«Je constate à quel genre d'individu j'avais affaire»

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Yves Jr Boissonneault

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) L'ancien propriétaire et fondateur de Planète Poutine, Yves Jr Boissonneault, en avait gros sur le coeur en entendant les faits qui sont soulevés dans les poursuites intentées contre Benoît Charron. Appelé à commenter ce que Le Nouvelliste avait appris, celui qui a vendu son entreprise en 2015 à cet homme d'affaires domicilié à Rawdon estime qu'il a lui-même payé de sa réputation et de sa qualité de vie les agissements de cet homme poursuivi pour de présumés détournements de fonds.

Dans la poursuite de plusieurs millions de dollars intentée contre Benoît Charron, les demandeurs indiquent que l'achat de la chaîne Planète Poutine a été fait avec des fonds détournés des divers projets proposés à Idéal Finance et Idéal Développement. «Par cette transaction, Planète Poutine via son alter ego Benoît Charron, a sciemment accepté de servir de réceptacle pour des sommes fraîchement détournées», peut-on lire dans la poursuite.

Par ailleurs, selon le Bureau du surintendant des faillites du Canada, Benoît Charron a déposé une proposition concordataire en vertu de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité en mai 2015, quelques semaines avant d'acheter Planète Poutine, pour des dettes de plus de 5,6 M$ pour laquelle il y a par ailleurs une demande en annualtion.

On se souviendra qu'à la suite de l'achat de Planète Poutine, Benoît Charron avait intenté une poursuite de 2,3 M$ contre Yves Jr Boissonneault et sa conjointe, Stéphanie Noël, pour «avoir sciemment représenté une situation financière de la société qu'ils savaient fausse et d'avoir délibérément dissimulé des informations concernant la société et le réseau de franchises». M. Boissonneault a toujours nié en bloc ces allégations, et avait contre-attaqué lui-même avec une poursuite de plus de 530 000 $, montant qui visait à récupérer la balance du montant d'achat de Planète Poutine, mais également pour dommages et intérêts.

Devant les faits soulevés par ces nouveaux recours judiciaires, M. Boissonneault croit qu'il y a peu de chance qu'il puisse un jour obtenir réparation financière. «Si ces allégations sont vraies, il y a de fortes chances que je ne revois jamais mon argent», constate Yves Jr Boissonneault. La vente de Planète Poutine s'était conclue pour environ 2 M$, mais une somme de 478 000 $ n'a jamais été versée, précise l'ancien propriétaire.

Selon lui, dès le départ dans cette affaire, il aurait fallu interroger les franchisés, qui auraient pu confirmer que les restaurants allaient très bien, contrairement à ce que soutenait Benoît Charron qui reprochait au fondateur et sa conjointe d'avoir menti sur la situation financière de l'entreprise. Yves Jr Boissonneault se dit aujourd'hui soulagé de voir que sa réputation pourrait être rétablie au terme de ces poursuites.

«Je ne suis pas un fraudeur et je constate à quel genre d'individu j'avais affaire. Ça me soulage pour ma blonde qui n'avait aucun rapport dans cette histoire et qui a été entraînée dans une tornade malgré elle. Mais malgré tout, le mal est fait. Ça a semé un doute dans l'esprit des gens, un doute qui nous empêche encore de mener une vie normale», confie M. Boissonneault, qui explique avoir dû passer à côté de plusieurs occasions d'affaires en raison de la méfiance des gens qui préféraient attendre la fin du processus judiciaire avant de poursuivre plus loin les discussions.

La date d'audience pour la requête d'Yves Jr Boissonneault contre Benoît Charron devrait être fixée au cours des prochains mois.

Le développement commercial à l'intersection de la rue... (Olivier Croteau) - image 2.0

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Le développement commercial à l'intersection de la rue des Prairies et du Chemin Masse est freiné par les procédures judiciaires intentées dans toute cette affaire.

Olivier Croteau

Un développement mis sur pause

Le développement commercial récemment construit à l'intersection du chemin Masse et de la rue des Prairies dans le secteur Cap-de-la-Madeleine fait partie des nombreux projets qui sont actuellement cités dans la poursuite intentée contre Benoît Charron. Ce développement est d'ailleurs actuellement freiné par une procédure judiciaire qui empêche toute vente ou tout développement à cet endroit où devaient s'installer sous peu des commerces comme une station-service ou un Café-Dépôt.

Selon nos informations, ce projet initialement proposé par Benoît Charron à la firme Idéal Développement a depuis été cédé au Groupe Collette pour en assurer la construction et la gestion. Or, dans la foulée de la découverte des irrégularités financières reprochées à Charron et ses collaborateurs, les firmes auraient tenté de mettre en vente le développement commercial afin de pouvoir en retour payer les investisseurs de ce projet. 

Or, toujours selon nos informations, une demande de préinscription aurait été faite par l'un des collaborateurs de Benoît Charron afin de faire geler par la Cour toute possibilité de vente de l'immeuble, retardant du même coup la possibilité de rembourser les investisseurs. 

Cette affaire devrait être débattue en Cour durant l'automne. D'ici là, selon nos sources, il serait surprenant de voir quelque commerce s'y implanter.




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