Une famille trifluvienne prend le large

Dans les premiers jours de septembre, la famille... (Olivier Croteau)

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Dans les premiers jours de septembre, la famille Hould composée de Katia Jutras-Dupuis, Théo, Grégoire et Alexandre Arcand-Hould lèvera les voiles à la marina de Trois-Rivières, et longera la côte Est des États-Unis pour rejoindre les Bahamas.

Olivier Croteau

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Michel Lamy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que la fin de l'été approche, une famille trifluvienne se prépare à prendre le large pour plusieurs mois. Dans les premiers jours de septembre, la famille Hould lèvera les voiles à la marina de Trois-Rivières, et longera la côte Est des États-Unis pour rejoindre les Bahamas. À une époque où tout va vite, ce périple en voilier doit permettre à la famille de vivre à un rythme plus humain.

Il va sans dire que de planifier un voyage d'un an en voilier n'est pas une mince affaire. En plus d'exiger une logistique impressionnante, un tel projet demande également de laisser sa vie derrière pendant plusieurs mois. S'il peut sembler téméraire de se lancer dans une telle aventure, c'est pourtant ce que s'apprêtent à faire Katia Jutras-Dupuis et Alexandre Arcand-Hould, ainsi que leurs fils Grégoire et Théo.

Tout a commencé il y a trois ans, alors que la famille vivait un quotidien effréné. «Nous voulions faire une parenthèse dans notre folle vie. Il y a eu un temps où nos objectifs étaient d'avoir une grosse maison, une grosse voiture, et de travailler encore et encore. Finalement, nous nous sommes rendu compte que ça ne menait à rien. C'est Alexandre qui est arrivé avec cette idée, et sur le coup, je n'étais pas très enthousiaste. Mais plus il m'en parlait, plus je me disais que ça avait du sens. Pourquoi ne pas prendre une pause dans notre vie?», raconte Katia. 

Sachant qu'ils avaient investi beaucoup de temps dans leur travail au cours des dernières années, les parents voyaient en ce voyage une occasion rêvée d'investir dans leur famille. «Notre plus vieux aura dix ans en décembre, et on dirait que ce sont dix années qui sont passées en une fraction de seconde. Souvent, les gens vont se dire qu'ils cherchent le bouton pause dans leur vie, et nous, nous voulons prendre le temps d'appuyer sur ce bouton. Nous voulons vivre notre vie», souligne Katia.

Le couple a réfléchi au projet pendant toute une année, avant de finalement se lancer dans les préparatifs. Pendant deux ans, Katia et Alexandre ont entrepris des démarches pour se familiariser avec le monde de la voile. Ils ont participé à plusieurs déjeuners-conférences, où ils ont pu côtoyer bon nombre de navigateurs d'expérience. Les conseils et les encouragements de ceux-ci les ont rapidement poussés à acheter un bateau. Aujourd'hui, ils sont finalement prêts à entreprendre le voyage. 

«Nous allons partir de Trois-Rivières pour remonter la rivière Richelieu. Nous allons ensuite nous rendre au lac Champlain, pour rejoindre la rivière Hudson. Nous allons ainsi arriver au port de New York, à partir duquel nous longerons la côte jusqu'à Miami. À partir de là, nous allons traverser aux Bahamas, pour rejoindre les îles Bimini et Exumas», explique Alexandre. «C'est un itinéraire idéal pour les débutants. Ça demeure de la navigation côtière, puisqu'il n'y a pas de passage en haute mer. C'est parfait pour nous, qui faisons du voilier depuis trois ans», ajoute-t-il.

Si l'itinéraire est excitant, la famille devra cependant s'armer de patience, puisque l'embarcation circule à une vitesse de 12 kilomètres à l'heure. Le père est cependant convaincu d'avoir choisi le bon bateau. «C'est un Hunter 1983 de 35 pieds. Ce n'est pas un bateau neuf, mais c'est un bon bateau, un bateau solide. Il est amplement capable de réaliser le trajet. Nous avons fait quelques ajouts pour l'adapter à la vie à bord. Il y a deux chambres, une cuisine, une salle de bain, une douche et une salle à manger. Nous pouvons y loger huit personnes. Donc, à part apprendre à vivre à bord, puisque c'est restreint, ça devrait être un bateau qui va bien performer», atteste Alexandre.

Selon Katia, le périple de sa famille pourrait s'échelonner sur une période de neuf à douze mois. «Nous partons autour du 5 septembre, et le but est de partir avec les enfants sur une période équivalant à une année scolaire», indique-t-elle.

Au sujet de l'éducation des enfants, la mère leur fera la classe sur le bateau entre deux escales. «J'ai rencontré la Commission scolaire du Chemin-du-Roy et le directeur de l'école de mes enfants, qui vont me fournir le matériel didactique nécessaire pour faire la classe. L'école va se passer sur le bateau. Les matins, nous allons déjeuner, et ensuite ce sera l'école. Pour Grégoire, ce sera la quatrième année, et pour Théo, la deuxième année. Ils disent que c'est deux heures de classe, par rapport à six heures dans une école, puisque c'est de l'enseignement un à un. C'est donc deux heures de devoirs et de leçons à faire chaque matin. Le but, ce n'est pas qu'ils ratent leur année scolaire. Ils vont donc continuer à cheminer malgré le voyage», assure Katia.

Les parents souhaitent également que leurs enfants puissent apprendre autre chose en les accompagnant sur le voilier. «Nous voulons montrer aux enfants qu'il existe autre chose que la vie standard qui se déroule ici. Nous voulons qu'ils retiennent que s'ils ne cadrent pas dans une vie standard, ils peuvent aspirer à faire autre chose», lance Katia. Le fait de voyager en voilier permet également à la famille de loger à faible coût dans les métropoles américaines, ce qui permettra aux enfants de mieux les apprivoiser. «Nous voulions avoir l'occasion de longer la côte des États-Unis. Chaque jour, nous allons pouvoir sortir du bateau pour se dégourdir, et en profiter pour visiter les villes côtières», note-t-elle.

La famille devait cependant se libérer de ses obligations pour pouvoir partir, ce qui impliquait de prendre certains risques. À cet égard, Alexandre a dû abandonner son emploi en construction, et Katia a été contrainte de délaisser son poste d'hygiéniste dentaire. En outre, le couple a vendu sa grande maison pour en acheter une plus petite. Katia et Alexandre pourront néanmoins tirer un revenu de la location de leur nouvelle maison. 

Qu'à cela ne tienne, Katia croit que toute sa famille peut tirer du positif de cette expérience. «Ce qui m'anime avec ce projet, c'est d'apprendre à vivre avec peu. Nous allons vivre avec des panneaux solaires, ce qui nous fera découvrir tout un aspect de l'économie d'énergie. Nous allons aussi vivre avec des réservoirs d'eau. Nous allons apprendre à faire attention à nos ressources», indique-t-elle.

Il est possible de suivre le périple de la famille Hould sur Facebook, en consultant la page du voilier Meredith II.




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