Denis Morin estime que sa tâche était devenue trop lourde

Denis Morin, ex-directeur général du Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins... (Sylvain Mayer)

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Denis Morin, ex-directeur général du Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins de Shawinigan.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'ex-directeur général du Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins de Shawinigan, Denis Morin, reconnaît la présence d'une certaine tension avant son départ. Il l'impute à une tâche devenue beaucoup trop lourde, de sorte qu'il préférait s'en tenir à ses mandats à la Commission scolaire de l'Énergie.

«Oui, il y a eu des accrochages, en 28 mois», concède-t-il. «Est-ce que ça a joué dans mon départ? Je ne saurais pas le dire. Quand tu occupes un poste, ça ne fait pas l'affaire de tout le monde et quand t'en as trop épais sur les épaules, à un moment donné, ça saute.»

«Il y a des gens qui n'aimaient pas que j'aie beaucoup de pouvoir, parce que je suis le gars d'éducation qui vient patauger dans le développement socioéconomique», ajoute-t-il. «C'est un peu étrange, contre-nature. Ça dérange.»

M. Morin fait remarquer que son prédécesseur, Daniel Béliveau, occupait la fonction de directeur général du CEADS à temps plein. De son côté, il devait développer un don d'ubiquité.

«Quand je suis arrivé au centre d'entrepreneuriat, je travaillais déjà à temps plein comme directeur-conseil à la Commission scolaire de l'Énergie, j'ai été en prêt de service pendant un bout de temps au Conseil exécutif à Québec, au Secrétariat à la jeunesse et j'avais un forfaitaire avec la Communauté entrepreneuriale», énumère-t-il. «J'entrais au centre d'entrepreneuriat alors qu'il y avait sept entreprises et une trentaine de personnes, à part le Trou du diable. Pendant 28 mois, j'ai tenu la direction générale, j'ai structuré le fonctionnement de l'incubation et nous sommes montés à 60 entreprises et plus de 220 personnes.»

M. Morin considère normal de céder son siège après que la division du développement économique de la Ville de Shawinigan eut intégré le CEADS, en novembre. Du reste, il assure qu'il n'avait jamais sollicité cette chaise.

«En 2012, on m'a proposé la direction du centre d'entrepreneuriat», raconte-t-il. «Je ne voulais pas aller administrer des blocs de ciment! Tout était à faire. Je n'avais pas d'intérêt pour ça. En 28 mois, j'ai énormément travaillé sur les infrastructures. De plus, les entreprises entrent avec des tarifs préférentiels, avec très peu de coûts pendant cinq ans. Il faut faire en sorte qu'elles progressent. Il faut donc les superviser, faire des suivis, leur proposer des outils, des moyens d'action. Au bout de cinq ans, il ne faut pas qu'elles plantent, parce que si elles plantent, elles font la démonstration que le modèle n'est pas efficient.»

«Mon travail a été fait», considère-t-il. «Tout a été mis en place pour structurer les choses. Maintenant, aux spécialistes du développement économique de continuer.»

Au sujet du fameux diagnostic organisationnel réalisé l'an dernier, il partage certaines conclusions qu'il ne pouvait mettre en application.

«Ce que j'en retiens, c'est qu'il fallait que je sorte de mon bureau, que j'aille voir le monde, que je prenne le temps d'échanger un café avec les gens», raconte-t-il. «J'entendais ça et je le partageais, mais j'avais les talons aux fesses tout le temps. Les effets collatéraux de ça, c'est qu'on disait qu'on ne me voyait pas, que je passais en coup de vent.»

M. Morin mentionne avoir tout de même instauré quelques activités à caractère social au CEADS. Mais au bout du compte, il reconnaît que la lourdeur de la tâche devenait difficile à gérer.

«L'erreur de départ, c'est d'imaginer qu'un gars de cinq pieds six pouces, 162 livres soit capable de tout porter ça», résume-t-il. «Je suis un gars ambitieux. Les défis, je suis capable d'en prendre. Mais à un moment donné, il faut réaliser que ça doit être plus raisonnable et à partir de ce moment, ça devient plus agréable pour tout le monde.»

M. Morin fait remarquer qu'il ne chômera pas au cours des prochains mois, même s'il n'assume plus la direction du CEADS. Le partenariat avec Dunkerque, le bilan du plan d'action 2013-2017 de la communauté entrepreneuriale et la fameuse mesure de l'indice entrepreneurial de Shawinigan, qui sera dévoilé à l'automne, constitueront ses principaux dossiers.




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