Festival de l'Assomption: le sort des migrants préoccupe les visiteurs

Alors que les migrants haïtiens franchissent la frontière... (Le Nouvelliste, Olivier Croteau)

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Alors que les migrants haïtiens franchissent la frontière canadienne en grand nombre, la communauté haïtienne présente au Festival de l'Assomption s'inquiète du sort qui attend leurs compatriotes.

Le Nouvelliste, Olivier Croteau

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Michel Lamy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) De nombreux visiteurs appartenant à la communauté haïtienne se sont joints lundi aux célébrations du Festival de l'Assomption. Si les nouveaux venus s'étaient déplacés pour profiter de la fête, bon nombre d'entre eux ne pouvaient s'empêcher d'avoir une pensée pour les migrants haïtiens. Dans les dernières semaines, ceux-ci ont été nombreux à passer la frontière canadienne, dans l'espoir de trouver un nouveau refuge.

Le Festival de l'Assomption est reconnu pour son ambiance à la fois spirituelle et collective. Les fidèles qui s'y rassemblent profitent des célébrations pour se recueillir, prier, et se rappeler les liens fondamentaux qui unissent les êtres humains. Cette année, plusieurs des prières de la communauté haïtienne concernent les migrants qui arrivent au Canada. Depuis quelques mois, ceux-ci vivent en effet une situation d'incertitude par rapport à leur avenir.   

À la suite du tremblement de terre qui a dévasté Haïti en janvier 2010, environ 58 000 Haïtiens avaient émigré aux États-Unis pour fuir la misère de leur pays. Le président de l'époque, Barack Obama, leur avait alors accordé un statut de protection temporaire. Or, depuis l'élection de Donald Trump, une épée de Damoclès était suspendue au-dessus de leur tête. La menace est devenue d'autant plus sérieuse en mai dernier, alors que le président américain a indiqué vouloir leur retirer ce statut. Depuis, les migrants haïtiens quittent les États-Unis en masse pour passer la frontière canadienne.  

Évidemment, les Haïtiens présents au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap ne sont pas insensibles au sort de ces migrants. «Ce sont des personnes qui sont vraiment dans le pétrin. Ils sont là-bas, mais ils n'ont pas de statut. Pour l'instant, ils ont un permis, mais ils ne savent pas si ce permis sera renouvellé, alors ils cherchent une sortie», se désole Nicole Joseph. 

Toutefois, la communauté haïtienne est consciente qu'accueillir tous ces ressortissants n'est pas une mince affaire. «C'est difficile, parce qu'il y a beaucoup de gens qui arrivent d'un seul coup. Je pense que le défi, c'est de trouver comment les recevoir, et de réussir à les intégrer. C'est déjà difficile en temps normal de recevoir des immigrants et de les intégrer. Là, on parle de plus de 2000 immigrants dans un court laps de temps», remarque Adelin Brumal. «C'est déjà difficile d'être un immigrant, mais si on les trimbale d'un côté et de l'autre sans offrir des services pour les aider à s'intégrer, ça devient un défi pour tout le monde», ajoute-t-il. 

En plus de prendre l'aspect logistique en considération, les Haïtiens estiment également que le Canada doit exercer un contrôle sur les individus qui demandent l'asile. «C'est sûr qu'il y a de la place, mais je ne dis pas qu'il y en a pour tout le monde. Il faut s'assurer de ne pas laisser entrer n'importe qui au pays, car la sécurité est importante. Mais s'il y a des gens bien qui peuvent contribuer à la société, pourquoi ne pas les accueillir?», souligne Mme Joseph.

«Il y a des lois, donc certains de ces migrants peuvent avoir droit à de l'aide. Je crois donc que plusieurs d'entre eux vont pouvoir rester. Nous ne sommes pas un peuple dérangeant, nous sommes même plutôt tranquilles», lance Alexandre Gardere. «Le Canada est très accueillant. C'est toujours difficile quand on vient d'un autre pays, mais je fais confiance au Canada, et je crois que le pays va prendre mes compatriotes en considération», ajoute-t-il. 

Le Festival de l'Assomption accueille chaque année de nombreux Haïtiens résidant aux États-Unis. Cependant, avec des services frontaliers qui redoublent de prudence, il pourrait être difficile pour les ressortissants haïtiens de passer les douanes, même en présentant leurs papiers. Le Sanctuaire s'est toutefois montré rassurant à cet égard. «Nous n'avons pas de contrôle sur ce qui se passe aux douanes, mais la situation ne semble pas différente comparé aux autres années», affirme Yvana Labouba, coordonnatrices des communications et de la publicité au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.




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