Services aux citoyens à Shawinigan: le suivi encore perfectible

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Michel Cossette aurait apprécié une intervention un peu plus vigoureuse d'un inspecteur municipal pour régler un trouble de voisinage.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Depuis son arrivée à la mairie de Shawinigan, Michel Angers a voulu prendre les moyens pour améliorer la qualité et la rapidité des divers services aux citoyens à l'hôtel de ville. Lors de la dernière séance publique, Michel Cossette est venu raconter une histoire qui démontre que l'accueil et le suivi de dossier demeurent perfectibles.

Le résident de la rue Lacroix, dans le secteur Lac-à-la-Tortue, se plaint d'un voisin bruyant, qui prend certaines libertés pour effectuer divers travaux sur sa propriété, en plein coeur d'un quartier résidentiel. 

«Nous avons quelqu'un qui transgresse allégrement les règlements municipaux», explique M. Cossette. «Ça a commencé par du débitage de bois, à partir de 6 h le matin à la scie mécanique. Il laissait aussi tourner un camion au diesel. Il s'est ensuite recyclé dans la réparation de carrosserie automobile. Depuis 2013, il travaille dans la réparation de chaloupes, de remorques, de VTT, de tout ce qui se répare.»

À partir de ce moment, M. Cossette a commencé à prendre des notes très précises sur la nature des activités dérangeantes et des heures auxquelles elles se déroulaient. En séance publique, il avait apporté avec lui un cartable regroupant au moins trois centimètres d'épaisseur de feuilles relatant ces épisodes depuis quatre ans.

Après avoir «étiré l'élastique en masse», selon ses propres dires, le citoyen est entré en communication avec un inspecteur municipal à la Ville de Shawinigan. En juin 2013, le voisin turbulent a reçu un avertissement de la Ville. 

«Ça a donné une accalmie d'à peu près deux jours», raconte M. Cossette. «L'inspecteur m'a demandé de continuer à prendre des notes.»

Pendant le même été, incapable de jouir de sa cour arrière en toute quiétude, M. Cossette et sa conjointe décident de partir trois semaines à l'extérieur. Le même manège se répète en 2014 et 2015. En 2016, exaspéré, le citoyen dénonce à nouveau la situation à un inspecteur... qui lui demande de continuer à prendre des notes. Son voisin reçoit la visite d'un inspecteur le 17 juin 2016. Les activités ralentissent une fois de plus pendant quelques jours, avant de reprendre de plus belle.

Après un autre hiver en Floride, M. Cossette revient à sa maison en avril dernier et il constate que les activités de son voisin se poursuivent. «Je me suis dit qu'on ne passerait pas un cinquième été à subir ça!», laisse-t-il tomber. 

Le dossier est soumis à nouveau à un inspecteur municipal et au conseiller du secteur, Martin Asselin, dont M. Cossette salue la collaboration. Le voisin a érigé un mur, mais le problème de bruit persiste.

Pomper l'air

Bref, l'histoire ressemble à un trouble de voisinage, comme il s'en produit parfois sur un territoire. Mais M. Cossette voulait surtout attirer l'attention du personnel de l'hôtel de ville dans le traitement de sa plainte. Ce genre de doléances alimentent occasionnellement les séances publiques, mais il faut avouer qu'elles ont déjà été beaucoup plus nombreuses à Shawinigan.

Toujours est-il que le récit de M. Cossette a été pimenté par une insinuation qui a fait sursauter le maire. 

«Le 29 mai dernier, je réussis à joindre l'inspecteur pour me faire dire que je commençais à lui pomper l'air sérieusement!»

Michel Angers n'en croyait visiblement pas ses oreilles. Très calme, M. Cossette l'a invité à prendre connaissance lui-même de la conversation, puisque les appels sont enregistrés à l'hôtel de ville.

De guerre lasse, le citoyen a finalement décidé d'engager un avocat pour envoyer une mise en demeure au fameux voisin, le 14 juin. Des procédures légales pourraient donc suivre dans ce dossier, mais M. Cossette déplore surtout que l'inaction de la Ville l'ait forcé à emprunter une autre voie.

«Ce n'est pas le dossier d'approvisionnement en eau potable ou celui des égouts du lac à la Tortue», fait-il remarquer. «Il me semble que ce soit relativement simple. Qui doit faire appliquer les règlements municipaux, plus particulièrement celui sur le bruit?»

M. Angers n'a évidemment pas beaucoup aimé ce qu'il a entendu.

«Je vais m'en occuper personnellement et on va régler cette situation», assure-t-il. «Si ça a duré cinq ans, vous auriez probablement dû sonner la cloche avant. Quand un problème ne se règle pas, il y a la direction générale et sinon, vous venez voir directement le conseil municipal et on va s'organiser pour faire appliquer la réglementation.»

Après la séance, le maire n'a pas voulu aller plus loin sur l'attitude de l'inspecteur municipal, préférant obtenir sa version des faits avant d'élaborer davantage.




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