Labeaume invite les casseurs à manifester à Trois-Rivières

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, a encouragé, disant faire de l'humour, les délinquants à aller manifester à Trois-Rivières ou à Lévis, une petite «blague» qui n'a pas du tout fait rire le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque.

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(Trois-Rivières) Le maire de Québec, Régis Labeaume, attribue à «la crème des casseurs et des provocateurs» le dérapage des manifestations de dimanche sur le thème de l'immigration. «Allez vous faire voir ailleurs!» leur a-t-il balancé ainsi qu'à La Meute dans le souci de préserver la réputation de la capitale. Il a par ailleurs encouragé, disant faire de l'humour, les délinquants à aller manifester à Trois-Rivières ou à Lévis, une petite «blague» qui n'a pas du tout fait rire le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque.

Le politicien a profité d'un point de presse pour envoyer un message aux casseurs ainsi qu'aux membres de La Meute: «Allez vous faire voir ailleurs! On ne veut pas vous voir à Québec! Vous nous coûtez cher. Vous portez atteinte à la réputation de la ville surtout dans une année où on a mis tellement d'efforts pour vendre notre ville au niveau touristique.» 

Dans ce qu'il a présenté comme une pointe d'humour, M. Labeaume a d'ailleurs invité les délinquants à aller manifester à Trois-Rivières et à Lévis parce qu'il a «beaucoup d'affection pour les deux maires». 

Cette remarque n'a certes pas été sans déranger le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque, qui a qualifié d'indignes les propos tenus par Régis Labeaume. «Ce n'est pas digne du poste d'un maire. S'il veut nous envoyer des entreprises, on va les prendre, mais nous envoyer la casse... Je pense qu'il aurait dû tout simplement condamner la casse. Comme maire, on doit être contre ces façons de faire des groupes extrémistes, d'un bord ou de l'autre. Comme société démocratique, on a droit à notre opinion, mais faire de la casse c'est inacceptable, peu importe qui vous êtes. Il y a des lois pour tout le monde. On peut revendiquer dans la paix. Mais quand on voit un maire d'une grande ville comme Québec tenir des propos comme ceux-là, je pense que les gens sont assez grands pour avoir leur point de vue sur ces propos. La casse, c'est inacceptable au Québec et à travers le monde. Tu es un leader, tu représentes une grande ville du Québec, alors je pense que des propos comme ceux-là, on aurait pu s'en passer», a déclaré le maire de Trois-Rivières, hier soir.

Il faut dire que ce n'est pas la première fois que les deux hommes sont à couteaux tirés sur la place publique. En 2014, le maire de Québec avait ouvertement critiqué le point de vue d'Yves Lévesque quant aux régimes de pension des employés municipaux lors du débat entourant le projet de loi 3 à l'époque, sur les régimes de retraite.

Bilan

Le maire Labeaume a dressé un bilan avec le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) en avant-midi lundi et s'est présenté devant les journalistes en après-midi. Ses premiers mots ont d'ailleurs été pour les policiers, qu'il a remerciés pour leur «travail exemplaire».

«Ils avaient un plan de match qu'ils ont appliqué avec beaucoup de patience», a-t-il indiqué. Ce plan de match consistait à former un mur devant les casseurs, quitte à ne pas faire d'arrestation. Cela pour éviter de leur faire plaisir et surtout de créer une brèche par laquelle ils pourraient s'infiltrer et causer plus de dommages. M. Labeaume estime à 80 le nombre de casseurs venus de Montréal pour s'opposer au groupe La Meute et à la police. Ils étaient «très bien équipés» avec cagoules et sacs à dos, a fait remarquer le maire. Il a visé plus particulièrement «la bande de Jaggi Singh pour qui la violence est un moyen d'expression légitime, ce qui est complètement crétin».  Quant aux membres de La Meute, qui ont fini par manifester dans le calme, le maire de Québec les a remerciés d'avoir collaboré avec la police. Il a tout de même qualifié leur message d'«ambigu». «Si on les écoute, ils vont nous faire croire qu'ils font du scoutisme ou que c'est une espèce d'amicale du camping-caravaning», a-t-il laissé tomber avant de rappeler qu'un de leurs membres a participé à la manifestation violente de Charlottesville, en Virginie. «On ne peut pas avoir plus ambigu que ça. Je me méfie énormément parce que quand ces gens-là vont prendre un peu d'enflure et décider de sauver la race, ça peut se compliquer», a insisté M. Labeaume. 

Le groupe Atalante, soupçonné d'avoir installé des bannières affichant le mot #remigration suggérant le renvoi des immigrants dans leur pays d'origine, a lui aussi eu droit au qualificatif «crétins». «J'espère qu'on va pouvoir les prendre sur le fait et les punir comme il se doit», a lancé le maire.  Dimanche, une première manifestation antiraciste a eu lieu sans anicroche en plein coeur de Québec, mais des militants cagoulés ont ensuite déclenché les hostilités avec la police et des partisans de La Meute. Le groupe associé à l'extrême-droite a finalement manifesté plusieurs heures plus tard dans le calme.  La journée s'est soldée avec une seule arrestation, celle du militant connu Jaggi Singh, qui s'est fait passer les menottes sous l'oeil des caméras. Il a été relâché le soir même sans savoir si des accusations seront portées contre lui.

Avec la collaboration du Soleil




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