembre.

Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le renouvellement de l'entente sur le balisage de la rivière Saint-Maurice pour assurer une navigation sécuritaire entre Shawinigan et La Tuque rencontre une résistance dans la MRC de Mékinac. Le préfet, Bernard Thompson, déplore que les maires ne possèdent toujours aucune donnée précise sur les retombées concrètes de ce projet amorcé en 2013 et qui prend fin cette année. Avant que la MRC injecte à nouveau plus de 200 000 $ dans cette aventure, elle exigera donc des chiffres.

Bernard Thompson, préfet de la MRC de Mékinac.... (François Gervais) - image 1.0

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Bernard Thompson, préfet de la MRC de Mékinac.

François Gervais

Au cours des derniers jours, le maire de Shawinigan, Michel Angers, s'est clairement positionné en faveur de la poursuite de l'expérience. Il compte d'ailleurs annoncer bientôt le plat de résistance de cet attrait touristique, soit une nouvelle marina tout près du pont de Grand-Mère, sur les anciens terrains de la papeterie Laurentide. À La Tuque, le maire, Normand Beaudoin, a déjà déclaré qu'il respecterait la volonté de la population et que le bilan des cinq dernières années pencherait dans la balance.

«Si les résultats ne sont pas là, je ne continuerai pas», déclarait-il au Nouvelliste au début du mois.

Le préfet de la MRC de Mékinac, Bernard Thompson, est animé par les mêmes interrogations. Pour le moment, il sent peu d'intérêt des maires riverains directement impliqués dans cette décision, soit ceux de Saint-Roch-de-Mékinac, Grandes-Piles et Trois-Rives.

«On n'a pas les données des cinq années de l'entente», déplore M. Thompson. «Combien de bateaux se sont rendus à La Tuque? Quels services ils avaient? On ne le sait pas.»

«Tout ce qu'on sait, c'est que la marina de Grandes-Piles et les quais de Saint-Roch sont à pleine capacité», ajoute le préfet. «Ça a très bien fonctionné. Mais est-ce de la navigation locale ou est-ce des gens qui ont continué vers La Tuque? On n'en est pas tellement sûrs.»

En Haute-Mauricie, on constate une augmentation de l'achalandage à la marina cet été. Mais encore là, M. Thompson se demande s'il s'agit d'un phénomène local ou si le balisage de la rivière a vraiment propulsé les chiffres.

En juin 2012, la MRC de Mékinac avait adopté une résolution confirmant une participation totalisant 206 448 $ sur cinq ans. Les débats s'annoncent animés sur la pertinence de réinvestir une telle somme, glisse M. Thompson.

«C'est un projet qui coûte des centaines de milliers de dollars, qui dure deux ou trois mois», pointe-t-il. «La saison touristique est courte. Quel sera l'engagement d'Hydro-Québec? Ils ont déjà garanti un niveau d'eau élevé la fin de semaine, mais si on veut faire du tourisme, ça ne peut pas être seulement la fin de semaine!»

«Tant qu'on n'aura pas vraiment un projet avec tous les enjeux impliqués, ce sera difficile d'aller de l'avant», croit M. Thompson. «Ce n'est pas que nous sommes contre. On sait maintenant que le balisage est possible au plan technique. Maintenant, qu'on s'occupe du reste. Par exemple, si ça attire énormément de touristes, il faudra penser à l'hébergement, à la restauration. Quels promoteurs viendront faire ça?»

M. Thompson comprend qu'il s'agit d'un projet à long terme, mais il considère que certaines conclusions peuvent quand même être tirées après cinq ans.

«Je ne rêverai pas en couleur», prévient-il. «Donnez-moi des données qui me prouvent qu'on peut le faire. Il ne faut pas faire ça à la légère. C'est un rêve qui s'étend sur beaucoup d'années, mais il y a une réalité après cinq ans.»

Tourisme Mauricie sent les réserves

Le directeur général de Tourisme Mauricie, André Nollet, sent déjà les réserves du côté de la MRC de Mékinac en ce qui concerne une éventuelle contribution pour la poursuite du balisage de la rivière Saint-Maurice. 

Il observe aussi que le contexte des prochaines élections municipales teinte les humeurs à La Tuque. En ce sens, il ne faut pas s'attendre à une décision sur la poursuite ou non du balisage avant les scrutins du 5 novembre. Néanmoins, les partenaires devraient se rencontrer en septembre pour amorcer les discussions.

De son côté, M. Nollet semble moins inquiet de la disponibilité des statistiques sur l'impact du balisage de la rivière depuis cinq ans.

«La Ville de La Tuque possède des données précises sur le nombre d'embarcations qui sont montées jusque-là», souligne-t-il. «Dans la MRC de Mékinac, des constructions ont été faites au cours des dernières années, pour des montants passablement importants. Le balisage a créé des revenus de taxes supplémentaires, parce que des terrains ont été vendus sur la base d'une rivière navigable sur 130 kilomètres. On a vu apparaître de nouveaux chalets qui frisent les 400 000 $ ou 500 000 $ l'unité.»

«Nous demandons donc à ces municipalités de réinvestir ces revenus de taxes dans le balisage pour poursuivre l'expérience», ajoute le directeur général. «Ça ne se bâtit pas sur trois ou quatre ans. C'est à long terme que nous verrons un profit.»

M. Nollet corrobore les propos du maire de Shawinigan, selon qui l'annonce d'une nouvelle marina dans le secteur Grand-Mère donnera un nouvel élan au projet.

«C'est essentiel, parce que les marinas actuelles à Grandes-Piles, Saint-Jean-des-Piles et à Grand-Mère sont toutes pleines. Il n'y a plus de place pour les visiteurs.»




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