Shawinigan: Borgia n'en a pas fini avec TAG.média

Les échanges entre Diane Borgia, porte-parole du regroupement... (Sylvan Mayer)

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Les échanges entre Diane Borgia, porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis et le maire Michel Angers se corsent à l'aube de la campagne électorale.

Sylvan Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Si la rentrée du conseil municipal de Shawinigan, mardi soir, représente un indicateur du ton des débats au cours des prochaines semaines, la campagne électorale s'annonce épicée. En assemblée publique, le maire, Michel Angers, dissimulait difficilement son exaspération à la suite d'une nouvelle intervention de Diane Borgia, porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, au sujet du remboursement du prêt consenti à TAG.média en 2015, un site d'information en ligne qui a duré le temps des roses.

En juillet, Mme Borgia avait interpellé le maire en séance publique sur le même sujet. Elle souhaitait savoir si les propriétaires de l'entreprise, Yves-François Blanchet et Marcel Ayotte, avaient remboursé le prêt de 35 000 $ obtenu du Fonds local d'investissement, comme ils s'y étaient engagés lors de la cessation des activités, en décembre 2015. «Rubis sur l'ongle», avait assuré le maire.

Or, à la suite d'une demande d'accès à l'information, Mme Borgia a pris connaissance des détails de l'entente. En février 2016, la Ville de Shawinigan et Les Médias numériques Tag ont signé une dation en paiement de 12 000 $ en échange d'une longue liste d'articles de bureau, d'ordinateurs et autres. La Ville de Shawinigan est donc devenue propriétaire de ces biens, en échange d'une quittance équivalent au tiers de la dette.

En ce qui concerne le solde de 23 000 $, MM. Ayotte et Blanchet s'étaient engagés personnellement à cautionner ce montant à parts égales, juste avant la fin des activités de TAG.média. Le 29 août 2016, la Ville a reconnu la quittance totale de M. Ayotte, au montant de 11 500 $. De son côté, M. Blanchet a signé une entente avec la Ville en février 2017, qui prévoit le versement d'un montant mensuel de 319,45 $ pendant 36 mois, jusqu'au 15 janvier 2020.

Mardi soir, Mme Borgia est donc intervenue à la période de questions pour déplorer que le maire n'ait pas dit toute la vérité sur les modalités de remboursement de ce prêt. M. Angers a voulu abréger l'échange, en reconnaissant qu'il n'avait pas en tête tous les détails des ententes avec les entreprises qui ont été appuyées par l'ancien centre local de développement.

«À chaque mois, M. Blanchet, rubis sur l'ongle, a remboursé son montant», fait-il remarquer. «Si j'ai mentionné qu'il avait payé la totalité du montant, je n'étais peut-être pas tout à fait dans la bonne direction. Effectivement, ça a été fait en mode de paiements. Je n'ai pas de problème avec ça. Quant à dire que je ne dis pas toute la vérité, il faut faire la part des choses. Avec la somme d'informations que je reçois, la somme de documents que j'ai à lire, il peut arriver que je n'aie pas la réponse exacte à une question. Mais je m'organise pour aller la chercher.»

Quelques minutes après l'intervention de Mme Borgia, Yves-François Blanchet est apparu dans la salle du conseil municipal. L'analyste politique se demande à quoi rime cette chasse aux sorcières. 

«C'est quoi ces manoeuvres?», questionne-t-il. «Je pense qu'elle ne s'intéresse pas tant à moi qu'à la campagne électorale de ma femme (la conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel). Je suis un personnage trop public pour ne pas être 100 % en règle. Pour moi, ce n'est pas un grand exemple de courage.»

L'histoire de TAG.média avait attiré l'attention en 2015 notamment parce que le projet de l'ex-ministre péquiste était incubé au DigiHub, dont le conseil d'administration était alors présidé par son épouse. Sa très brève existence avait soulevé un questionnement sur la pertinence d'accorder un prêt de 35 000 $ pour la réalisation de ce projet.

Vérificateur général

Mme Borgia se sert de cet exemple pour revenir à la charge avec sa demande d'embauche d'un vérificateur général à Shawinigan. Le maire n'a jamais manifesté la moindre ouverture à ce sujet.

Mme Borgia fait remarquer que les détails entourant le remboursement du prêt de TAG.média ont pu être obtenus grâce à la loi d'accès à l'information. Or, un organisme comme la Société de développement de Shawinigan n'est même pas soumis à cette loi. «Imaginez un peu ce qui se passe à la SDS», soulève-t-elle. «Il n'y a aucun moyen pour nous de connaître le fond des décisions qui sont prises. Il faut que la Ville nomme un vérificateur général!»

La représentante ne nie pas que le temps lui paraît opportun pour «allumer les citoyens», à l'aube de la campagne électorale municipale. Elle assure n'avoir rien de particulier contre M. Blanchet ou Mme Déziel. Mais elle tient à aller au bout du dossier TAG.média.

«Une valeur de 12 000 $ pour des bureaux, c'est exagéré», illustre-t-elle. «Qui a fait l'évaluation de ces biens? Ça démontre le laxisme de nos élus, dont la priorité n'est visiblement pas le citoyen qui paye.»




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