CHSLD Avellin-Dalcourt: une situation insoutenable

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Le CHSLD Avellin-Dalcourt a été contraint à maintes reprises d'annuler les soins d'hygiène destinés à ses patients

Photo: Stéphane Lessard

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Michel Lamy
Le Nouvelliste

(Louiseville) En raison d'une pénurie de préposés aux bénéficaires, le CHSLD Avellin-Dalcourt a été contraint à maintes reprises d'annuler les soins d'hygiène destinés à ses patients. Devant l'urgence de la situation, les salariés du CHSLD et le syndicat du personnel paratechnique et des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS MCQ pressent la direction d'agir pour régler le problème.

De nombreux établissements de la Mauricie et du Centre-du-Québec manquent cruellement de préposés aux bénéficiaires. Le CHSLD Avellin-Dalcourt de Louiseville n'est que trop familier avec cette dure réalité. Si l'annulation occasionnelle des soins de santé est déjà un cas alarmant, le recours aux heures supplémentaires est en train de devenir une pratique courante pour assurer les soins minimums aux patients de l'établissement. Bien que certains préposés acceptent de bon coeur le travail supplémentaire, il devient fréquent que les employés soient obligés de rester au CHSLD après leur quart de travail.

Selon Pascal Bastarache, président du syndicat du personnel paratechnique et des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS MCQ, la direction de l'établissement utilise comme bon lui semble une obligation qui concerne certains ordres professionnels, mais qui ne devrait pas s'appliquer aux préposés aux bénéficiaires d'après les normes du travail. «Récemment, certains préposés ont été contraints de faire quatre heures de temps supplémentaire. Au terme de ces quatre heures, on leur a dit de rester quatre heures de plus, sous la menace de sanctions», raconte M. Bastarache. 

Cette politique des heures supplémentaires a comme conéquence d'augmenter le niveau d'absentéisme chez les préposés. M. Bastarache constate qu'il manque toujours des membres du personnel sur le plancher, et que bon nombre d'entre eux partent en congé pour maladie. Selon lui, une solution doit être apportée dans les plus brefs délais. «Il faut respecter les conditions de travail. Les préposés s'occupent de patients souvent lourdement handicapés, que ce soit au niveau physique ou mental. Normalement, il devrait y avoir un préposé pour sept patients. Mais présentement, chaque préposé doit s'occuper de 15 à 20 patients en même temps», déplore le président du syndicat. Les employés et le syndicat proposent de régler le problème une bonne fois pour toutes en procédant à une embauche massive de préposés aux bénéficiaires. 

Formation inadéquate

Pour ajouter à la situation déjà problématique du CHSLD Avellin-Dalcourt, l'employeur a commencé à utiliser du personnel non qualifié pour s'acquitter du travail normalement réservé aux préposés. «Il s'agit de personnes qui n'ont pas la formation pour faire de la mobilisation, c'est-à-dire pour intervenir auprès des patients. Ces aides de service peuvent venir en appui aux préposés, par exemple en changeant la lingerie ou en lavant le bain, mais ils ne devraient pas faire le travail des préposés», dénonce M. Bastarache. Les employés du CHSLD et le syndicat ont également ajouté le non remplacmenent des préposés de l'établissement aux doléances formulées à l'égard du CIUSSS MCQ.

Afin de combler le manque de préposés, le syndicat propose de mettre en place un cours accéléré pour devenir préposé aux bénéficiaires, et de revoir le processus de reconnaissance des acquis. M. Bastarache espère par ailleurs que ces mesures seront appliquées le plus vite possible. Leur mise en place dépend cependant de l'administration du CIUSSS. «On nous répond qu'il y a des délais d'application pour mettre le processus en place, et que cela devrait se faire vers le mois de septembre. Nous, on leur demande de ne pas attendre la fin de l'été, parce qu'on a un besoin criant en ce moment», remarque-t-il.

Le président du syndicat appelle également Québec à intervenir pour rétablir la situation. «Nous invitons le ministre Barette à venir constater la situation en Mauricie et au Centre-du-Québec, dont le CHSLD Avallin-Dalcourt est un exemple flagrant. Le ministère de la Santé et des Services sociaux doit débloquer des fonds», soutient-il. «Les préposés aux bénéficiaires ont droit à des conditions de travail décentes et veulent donner des services adéquats à une clientèle démunie en perte d'autonomie», conclut M. Bastarache.




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