Un cathéter dans la crème glacée

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En plus de devoir vivre avec l'incertitude, Carole-Anne Christofferson et son beau-fils, Samuel Francoeur, devront passer des tests mensuels pour s'assurer que leur état de santé ne se détériore pas.

François Gervais

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Michel Lamy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La famille Francoeur a eu une bien mauvaise surprise, dimanche soir, alors qu'elle a découvert un cathéter intraveineux dans un pot de crème glacée Coaticook. C'est le grand-père qui a trouvé l'objet médical: Jean Francoeur a en effet mordu le cathéter en prenant une bouchée du dessert glacé.

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Le cathéter s'est retrouvé dans un pot de crème glacée de la marque Coaticook même si celui-ci était scellé.

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En un rien de temps, le souper familial a viré au cauchemar. Rassemblée pour célébrer la naissance d'un nouveau-né, la famille Francoeur a été estomaquée de trouver un cathéter intraveineux dans la crème glacée qu'elle avait achetée le jour même. Personne ne comprenait la présence de l'aiguille d'injection dans le contenant, qui était bel et bien scellé au moment de l'ouverture. 

Parmi les convives, trois personnes ont mangé une portion de crème glacée provenant du pot délictueux: le père du nouveau-né, Samuel Francoeur; son père, Jean Francoeur; et la belle-mère de Samuel, Carole-Anne Christofferson. Cette dernière se souvient d'ailleurs très bien de la suite des événements. «Personne ne savait quoi dire sur le coup. Il y avait quelque chose de brun sur l'aiguille, mais nous ne savions pas si c'était du sang ou du caramel», raconte-t-elle.

Alertés et inquiets, les membres de la famille ont contacté la ligne Info-Santé 811, où une infirmière leur a fortement recommandé de se rendre dans un établissement hospitalier pour y subir des tests. Sans perdre de temps, ils se sont rendus à l'urgence du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières, où ils ont raconté à la répartitrice ce qui leur était arrivé. Celle-ci leur a attribué un classement de niveau 2, c'est-à-dire de très grand risque. «On nous a fait des injections de globuline, un traitement contre le VIH. On nous a aussi fait des prises de sang. Malheureusement, cela prend six mois avant d'avoir des résultats», témoigne Carole-Anne Christofferson.  

Les conséquences de l'incident sont en effet non négligeables: en plus de devoir vivre dans l'incertitude, les membres de la famille ayant consommé la crème glacée devront voir un médecin sur une base régulière. «Moi et Samuel devrons repasser des tests à tous les mois d'ici là. Pour Jean, ces tests auront lieu toutes les semaines. Jean prend aussi des médicaments par la bouche depuis que c'est arrivé», se désole Mme Christofferson. 

Les Francoeur ont par ailleurs déposé une plainte contre la Laiterie de Coaticook.

De leur côté, les propriétaires de la Laiterie se demandent comment un objet de ce genre, malgré toutes les mesures de contrôle alimentaire, a pu se retrouver dans l'un de leurs produits. À la suite de la réception de la plainte, ceux-ci ont lancé une enquête à l'interne afin de faire la lumière sur ce malheureux événement. Ils ont également spécifié que cinq employés travaillaient sur la chaîne de montage du produit en cause et qu'aucun d'entre eux n'avait un état de santé nécessitant l'utilisation d'un cathéter.

Au cours de la journée, la Laiterie de Coaticook devrait recevoir la visite des inspecteurs de l'Agence canadienne de l'inspection des aliments. Pour le moment, aucun produit Coaticook n'a été retiré des tablettes. Aussi, les propriétaires de la Laiterie affirment qu'il n'y a aucun danger à consommer leurs produits.

Une poursuite dans l'air

Au moment de son entretien avec Le Nouvelliste, Mme Christofferson était en discussion avec un avocat. Elle et sa famille comptent bien intenter une poursuite contre l'entreprise de Coaticook. «On veut savoir ce qui est arrivé», soutient-elle. 

Mme Christofferson a également mentionné qu'elle avait peur pour son beau-fils, et par ricochet pour sa propre fille, puisque les deux jeunes gens de 24 ans viennent tout juste d'avoir un bébé. Elle a également indiqué que Jean Francoeur avait du mal à se remettre des événements, à cause de l'ampleur des conséquences encourues. Elle a enfin ajouté que les effets négatifs reliés à leur traitement les faisaient souffrir.

Au sujet de la déclaration de la Laiterie, selon laquelle le contrôle alimentaire préviendrait une telle situation, Mme Christofferson a dit se sentir lésée. «C'est possible, le cathéter était là», a-t-elle simplement rappelé.

Les inspecteurs du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec doivent passer chez les Francoeur en cours de journée pour prendre des échantillons du produit en cause. Rappelons que le cathéter a été retrouvé dans un pot de crème glacée Coaticook de la gamme «La Gourmande», à saveur de pacanes, chocolat et double caramel.




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