Pavillon de l'Assuétude: des investissements de plus de 3 M$

Le déménagement du Pavillon de l'Assuétude à l'ancien... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le déménagement du Pavillon de l'Assuétude à l'ancien Auberge Escapade constituera un point tournant pour cet organisme. Le directeur général, Alexandre Ratté, doit soigneusement planifier ce transfert pour éviter un bris de service.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le Pavillon de l'Assuétude procédera, au cours des prochaines semaines, à d'importants investissements pour améliorer la qualité de vie de ses bénéficiaires à ses deux points de service, situés à Shawinigan et à Saint-Guillaume.

En acquisition, rénovations et refinancement hypothécaire, l'organisation se lance dans un projet de près de 3,2 millions $ dans un échéancier assez serré.

Cet investissement majeur constituait le fait saillant de l'assemblée générale annuelle du conseil d'administration du Pavillon de l'Assuétude, présentée le 6 juin en début de soirée.

Rappelons qu'à Shawinigan, l'organisme qui se consacre à la réhabilitation de personnes aux prises avec des dépendances telles que la toxicomanie et l'alcoolisme quittera l'avenue Georges et intégrera l'ancien Auberge Escapade, vraisemblablement en septembre.

Du côté de Saint-Guillaume, l'ancien couvent a fermé ses portes pour environ cinq mois, le 2 juin, afin de permettre une transformation en profondeur des installations. Les travaux se dérouleront sur les quatre étages.

Pour réaliser ce plan ambitieux, le Pavillon de l'Assuétude a signé des ententes de financement avec quatre partenaires majeurs, soit la Caisse Desjardins, la Fiducie du Chantier de l'économie sociale, le Réseau d'investissement social du Québec et Investissement Québec, qui permettront de boucler un projet estimé à 3 172 239 $. 

Le montant inclut aussi la continuité des opérations sur l'avenue Georges pendant les inévitables rénovations à l'ancien hôtel, qui doit être officiellement acquis prochainement pour un montant de 900 000 $.

La direction prévoit environ un demi-million de dollars pour les travaux de réaménagement à Shawinigan et approximativement le même montant à Saint-Guillaume. Pour l'acquisition de l'Auberge Escapade et les rénovations aux deux points de service seulement, l'investissement frise donc les deux millions $.

«Ça fait deux ans qu'on travaille là-dessus», témoigne le directeur général, Alexandre Ratté. «Nous n'avons rien improvisé.»

Ces transformations se réaliseront évidemment au profit des bénéficiaires, mais aussi des employés.

«L'équipe est excitée», observe M. Ratté. «À Shawinigan, notre bâtisse est affreuse. Elle a l'air de ne pas avoir été entretenue, mais il ne faut pas oublier que ça fait deux ans qu'on essaie de bouger. Il y a de l'effervescence, les employés sont contents. Les locaux seront beaucoup plus confortables pour eux et pour nos clients. Nous aurons des infrastructures qui nous permettront de développer une expertise un peu plus pointue, des programmes plus intéressants.»

En raison de cette année peu commune, le conseil d'administration du Pavillon de l'Assuétude a adopté un budget déficitaire de près de 35 000 $ en 2017-2018, sur des dépenses de près de deux millions de dollars.

La fermeture du point de service de Saint-Guillaume pendant environ cinq mois explique principalement cette prévision, mais la direction a réservé un montant de 150 000 $ à même ses surplus pour pallier ce déficit et les inévitables imprévus. En 2016-2017, l'organisme avait dégagé un excédent de près de 75 000 $.

Capacité d'accueil bonifiée aux deux endroits

Autant au point de service de Shawinigan qu'à celui de Saint-Guillaume, la capacité d'accueil du Pavillon de l'Assuétude passera de 32 à 44 clients lorsque les rénovations seront terminés. Une légère augmentation qui ne répondra toujours pas aux immenses besoins dans les deux régions.

Au cours de la dernière année financière complétée le 31 mars 2017, pas moins de 526 personnes ont été évaluées par un agent de liaison pour suivre un programme de traitement d'une durée de 13 semaines.

Sur ce nombre, 160 ont été hébergées à Shawinigan et 174 à Saint-Guillaume. Ce qui signifie que 192 demandes n'ont pu être répondues, un nombre qualifié d'«encore très important» dans le dernier rapport annuel. À noter que 72 % des clients admis avaient déjà suivi un traitement auparavant.

Alexandre Ratté, directeur général du Pavillon de l'Assuétude, mentionne que le but de ces investissements ne consistait pas nécessairement à augmenter les capacités d'accueil, malgré les nombreux refus d'admissions. 

«Ce n'est pas une augmentation très significative et on ne désire pas avoir une grosse boîte avec plein de clients», nuance-t-il.

«Il existe un lien entre le taux de complétion et le nombre de clients. Notre prétention, c'est que plus il y a de monde dans une ressource, moins il y a de clients qui finissent le programme. On ne veut pas que nos employés passent leur temps à éteindre des feux.»

Au moins trois intervenants supplémentaires devront être engagés au cours des prochains mois à chaque point de service, avec un ou deux employés de soutien.

En 2016-2017, la proportion de traitements complétés a atteint 52,5 % à Shawinigan, comparativement à 41 % l'année précédente. Une donnée très satisfaisante pour la direction, même si à Saint-Guillaume, la tendance inverse a été observée: de 51 % en 2015-2016, le taux de complétion a chuté à 44,25 % l'an dernier.

«Nous avons une clientèle qui s'alourdit, comme dans toutes les ressources», observe M. Ratté.

«Les problèmes de santé mentale sont mieux connus et mieux diagnostiqués et les substances consommées sont complètement différentes. Aujourd'hui, les gens arrivent ici plus jeunes et plus poqués. Un jeune qui consomme des speeds ne sait pas s'il va en sortir indemne.

Des jeunes avec des troubles d'élocution, des troubles neurologiques, on ne voyait pas ça quand j'ai commencé, il y a vingt ans. Aujourd'hui, on en voit de façon régulière. Autrefois, la catégorie d'âge la plus représentée tournait autour de 40 à 45 ans alors que depuis une dizaine d'années, ça recule. Nous sommes maintenant davantage autour de 20 à 25 ans. Il faut ajuster nos interventions.»

Les taux d'occupation des deux points de service ont connu des hausses appréciables au cours de la dernière année. À Shawinigan, il a bondi de 78,7 % à 85,9 % alors qu'à Saint-Guillaume, il est passé de 80,2 % à 86,4 %. M. Ratté mentionne que la révision du processus d'accès a contribué à ces augmentations. De plus, les changements réglementaires pour les prestataires de la sécurité du revenu avaient influencé négativement l'affluence en 2015-2016.

Néanmoins, un taux d'occupation supérieur à 85 % aux deux points de service constitue une première, selon M. Ratté.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer