Cueillette de livres pour Haïti: mission accomplie pour Shawinigan

Des partenaires qui ont contribué au projet de... (Sylvain Mayer)

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Des partenaires qui ont contribué au projet de stimuler le savoir de la société haïtienne. À l'avant-plan: Pierre Larose, coordonnateur du projet CAPI-Haïti, en compagnie d'Andrée Fugère-Hammond (responsable du CAPI), Jean-Michel Ménard (secrétaire de GRAHN-Mauricie), Samuel Pierre (président du GRAHN-Monde), Geneviève Dargis (directrice adjointe du Centre d'action bénévole de Shawinigan) et Serge Aubry (maire suppléant).

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'initiative du Comité d'accueil des personnes immigrantes du Centre d'action bénévole de Shawinigan pour aider Haïti à rebâtir une société plus instruite après avoir vécu son lot de déveines est couronnée de succès. Au début de l'année, pas moins de 56 000 livres recueillis dans les écoles et les bibliothèques de la région sont arrivés à Génipailler-Milot, dans le nord du pays, afin de participer à la réalisation de la Cité du savoir.

Après le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, le Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle (GRAHN) était créé à Montréal pour réfléchir aux façons de reconstruire le pays. À Shawinigan, le CAPI avait initié une pétition en faveur de l'école pour tous les enfants d'Haïti, qui avait recueilli 12 000 signatures provenant de 13 pays. La cueillette de livres a constitué une suite logique et l'objectif de remplir un conteneur a été atteint, avec la collaboration de GRAHN-Mauricie. Le mastodonte de 27 000 kilogrammes est arrivé à destination en février, sourit Pierre Larose, coordonnateur du projet CAPI-Haïti. 

Le président du GRAHN-Monde, Samuel Pierre, tenait ainsi à venir remercier personnellement les Shawiniganais pour leur générosité. Il s'est donc présenté à la bibliothèque Bruno-Sigmen, vendredi matin, pour témoigner sa reconnaissance. «C'est au-delà de mes attentes», reconnaît-il. «Je m'attendais à ce qu'on collecte une centaine de livres dans un temps relativement long. Or, ce fut tout à fait l'inverse: ça s'est fait très rapidement, avec une quantité qui dépassait nettement mes espérances. Cinquante-six mille ouvrages, de tous les niveaux et surtout, qui ont été triés. Ça montre la passion et le professionnalisme qu'il y avait dans ce projet.»

L'initiative shawiniganaise a servi de tremplin dans le reste de la province. En tout, M. Pierre estime à 100 000 le nombre de livres qui seront acheminés à la perle des Antilles, en ajoutant les contributions de l'Université du Québec à Montréal, de l'École polytechnique, de l'Université Laval et les dons individuels.

Dans la région, la Ville de Shawinigan, la Commission scolaire de l'Énergie, les bibliothèques de Saint-Boniface et de Saint-Mathieu-du-Parc, Perro libraire et des étudiants du Cégep de Trois-Rivières ont particulièrement aidé à la réussite du projet.

«Il y a eu une surprise de la réponse de la population», convient M. Larose. «Au début, nous étions six bénévoles et nous avons fini à 43! Les bibliothèques envoyaient les livres à un entrepôt et on pensait devoir passer faire le tri une fois par mois, mais c'était à toutes les semaines. Que les livres soient maintenant rendus, ça fait mentir le vieux préjugé selon lequel ça ne fonctionne jamais, les affaires avec Haïti!»

Projet

Le grand projet «Pôle d'innovation du Grand Nord - Cité du savoir» doit se réaliser sur une dizaine d'années à Haïti. L'état a rendu disponible 31 hectares de terres pour réaliser ce rêve ambitieux, qui couvrira quatre secteurs: l'agriculture, les services, le scolaire et l'universitaire.  

«Quand on veut faire des études avancées en Haïti - maîtrise et doctorat -, il faut quitter le pays parce qu'il n'y a pas suffisamment d'universités qui offrent ces programmes», souligne M. Pierre. «Nous avons créé un institut universitaire pour combler cette lacune. Selon la Banque mondiale, sur 100 personnes d'origine haïtienne qui auraient un diplôme postsecondaire, seulement 17 restent au pays. Il y a une fuite des cerveaux qui n'aide pas la situation en Haïti.»

Sur la Cité du savoir, on retrouve déjà le Centre de la petite enfance Paul-Gérin-Lajoie, qui a accueilli 35 jeunes en octobre dernier. En septembre, 80 inscriptions sont attendues. 

«Nous avons aussi posé la première pierre de la résidence des professeurs, de l'école primaire et du centre de santé communautaire», précise le président de GRAHN-Monde. «En avril 2018, on devrait inaugurer ces trois services.»

Au même moment, la construction de la bibliothèque devrait débuter. En attendant, une communauté religieuse veillera à la conservation des milliers de livres reçus.




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