Un livre sur les missions des Ursulines: de l'isolement à l'aventure

Lancement du livre Du cloître à l'aventure péruvienne.... (Stéphane Lessard)

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Lancement du livre Du cloître à l'aventure péruvienne. Sur la photo, la soeur Jeanne Thibault, missionnaire fondatrice, et l'auteure Hélène Daniel sont entourées des autres missionnaires du Pérou.

Stéphane Lessard

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Albert Brunelle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lancé ce dimanche, le livre Du cloître à l'aventure péruvienne raconte l'histoire de religieuses de Trois-Rivières, mais avant tout de femmes courageuses qui sont sorties d'un isolement quasi total pour aller mettre sur pieds une communauté à plus de 6000 km de chez elles.

L'histoire remonte à 1961. Six Ursulines sortent du cloître et s'embarquent pour le Pérou. Leur objectif: fonder une mission afin de prodiguer soins de santé, éducation et pastorale.

Entre 1961 et 1974, elles en fonderont quatre, Aucayo, Yanashi, Lima et Iquitos.

Déjà que la tâche s'avérait colossale, pour ces femmes qui n'entraient jamais en contact avec le monde extérieur sauf pour enseigner, c'était d'une audace sans égal.

La première mission est celle d'Aucayo. En plein coeur de la forêt amazonienne, le dépaysement est total. Pour y aller, puisqu'aucune route ne s'y rend, elles doivent prendre l'avion jusqu'à Iquitos, une petite ville portuaire. D'Iquitos, il faut naviguer 20 km sur l'Amazone avant d'arriver à destination. Selon les témoignages, la beauté de l'endroit est frappante. Au milieu de la jungle, les soeurs sont responsables d'une école de 600 enfants en plus de l'éducation religieuse constante qu'elles prodiguent à la population.

En 1964, les Ursulines ouvrent une deuxième mission. Cette fois-ci c'est en pleine brousse, à Yanashi, un endroit encore plus reculé et isolé que Aucayo. Encore une fois, l'objectif reste le même, elles doivent évangéliser la population en offrant éducation, soins de santé et cours de pastorale. Installées dans deux petites écoles sur pilotis qui s'apparentent plus à des huttes qu'à de vrais bâtiments, des vaches, des porcs, des serpents et même des taureaux en rut profitent de l'ombre juste sous les planchers de classe. Une ambiance... particulière.

La troisième mission s'articule autour de l'ouverture d'une école à Lima, expérience qui se concrétisera en 1967. C'est à soeur Rita Leclerc que l'on confie la tâche d'ouvrir le terrain.

Sans personne d'autre qu'elle-même sur qui compter, elle finit par aboutir dans une église avec 96 enfants à éduquer sans le moindre matériel scolaire. La suite de l'histoire? L'auteure annonce, le sourire aux lèvres, qu'il faudra se procurer le livre pour la connaître.

Finalement, en 1968, les frères franciscains demandent l'aide des Ursulines afin de gérer un hôtel sur les berges de l'Amazone, à Iquitos.

Les soeurs répondent en envoyant trois des leurs. À elles seules, elles s'affairent à redresser l'endroit qui servait de point de départ vers les postes franciscains, s'étendant jusqu'aux portes de la Colombie.

Aujourd'hui, 56 ans après le début de cette histoire fascinante, on peut dire que le pari est gagné. En effet, les missionnaires ont l'esprit tranquille quant à l'avenir de leurs institutions puisqu'une vingtaine de soeurs natives du Pérou prennent actuellement la relève.

Écrit par Hélène Daniel, l'ouvrage de 350 pages est une véritable mine d'or lorsqu'on s'intéresse un tant soit peu au quotidien de ces femmes à la vocation et à la détermination inébranlables.

Le livre est le fruit de recherches historiques, d'incessants interviews et de voyages jusqu'au coeur de l'Amazonie. De la brousse, à la jungle, jusqu'à Lima, ces missionnaires prennent la parole tout au long du récit et expliquent comment elles ont su affronter cet énorme défi qu'a été l'aventure péruvienne.

Parmi celles, dont la majorité sont de Trois-Rivières, qui ont participé à l'aventure, on compte soeur Jeanne Thibault, une des six missionnaires fondatrices, soeur Yvette Cellard, et fondatrice du chapitre Yanashi en 1964, mère Madeleine Bellemare, qui s'est rendue à Yanashi en 1965 et y a été la première supérieure, soeur Juliette Clément, fondatrice de la mission de Yanashi et responsable du contact avec les autochtones, soeur Rita Leclerc, qui se retrouva au coeur de Lima avec 96 enfants à éduquer, soeur Claire Courshesne, envoyée en 1967 à la suite de la demande franciscaine, soeur Marie Desneiges D'Astous, surnommé le «curé de Yanashi», et la Dominicaine de la Trinité, mère Orietta Héroux, qui agira à titre de cuisinière à Iquitos et dont les statistiques lui attribuent le service de 15 000 à 18 000 repas par année.




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