Violence conjugale extrême: six ans de prison

Stéphane Corriveau devra purger une peine de six... (François Gervais)

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Stéphane Corriveau devra purger une peine de six ans de prison pour de la violence conjugale extrême.

François Gervais

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Stéphane Corriveau devra purger une peine de six ans de prison pour des gestes de violence extrême qu'il a perpétrés sur son ex-conjointe.

Sa victime a été rouée de coups à plusieurs reprises au cours de leur relation à tel point qu'elle a dû avoir des chirurgies de reconstruction à la tête. Elle a en effet eu les os du visage broyés. Son agresseur l'a frappée avec ses poings mais aussi avec le manche d'une vadrouille, et ce, un peu partout sur le corps. Il lui a aussi enfoncé ses pouces dans les yeux de sorte qu'elle a subi des hémorragies internes. Il a même inséré le manche d'un couteau dans son vagin lors d'une relation sexuelle. 

Lors du prononcé de la sentence, le juge Jacques Lacoursière a précisé que Stéphane Corriveau avait agi tel un boxeur qui s'entraîne sur son sac de sable. «Je veux bien croire la victime lorsqu'elle affirme qu'il peut être est le meilleur gars du monde lorsqu'il est à jeun mais dans le cas présent, on ne peut que constater à quel point la drogue en a fait une brute violente et dangereuse», a-t-il indiqué. 

Selon le juge, la seule peine susceptible d'avoir un sens dans cette cause était celle réclamée par la procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, soit une peine de 72 mois. Toutefois, trois mois de détention provisoire seront soustraits de cette sentence pour un total de 69 mois. Corriveau sera également inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant 20 ans et il ne pourra pas avoir d'armes pendant dix ans. La défense, représentée par Me Jacques Patry, avait réclamé une peine de trois ans de prison.

Plusieurs facteurs ont milité pour une lourde sentence. D'une part, les crimes de Corriveau sont très graves d'autant plus qu'ils ont été commis à l'encontre de son ex-conjointe. On parle de voies de fait armées, voies de fait avec lésions, agression sexuelle armée et menaces. La victime a vécu un véritable enfer pendant six mois entre avril et octobre 2016. Lorsqu'elle a rencontré Corriveau, elle vivait des fruits de la prostitution. Ce dernier, qui était sans emploi, avait voulu en quelque sorte la sortir de ce milieu mais c'était sans compter leur dépendance à la drogue. Très rapidement, l'homme est devenu violent, en proie à de fréquentes crises de jalousie. Il a lui-même admis qu'il pouvait consommer jusqu'à 400 $ de drogue par jour.  

Les coups sont devenus répétitifs et fréquents. Les conséquences ont été majeures: la pauvre femme doit vivre aujourd'hui avec des séquelles permanentes. Elle a des tiges de métal dans le visage, elle a eu des dents cassées, un doigt et une cheville fracturés. Sur un plan psychologique, elle est totalement désorganisée selon le juge. Elle souffre aussi d'insomnie, de pertes de mémoire, de confiance, et continue de craindre Corriveau qui a profité de sa vulnérabilité. 

Un autre facteur aggravant: ses nombreux antécédents judiciaires. Corriveau a une importante feuille de route qui inclut aussi des gestes de violence conjugale dans les années 1990 et 2010. Il a d'ailleurs été incarcéré à deux reprises, pour des sentences de 6 mois et de 40 mois en lien avec divers crimes. Lorsqu'il a été arrêté, il avait également des causes pendantes de harcèlement et de menaces de mort contre un ancien employeur. 

Dans l'esprit du juge, il était donc essentiel de privilégier les facteurs de dénonciation et de dissuasion dans la détermination de la sentence mais aussi de susciter la conscience de ses responsabilités. Corriveau n'a en effet manifesté aucune empathie ou considération envers la victime. 

En fait, rien n'a joué en sa faveur. Le seul facteur atténuant retenu par le juge est le fait qu'il a déjà suivi une thérapie sur la gestion de la colère, bien que celle-ci n'ait pas donné, de toute évidence, les résultats escomptés.




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