Faillite de Minéraux rares Quest

Minéraux rares Quest vient de déposer un avis... (Archives Le Nouvelliste)

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Minéraux rares Quest vient de déposer un avis d'intention de faire une proposition à ses créanciers, en vertu de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Déjà retardé à plusieurs occasions, le projet d'usine hydrométallurgique de Minéraux rares Quest de Bécancour encaisse un nouveau choc. En début de soirée mercredi, la direction de l'entreprise a publié un communiqué de presse dans lequel elle annonce qu'elle vient de déposer un avis d'intention de faire une proposition à ses créanciers, en vertu de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité.

Joint en soirée, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, n'était pas au courant de ce nouveau rebondissement. 

«Notre dernière rencontre remonte à il y a environ six mois», commente-t-il. «Ils nous tenaient au courant de l'évolution des dossiers et ça semblait bien aller. Ils nous tenaient au courant des nouvelles technologies qu'ils voulaient développer, avec un marché mondial et tout le reste.»

Il n'a pas été possible de joindre un porte-parole de la compagnie mercredi soir. Dans le communiqué de presse publié par l'agence californienne GlobeNewswire, on indique que PricewaterhouseCoopers agira comme syndic pour la suite des procédures de restructuration.

Minéraux rares Quest explique cette orientation par «la décision d'un grand conglomérat industriel ayant des intérêts dans la construction, les mines et les hydrocarbures de ne pas effectuer l'investissement dans le projet Quest, tel que prévu dans le protocole d'entente signé le 2 novembre 2016».

L'avis d'intention permettra à la société de se protéger de ses créanciers pour une période de 30 jours. La Cour supérieure du Québec peut autoriser des prolongations par la suite.

«La Société est d'avis que l'action qu'elle a prise est dans l'intérêt de tous ses partenaires, car elle donne à la Société le temps et les ressources de poursuivre la recherche d'autres sources de financement ou d'être fusionnée ou acquise par une autre société», indique le communiqué.

Du même souffle, la direction prévient qu'elle ne dispose d'aucune garantie qu'elle obtiendra les fonds requis. 

«L'échec de la Société à atteindre ses objectifs de financement et de restructuration aura vraisemblablement pour conséquence d'entraîner la faillite de la Société», prévient-elle.

Dès mercredi matin, la Bourse de Toronto a annoncé la suspension des négociations sur le titre de Minéraux rares Quest.

La société annonce également l'arrivée de Dirk Naumann, président et chef de la direction, à son conseil d'administration à la place de Neil Wiener, qui a remis sa démission pour des motifs personnels.

Virage

Minéraux rares Quest fait partie des grands projets industriels qui tardent à lever à Bécancour. Les installations de cette entreprise devaient permettre de séparer et produire des oxydes d'éléments de terres rares qui entrent dans la fabrication d'appareils électroniques. 

Annoncé en 2013, cet investissement total de 1,3 milliard $ devait créer 300 emplois à Bécancour, en plus de 500 travailleurs pour la mise en chantier... à compter de 2016. En avril 2014, la direction poussait même l'audace jusqu'à annoncer la construction d'une deuxième usine, qui ajoutait un investissement supplémentaire de 300 millions $ et l'ajout d'une centaine d'emplois. L'ampleur des sommes requises et la difficulté de trouver des partenaires privés ont continuellement repoussé le projet depuis trois ans.

En ce sens, ce nouveau pas en arrière n'étonne pas tant le maire de Bécancour, un peu désabusé des mirobolantes promesses des grands projets industriels qui n'aboutissent pas.

«Je ne suis pas vraiment surpris de la tournure», laisse-t-il tomber. «En plus, à un moment donné, on vient habitué de recevoir des tuiles. Voilà pourquoi on travaille maintenant davantage à développer la PME et la technologie environnementale.»

«Bécancour n'attend plus après des mégaprojets», enchaîne-t-il. «Nous avons un grand parc industriel et peut-être qu'un jour, il devra se tourner plus vers la petite et moyenne entreprise parce que les mégaprojets ne semblent pas tellement au goût du jour.»

M. Dubois semble plus enthousiaste à l'idée de développer son incubateur en technologies environnementales.

«Le financement est pas mal avancé», s'encourage-t-il, en parlant de ce projet évalué à six millions $ qui pourrait voir le jour vers la fin de l'automne.




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