Cri du coeur pour garder la résidence Villa du jardin fleuri ouverte

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Éric Leclerc fait circuler un sondage auprès des résidents de la Villa du jardin fleuri afin de mesurer leur volonté de demeurer à cet endroit.

Olivier Croteau

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'annonce de la fermeture en octobre de la résidence Villa du jardin fleuri cause son lot d'inquiétude et de stress auprès de résidents qui souhaitent toujours demeurer à cet endroit. Et c'est exactement ce que désire Éric Leclerc, à l'origine d'un mouvement populaire qui vise à infirmer cette décision, un scénario qui serait toutefois surprenant devant la position ferme du CIUSSS.

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Éric Leclerc accompagné de son père, Liguori.

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Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec vient de confirmer que cette résidence de Trois-Rivières perdra son certificat de conformité en date du 31 octobre. Les quelque 60 résidents devront se trouver un nouveau logis. Mais une petite enquête maison est présentement menée pour amener les dirigeants du CIUSSS à changer leur fusil d'épaule.

«J'ai lancé un sondage dimanche après-midi auprès des résidents pour savoir s'ils préfèrent rester ici. J'ai vu une trentaine de résidents et la très grande majorité désire demeurer ici», raconte Éric Leclerc, dont le père vit à cette résidence depuis 2016.

Selon Éric Leclerc, l'annonce de la fermeture de la résidence a ébranlé pas mal de monde.

«Je trouve la décision de fermer la résidence un peu triste. Dans ma tournée, j'ai vu que ça causait bien des drames. Ce sont des gens rendus à un certain âge et qui ont des capacités qui ne leur permettent pas de changer de résidence aussi facilement. J'ai vu deux dames éclater en sanglots devant l'ampleur que ça représente. Avec le sondage, je veux donner une voix à ces gens qui sont bien ici. Je veux leur donner une voix pour sensibiliser les gens qui ont eu à prendre une décision et leur apporter un témoignage pour qu'ils se fassent une tête.»

Le père d'Éric Leclerc, Liguori, raconte que si la décision lui revient, il préfère demeurer à cet endroit.

«C'est parfait, ici. On est bien traité. J'ai été surpris de la décision, comme la plupart des gens. J'ai commencé à chercher ailleurs. Mais j'aimerais mieux demeurer ici.»

M. Leclerc s'est établi à cette résidence avec son épouse aujourd'hui décédée. Selon Éric Leclerc, sa mère nécessitait des soins particuliers en raison de sa maladie.

«Elle avait la sclérose en plaques. J'ai vu du personnel avec de la patience, de la gentillesse, de l'amabilité. Pour nous, c'était rassurant», ajoute Éric Leclerc, qui croit que le CIUSSS peut envisager une autre solution que le retrait du certificat de conformité.

Une résidente qui préfère demeurer anonyme croit aussi que la Villa du jardin fleuri doit demeurer ouverte.

«On est bien traité. Si je peux décider, je ne bouge pas d'ici. Je fais confiance à la vie et au boss en haut!», raconte la sympathique dame, qui avoue avoir ressenti de l'angoisse lorsqu'elle a appris la nouvelle de la fermeture.

Par voie de communiqué, la direction de la Villa du jardin fleuri confirme qu'elle conteste la révocation du certificat de conformité. Elle est d'avis que cette décision est précipitée et qu'il s'agit d'une «application aveugle des procédures administratives, sans égard aux efforts déployés par la résidence et sans souci des conséquences pour les résidents et leurs familles.» La direction se dit fière du travail abattu par son personnel qui a «su répondre avec succès à toutes les exigences que le CIUSSS a multipliées à leur endroit dans les dernières semaines».

Décision irrévocable

La résidence a beau contester sa révocation du certificat de conformité et une famille a beau faire circuler un sondage, cela ne changera rien à la décision du CIUSSSS, selon Louis Brunelle.

«Ça va être difficile de nous convaincre de réévaluer la situation. La décision a été prise après mûre réflexion. Ce n'est pas une décision facile à prendre. Pour nous, la décision est irrévocable. Il n'y aura pas de remise en question de notre décision», raconte le directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Selon M. Brunelle, la décision de retirer le certificat de conformité de la Villa du jardin fleuri est basée sur des critères bien précis. «Nous avons la responsabilité d'assurer la santé, la sécurité et la protection aux gens en résidences privées. En mars, nous avons constaté près de 80 critères non respectés. On les a accompagnés et il y a encore des critères qui ne sont pas respectés. On n'a pas eu le choix de révoquer le permis. C'est vraiment sérieux. C'est assez important pour nous faire craindre pour la santé, la sécurité et la protection des gens. On n'avait pas le choix de révoquer le certificat. La loi prévoit que les résidences peuvent avoir un recours devant le Tribunal administratif du Québec. On va défendre notre position, car on connaît l'impact sur les gens», ajoute M. Brunelle.

Celui-ci ne peut révéler la nature des critères non respectés en raison de la confidentialité du dossier. Le décès en 2017 d'un homme qui s'était embarré à l'extérieur de la résidence et celui en 2016 d'une femme dans des circonstances se rapprochant du premier cas ont fait partie de l'analyse du dossier de la Villa du jardin fleuri, mais d'autres éléments ont été pris en considération, précise le CIUSSS.

L'équipe du CIUSSS a déjà mis en branle le processus de relocalisation des résidents de la Villa du jardin fleuri. Des spécialistes vont soutenir les résidents et leurs familles dans cette étape afin de minimiser les impacts. Sur les quelque 5000 places offertes en résidences privées à Trois-Rivières, environ 1200 sont disponibles. La relocalisation devrait bien se passer au niveau de la capacité du réseau à prendre ces personnes en charge. Mais M. Brunelle admet qu'au point de vue humain, cela peut causer des remous.




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