Retrouvée cinq semaines après sa mort

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Le coroner Raynald Gauthier

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(Trois-Rivières) Le décès d'une dame qui résidait dans un logement de l'Office municipal d'habitation de Trois-Rivières et qui a été retrouvée plusieurs semaines après sa mort incite le coroner Raynald Gauthier à demander que des mesures soient prises pour éviter que cette situation ne se reproduise. Selon le coroner Gauthier, il importe que l'OMH incite ses résidents âgés ou vivant seuls à adhérer au programme Pair de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

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Marco Bélanger, directeur général de l'OMH.

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L'histoire se déroule au mois de novembre 2015, au moment où la dame âgée de 65 ans est retrouvée morte dans son logement du cinquième étage d'un édifice appartenant à l'OMH. C'est le concierge de l'immeuble qui l'a retrouvée, le 20 novembre 2015, alerté par une plainte du voisinage pour des odeurs incommodantes émanant de l'appartement de la dame.

L'enquête déterminera que la dame est décédée de causes naturelles, probablement dû à une insuffisance cardiaque. Toutefois, le corps a été retrouvé dans un état de putréfaction avancée, présentant même des signes de momification, laissant croire que sa mort datait de plusieurs semaines, probablement plus d'un mois plus tôt, aux alentours du 18 octobre.

La dame qui résidait seule ne recevait pas de visite de sa famille, sinon un coup de téléphone d'un proche environ une fois par mois, note le coroner.

«Il est navrant de constater que des personnes âgées, isolées socialement et demeurant dans des immeubles de type office d'habitation municipale, peuvent décéder et manquer à l'appel durant des périodes aussi prolongées sans que personne ne puisse s'en inquiéter», commente le coroner Raynald Gauthier dans son rapport.

Du même souffle, il recommande que dans tous les édifices sous leur contrôle où habitent des personnes âgées seules ou en condition d'autonomie réduite, on incite les résidents à adhérer au programme Pair, un service d'appels quotidiens automatisés qui permet de s'assurer que la personne est en bonne santé et n'a pas besoin d'assistance. «Nous croyons qu'une plus large diffusion de l'existence de ces programmes permettrait de diminuer considérablement le nombre de personnes qui décèdent seules dans leur appartement et dont on ne retrouve finalement le corps dans un état lamentable que plusieurs semaines après leur décès», ajoute le coroner Gauthier.

«Aujourd'hui, les gens ont 1,8 enfant par famille, ils n'en ont plus 10 comme jadis et la société nous demande de performer et d'aller un peu partout dans le monde, ce qui est parfait et correct, mais au détriment des relations humaines», souligne le directeur général du réseau FADOQ, Danis Prud'homme.

À l'OMH de Trois-Rivières, on indique que la transmission de l'information concernant le programme Pair existe déjà de multiples façons. Toutefois, les pratiques seront bonifiées en lien avec les recommandations du bureau du coroner, évoque Marco Bélanger, directeur général de l'OMH. 

Ce dernier explique qu'à la signature d'un bail pour une personne vivant seule, la procédure veut qu'un comité d'accueil rencontre la personne pour lui fournir certains renseignements, dont l'existence du programme Pair, auquel les gens sont libres d'adhérer. Or, la personne peut refuser la rencontre avec ce comité d'accueil. Dans le cas présent, c'est ce qui s'est produit en août 2015, à la signature du bail. 

«La dame avait refusé d'être rencontrée par le comité d'accueil. Avec les recommandations du rapport, nous allons améliorer nos pratiques et poursuivre la promotion du programme Pair. Tout nouveau locataire qui refusera de rencontrer le comité d'accueil recevra automatiquement une enveloppe contenant ces renseignements, dont la procédure pour s'inscrire au programme», assure Marco Bélanger.

Ce dernier indique que la documentation relative au programme est déjà disponible de plusieurs façons, dont à la réception de l'OMH, sur des tableaux magnétiques distribués dans chaque logement, mais que la ressource est également présentée lors de l'assemblée générale annuelle de l'OMH ainsi qu'aux résidents lors de visites d'intervenants sociaux du CIUSSS-MCQ, environ une fois par mois.

Par ailleurs, Marco Bélanger croit qu'il importe de clarifier que l'OMH n'a pas la même mission qu'un centre d'hébergement, mais fait de la location de logements à une clientèle à faibles revenus étant considérée comme autonome.




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