Affaire Vadeboncoeur: absolution conditionnelle pour Deslauriers

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Kaven Deslauriers

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Trouvé coupable de voie de fait simple dans l'affaire Vadeboncoeur, Kaven Deslauriers obtient presque ce qu'il demandait à la cour comme sentence, soit une absolution conditionnelle.

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Voici une image tirée de la vidéo de l'arrestation de Vadeboncoeur au Cégep de Trois-Rivières. Cette vidéo a non seulement servi de preuve au procès mais elle a fait le tour du monde.

Cet ex-policier de la Sécurité publique de Trois-Rivières faisait partie des quatre policiers ayant subi un procès pour avoir participé à l'arrestation musclée d'Alexis Vadeboncoeur, le 2 février 2013. Mardi, le juge Steve Magnan a statué au palais de justice de Trois-Rivières que l'absolution conditionnelle était la peine à imposer dans le dossier de Deslauriers. 

Le juge Magnan a rappelé quelques lignes de son verdict prononcé en juin sur la culpabilité de Deslauriers. Le président du tribunal a notamment indiqué que Deslauriers avait utilisé plus que la force nécessaire à l'endroit d'Alexis Vadeboncoeur, lui qui venait de commettre un vol à main armée dans une pharmacie du boulevard des Récollets. L'arrestation de Vadeboncoeur a eu lieu dans le stationnement du pavillon des Sciences du Cégep de Trois-Rivières. Les caméras de surveillance de l'établissement d'enseignement avaient capté l'arrestation, des images qui ont fait le tour du globe.

Le juge Magnan a indiqué que Kaven Deslauriers a frappé Vadeboncoeur à sept reprises à main nue en atteignant le cou, la tête et une épaule. Selon le juge, cette réaction de Deslauriers ne constitue pas un emploi légitime de la force.

Deux facteurs ont principalement guidé le juge dans sa décision: la dénonciation et la médiatisation de l'affaire. Le dépôt d'accusations, la tenue d'un procès qui s'est échelonné sur 10 mois et le verdict de culpabilité sont des éléments qui permettent d'atteindre les critères de dénonciation du crime et de dissuasion. 

«La couverture médiatique quotidienne et abondante a contribué à la dénonciation et à la dissuasion», a dit le juge Magnan, en ajoutant qu'il serait étonnant que l'accusé revienne un jour devant les tribunaux.

Selon le juge, l'accusé doit réparer le tort causé à la société, ce qui peut se faire par le versement d'un don. Rappelant que Deslauriers n'a aucun antécédent judiciaire et qu'il désire reprendre son travail de policier, ce qui serait impossible avec un casier judiciaire, le juge estime que la déclaration de culpabilité de Deslauriers est suffisante pour le convaincre de ne pas commettre d'autres gestes répréhensibles. Il croit même que toute cette histoire amènera les policiers à être encore plus vigilants lorsqu'ils sont en fonction.

La défense avait suggéré au juge Magnan d'accorder une absolution inconditionnelle. La Couronne plaidait pour sa part que le tribunal devait imposer à l'ex-policier une sentence suspendue ou le paiement d'une amende. Le juge a décidé d'imposer une absolution conditionnelle à Kaven Deslauriers, car selon lui, une sentence d'absolution ne nuit pas à l'intérêt public. 

Kaven Deslauriers n'a pas de casier judiciaire à la suite de la sentence. Toutefois, il doit respecter les conditions imposées par le juge. Il devra se soumettre à une période probatoire d'un an durant laquelle il devra garder la paix. De plus, il devra verser un don de 1000 $ à l'organisme Point de rue et un don de 1500 $ à l'organisme Le Havre. Les deux dons devront avoir été versés d'ici six mois.

Dans le cas d'une absolution conditionnelle, Deslauriers devra patienter durant trois ans après l'expiration de son année de probation pour demander au système judiciaire d'effacer sa condamnation. Si Deslauriers avait écopé d'une absolution inconditionnelle, il n'aurait pas eu de condition à respecter et aurait pu demander dans un an le retrait de sa condamnation. 

L'individu de 35 ans est l'unique représentant des forces de l'ordre à avoir été déclaré coupable, de cette seule accusation, lors du verdict prononcé le 12 juin 2017 par le juge Magnan. Ce verdict a blanchi Barbara Provencher, Dominic Pronovost et Marc-André Saint-Amant. Tous ces policiers faisaient face notamment à des accusations de voies de fait armées, de voies de fait causant des lésions corporelles, d'usage négligent d'une arme à feu, de fabrication de faux rapports, de contrefaçon de ces documents et d'entrave à la justice.

Interpellé à la sortie de la salle d'audience, le président de l'Association des policiers-pompiers de Trois-Rivières, Louis Lesage, a préféré ne pas commenter la sentence imposée par le juge Magnan.

Kaven Deslauriers a été congédié par la Ville de Trois-Rivières en raison de l'affaire Vadeboncoeur.

Deslauriers devra faire face à une autre poursuite, cette fois au civil. Lui et les trois autres policiers dans cette affaire sont visés par une requête déposée par Alexis Vadeboncoeur. La poursuite de 2,3 millions de dollars est intentée par Vadeboncoeur pour des blessures subies durant l'arrestation, pour atteinte à l'intégrité physique et psychologique, pour atteinte à la dignité et pour dommages moraux.




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