Grands frères grandes soeurs: un besoin urgent d'hommes bénévoles

Nicolas a connu Fred, son grand frère musicien... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Nicolas a connu Fred, son grand frère musicien quand il avait 8 ans. Dix ans plus tard, le jeune homme vole de ses propres ailes et son mentor a fondé une famille.

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Albert Brunelle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Aux prises avec un manque de bénévoles hommes, l'organisme Grands Frères Grandes Soeurs Trois-Rivières affirme que des jeunes garçons doivent attendre jusqu'à neuf mois avant d'avoir le soutien d'un des leurs.

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Annie Lamothe, directrice générale de Grands Frères Grandes Soeurs Trois-Rivières, demande à la population, tout particulièrement aux hommes, de ne pas hésiter à venir joindre l'équipe des bénévoles de l'organisme.

Si les Grands Frères Grandes Soeurs Trois-Rivières ont réussi, après neuf ans d'existence, à stabiliser leur situation financière au point où l'on n'a plus à craindre pour l'existence de l'organisme, la direction soutient qu'elle est toujours aux prises avec des problèmes de recrutement pour sa clientèle mâle.

«La difficulté, c'est la peur des hommes de s'impliquer auprès des jeunes. Les hommes ont peur de l'impression que ça laisse dans l'entourage, ils ont peur de l'étiquette que ça peut leur donner. Il faut toutefois leur rappeler qu'au bout de la ligne, ce sont des petits gars qui écopent pour ça. Ce sont des jeunes qui ont de la misère à trouver leur identité et leur place dans la société à cause d'une perception qui est complètement fausse. Il faut dépasser l'opinion de l'entourage», indique Annie Lamothe, directrice générale de Grands Frères Grandes Soeurs Trois-Rivières.

Alors que subsistent des préjugés à l'égard des hommes qui s'impliquent auprès des enfants, Mme Lamothe rappelle qu'un processus exhaustif est préalable à toute implication auprès de l'organisme. En effet, quelqu'un qui désire faire une différence dans la vie d'un jeune verra son dossier étudier pendant près de trois mois.

«Il y a une étude du dossier judiciaire qui se rend jusqu'à la GRC. Il y a des rencontres pendant lesquelles on s'assure que la personne a le coeur et la tête à la bonne place», explique Mme Lamothe.

Aussi, un suivi rigoureux est réalisé tout au long du parrainage. «On fait un suivi par mois au minimum. Si on est incapable de faire ce suivi par manque de coopération, on ferme le jumelage. Il faut être en mesure de savoir comment va l'enfant. La sécurité du jeune est primordiale», soutient-elle.

Actuellement, ce sont entre 20 et 25 jeunes garçons qui attendent d'être jumelés avec un homme. «Ce ne sont pas des délinquants. Ce sont des jeunes fonctionnels qui ont envie de parler avec un gars, de choses de gars», ajoute-t-elle.

Mme Lamothe insiste d'ailleurs sur le fait que les jeunes qui sont inscrits pour le parrainage ne s'y rendent pas à reculons. «Ils sont inscrits par la famille ou par un intervenant du CIUSSS qui remarque une carence chez l'enfant. De notre côté, on s'assure que le jeune souhaite réellement bénéficier d'un parrainage», indique-t-elle.

Même s'il y a un manque de bénévoles hommes, pas question pour l'organisme de couper les coins ronds pour autant. «Les Grands Frères et Grandes Soeurs sont toujours jumelés avec un seul jeune. Tout est analysé pour faire un bon duo. Plus ça dure, plus l'impact est bénéfique chez le jeune. La volonté de faire un bon jumelage fait cependant parfois en sorte que l'attente est plus longue pour certains», avoue la directrice générale de l'organisme.

S'impliquer auprès de Grands Frères Grandes Soeurs Trois-Rivières demande aux bénévoles au moins une sortie avec le jeune toutes les deux semaines pendant un minimum d'une année. En général, c'est 3 à 4 heures que les gens passent avec l'enfant.

Si les bénévoles ont tendance à vouloir faire de grosses sorties lors des premières activités, la plupart réalisent que ce n'est pas nécessairement son ampleur qui importe. «Ce qui fonctionne beaucoup, c'est de les inclure dans les activités quotidiennes. Ils aiment ça autant, sinon plus, qu'une sortie au Zoo de Granby. Faire le ménage du garage par exemple. Le jeune apprend et ils jasent. Ça leur fait une belle activité», soutient Annie Lamothe.

À ce jour, l'organisme Grands Frères Grandes Soeurs a contribué à jumeler plus de 200 jeunes depuis son ouverture il y a neuf ans. Au départ, il y avait 15 à 20 enfants qui étaient desservis annuellement par l'organisme alors qu'aujourd'hui, ce sont plus de 70 enfants qui profitent de ses services.

«L'organisme va bien. Ça a été extrêmement difficile pendant les trois ou quatre premières années. C'est maintenant stable, mais c'est certain qu'on a toujours besoin d'argent», rappelle Mme Lamothe.

D'ailleurs, pour le financement, la directrice générale souligne que ce sont les gens d'affaires qui répondent le mieux aux appels de l'organisme. «Souvent, les gens d'affaires ont eu à croiser un mentor au cours de leur carrière. Notre mission les rejoint et ça paraît», explique-t-elle.

Nouveau programme

Cet automne, l'organisation lancera un nouveau programme de mentorat en partenariat avec le Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières et le Séminaire Saint-Joseph. L'objectif est de jumeler des jeunes du primaire avec des adolescents de quatrième et cinquième secondaire.

À raison d'une fois par semaine, l'enfant ira dans l'établissement de son «Grand Ami» afin de passer du temps avec lui.

«Ça va permettre aux jeunes du primaire de se sensibiliser à la persévérance scolaire. C'est aussi une occasion pour l'enfant de se lier d'amitié avec une personne d'une autre tranche d'âge qu'un adulte et favorisera sa capacité d'intégration. Ce sera aussi bénéfique pour les adolescents en les conscientisant à la thématique de l'intimidation puisque ce sera une trentaine de jeunes qui proviendront surtout de milieux socio-économiques défavorisés», témoigne Mme Lamothe.




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