Des aînés s'estiment tassés

Donat Mailloux, Yvette, Émilien, Liliane et Marguerite déplorent... (François Gervais)

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Donat Mailloux, Yvette, Émilien, Liliane et Marguerite déplorent les restrictions imposées concernant la fréquentation du centre de jour du centre Saint-Joseph.

François Gervais

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Amélie Houle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que plus de 200 personnes âgées fréquentent annuellement le centre de jour du centre Saint-Joseph de Trois-Rivières, plusieurs aînés déplorent une situation qui viserait à chasser certains d'entre eux de l'endroit. En effet, ils soutiennent qu'il y a deux semaines, le centre de jour du centre Saint-Joseph les aurait avisés que les personnes qui demeurent dans des résidences pour personnes âgées n'auraient plus accès au centre de jour, l'endroit étant désormais réservé qu'aux aînés demeurant encore dans leur maison familiale.

Une situation que nie toutefois la direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). «Je peux vous confirmer qu'en aucun cas, nous avons restreint les critères pour avoir accès au centre de jour», affirme la chef d'administration des programmes du soutien à domicile au CIUSSS, Nathalie Brière.

C'est cependant ce que Donat Mailloux, Yvette, Liliane, Émilien et Marguerite disent avoir appris avec tristesse il y a à peine deux semaines. «On nous a avertis de la situation, mais sans plus d'explications. On ne sait rien, on pose des questions et personne n'est en mesure de nous répondre. Tous ces aînés ont travaillé toute leur vie et quand ils peuvent avoir un petit bonbon, on leur coupe», se désole M. Mailloux. 

Même son de cloche pour Émilien qui trouve déplorable la situation dont il serait victime. «On ne s'imaginait jamais que ça pourrait arriver. Ça fait des années que je viens ici et ça va super bien et tout d'un coup, on nous dit que c'est terminé.»

Dans la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, on compte douze centres de jour. Ce programme vise à maintenir l'autonomie des personnes âgées avec ou sans perte d'autonomie. Plusieurs activités adaptées à la condition des aînés sont proposées en groupe de 10 à 20 personnes. 

La chef d'administration des programmes du soutien à domicile au CIUSSS, Nathalie Brière, explique que c'est à la suite de l'évaluation des besoins des usagers que la décision de les réorienter vers d'autres services qui répondent mieux à leur besoin est prise. 

«On souhaite répondre le plus possible aux besoins des gens qui fréquentent l'endroit. Mais à la base, le centre de jour a pour mission d'offrir un répit aux proches aidants qui s'occupent d'un proche. Donc si la personne habite seule et dans une résidence, il y a d'autres services qui sont plus adaptés à sa condition.»

En perte d'autonomie depuis quelques années, Donat Mailloux a fait le choix de demeurer dans la résidence familiale avec sa femme le plus longtemps possible. Il y a cinq ans, il a fait la découverte du centre de jour du centre Saint-Joseph. En plus de donner un répit à sa femme lors de sa visite hebdomadaire au centre, M. Mailloux y a pris goût et y a fait de belles rencontres. «Je suis comme un enfant depuis que je vais au centre. J'ai tellement hâte d'y aller que je compte les dodos chaque semaine. En plus, les éducatrices ont énormément de pédagogie et elles sont très attentionnées avec nous», avoue-t-il. 

Même s'il pourra poursuivre ses visites hebdomadaires au centre de jour, M. Mailloux se désole cependant de devoir perdre une partie de ses amis. «Moi si je dois perdre tous mes amis de cette manière, c'est terminé, je vais tout simplement arrêter d'y aller», précise-t-il.

Réuni à la demeure de M. Mailloux dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières la semaine dernière pour discuter de cette nouvelle mesure dont il se dit victime, le groupe n'avait que de bons mots pour l'endroit. «Les gens en résidence ne comprennent pas pourquoi on aime ça venir ici. On a des intervenants qui s'occupent bien de nous ici et on a du plaisir avec les nombreuses activités qui nous sont proposées», souligne Yvette, âgée de 93 ans. 

Âgée de 90 ans, Liliane a elle aussi accueilli la nouvelle de son départ avec tristesse. «Ça fait 17 ans que je visite le centre. C'est important pour moi d'y aller chaque semaine, car ça me fait sortir de ma résidence et ça me fait du bien de discuter avec d'autres personnes. Au centre de jour, ils nous écoutent, mais pas en résidence, ils n'ont pas le temps», confie-t-elle. 

Le groupe s'est d'ailleurs interrogé à savoir s'il ne pourrait pas conserver leur privilège en raison de leur ancienneté. «On ne comprend pas pourquoi ils ne refusent pas les nouveaux et qu'ils ne conservent pas nos droits acquis. On dirait qu'ils veulent provoquer l'isolement», soutient Donat Mailloux. 

M. Mailloux se dit par ailleurs inquiet quant aux conséquences que peut avoir cette décision sur la santé mentale des usagers qui ne souhaitaient pas quitter.

La direction du CIUSSS tient à mentionner qu'en aucun cas, l'avenir du centre de jour du centre Saint-Joseph ne serait compromis.




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