Vagues destructrices: les victimes aimeraient rencontrer Champagne

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Ginette Le Brun et France Bellemare ont passé des mois à enlever des pierres dispersées par les vagues.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Yamachiche) Jean Houle s'affaire à donner les derniers coups de pinceau sur sa propriété du chemin Louis-Gatineau, à Yamachiche. «Je sors de mes rénovations amorcées depuis la fin de mai», raconte cette victime des vagues de deux mètres générées par le passage à vitesse excessive du navire porte-conteneurs EM KEA, le 26 avril à 3 h 50 du matin.

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Jean Houle achève ses réparations qui lui ont pris deux mois de travail.

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«Heureusement que je suis à la retraite», dit-il. Il lui aura en effet pris deux mois pour tout remettre en ordre. Les travaux coûteront quelque 7000 $.

Un de ses voisins, Jean-François Blais, compte pour sa part une dizaine de milliers de dollars de dommages. Dans son cas, ce sont les assurances qui vont payer, mais ce n'est pas le cas de la trentaine de propriétaires affectés par le sinistre.

Même si quelque 550 militaires ont été déployés par Ottawa durant les inondations en Mauricie et au Centre-du-Québec, M. Blais croit qu'une visite du ministre fédéral de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, s'impose maintenant que le rapport d'enquête est partiellement sorti sur la cause de ces vagues dévastatrices. M. Blais, qui a souvent parlé au nom des victimes dans ce dossier et qui est à l'origine du spectacle-bénéfice Inondé d'amour, estime que les sinistrés du chemin Louis-Gatineau ont encore besoin de soutien.

«Ce sont les vagues qui furent l'élément le plus destructeur», rappelle-t-il en évoquant la destruction de murets de pierres et de cabanons. 

France Bellemare ramasse encore des roches de toutes tailles dispersées par les vagues sur son terrain provenant d'un muret de pierres, certaines trop lourdes pour être transportées à mains nues. 

«L'inspecteur du ministère n'a pas encore passé», dit-elle. Mme Bellemare, qui a eu de l'eau à la hauteur de cinq pieds et huit pouces dans son sous-sol, fait partie de ceux qui ne sont pas assurés et qui sont situés le plus près du fleuve dans ce secteur. «Il faut prévenir», plaide-t-elle.

C'est sans compter les traumatismes subis. Le 4 mai, Jean Houle a dû quitter sa maison en catastrophe. Le voisin est venu le chercher en canot, lui, quelques valises et son chien affolé.

«Je n'avais pas dormi pendant 48 heures et j'avais perdu l'appétit», dit-il. 

«L'eau était montée à 10 cm de mon plancher de maison. Mon chien était anxieux. On entendait les objets placés sous la maison qui flottaient et se promenaient», raconte-t--il. 

C'est que la maison était pensée pour une crue des eaux, car elle a été bâtie sur des pilotis de béton, mais jamais pour des inondations de l'ampleur de celles du printemps 2017 et encore moins pour l'affront de vagues successives de deux mètres.

Sa balançoire de bois s'était renversée. Des roches de plusieurs centaines de livres ont roulé plus loin, soulevées par les vagues. Certaines parties extérieures de sa maison ont été arrachées. Son propre canot s'est retrouvé chez le voisin.

Le 4 mai, il n'en peut plus et décide de quitter sa maison jusqu'au 23 suivant. Le cauchemar ne s'est achevé pour lui qu'avec les dernières retouches de peinture, cette semaine, après plus de deux mois de reconstruction.

Jean Houle, comme tous ses voisins où les traces de ce drame sont encore visibles, même après tout ce temps, ne veut pas que ça se reproduise. «Il ne faut pas laisser passer ça», estime-t-il.

Robert Aubin s'interroge

Le député NPD de Trois-Rivières, Robert Aubin, n'a pas l'intention de se contenter, lui non plus, du laconique résumé du rapport d'enquête.

Le député Aubin se demande pourquoi le rapport complet est secret alors que le nom du pilote aurait pu, au pire, être simplement caviardé. C'est une des questions qu'il entend poser au ministre des Transports Marc Garneau dès la reprise des travaux de la Chambre à la fin de septembre.

Le député a l'impression, notamment, que le gouvernement fédéral «vient de tomber dans une craque du plancher et qu'il ne doit y avoir aucun programme de prévu pour ce type d'incident».

«Qui compense? À la hauteur de quel montant? Selon quel programme?», se questionne-t-il. 

«On voit bien que ce n'est pas un Act of God. Il doit bien y avoir quelqu'un qui est imputable quelque part», estime M. Aubin à la lumière du rapport partiel.

À la suite de la publication du résumé du rapport, le ministre Garneau avait déclaré que la Loi sur le pilotage fait présentement l'objet d'une révision. 

«Est-ce que c'est l'incident qui déclenche la réévaluation ou la réévaluation était déjà en cours?», se questionne aussi le député.

Jean-François Blais ne croit pas qu'une poursuite s'impose pour l'instant. 

«Contre qui? L'armateur? L'association des pilotes? Le pilote inconnu?», lance-t-il en demandant qu'on améliore plutôt les communications avec les victimes.

Il n'a pas été possible de joindre le ministre Champagne, lundi.

Le député de Maskinongé à l'Assemblée nationale, Marc H. Plante, enverra cette semaine une lettre au ministre fédéral Marc Garneau lui demandant de prendre les moyens pour ne plus qu'une telle situation survienne.

M. Plante rappelle que les sinistrés sont invités à faire une demande d'aide financière  au ministère de la Sécurité civile. Les problèmes occasionnés par les vagues sont inclus dans le programme d'aide, explique M. Plante, puisque sans un niveau d'eau très élevé, le bateau n'aurait pu faire des vagues aussi importantes, dit-il.




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