Shawinigan: François Bonenfant défie Angers

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François Bonenfant a annoncé sa candidature à la mairie de Shawinigan jeudi après-midi, dans un restaurant du secteur Grand-Mère.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La campagne électorale sans histoire qui se dessinait pour la mairie de Shawinigan vient de prendre une autre tournure. François Bonenfant, un citoyen du secteur Lac-à-la-Tortue, a confirmé jeudi après-midi qu'il tentera de détrôner Michel Angers, en poste à l'hôtel de ville depuis 2009.

Une quinzaine de personnes ont participé à cette annonce, au restaurant Stratos du secteur Grand-Mère. Parmi elles, on remarquait la présence de l'ex-député de Saint-Maurice, Robert Deschamps, ainsi que celle de Diane Borgia, porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, qui a donné son appui à M. Bonenfant pour cette course. 

«Je veux créer un débat et si c'est possible, je vais gagner!», lance le nouveau candidat. «Je ne suis pas là pour perdre.»

L'homme de 59 ans avait défrayé la manchette au début de l'année 2016, lorsqu'il avait entrepris une démarche pour la défusion du secteur Lac-à-la-Tortue auprès du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire. Plus récemment, il avait vivement dénoncé la décision de la Ville de revenir sur son engagement de répartir à l'ensemble des citoyens les coûts de pavage dans le cadre du projet d'assainissement des eaux usées et d'aqueduc autour du lac. Il a d'ailleurs rappelé, jeudi après-midi, que Shawinigan n'investirait finalement pas un sou dans ces travaux.

M. Bonenfant peine à identifier un élément très précis qui puisse expliquer sa décision. Il souligne simplement qu'il s'agit de l'aboutissement d'une série d'irritants qui, bout à bout, l'ont convaincu de faire le grand saut. Selon lui, le thème de sa campagne, «Redonnons la ville aux citoyens», justifie parfaitement sa démarche.

«La ville n'appartient pas à un conseil municipal, mais aux citoyens», commente-t-il. «Je ne vais pas là pour me gagner un emploi, j'y vais pour redonner la ville aux citoyens. Tout ce qu'on dit, c'est qu'il n'y a pas d'écoute. La toponymie est un bel exemple. Monsieur (Angers) était immuable, c'était son mot. Moi, je spécifie que nous ne serons pas immuables.»

Menuisier de formation, M. Bonenfant possède des immeubles à Shawinigan. Il s'est déjà impliqué comme membre du comité consultatif d'urbanisme de l'ex-municipalité de Lac-à-la-Tortue pendant environ six ans. 

«Je ne me bats pas contre Michel Angers», spécifie-t-il. «Je me bats pour redonner la ville aux citoyens. S'ils veulent voter pour Michel Angers, ils voteront pour lui. Mais s'ils sentent qu'ils perdent leur ville, qu'ils n'ont plus de contrôle, ils auront une option. Comme le disait Michel Chartrand, je vais m'associer à tous ceux qui veulent contester.»

Jeudi après-midi, M. Bonenfant a élaboré ses priorités pour la prochaine campagne. Elles sont concentrées autour de quatre thèmes, soit l'équité, la gestion saine et transparente des finances municipales, l'esprit d'ouverture envers les citoyens et finalement, une fiscalité plus concurrentielle. En lien avec ces enjeux, il souhaite notamment créer un comité des aînés, des comités de citoyens dans chaque district et remettre en question certaines dépenses pour réduire la dette et donner un peu de souffle aux contribuables dont les revenus sont parmi les plus bas au Québec.

Attaques

Depuis quelques années, M. Bonenfant assiste régulièrement aux assemblées publiques du conseil municipal de Shawinigan. Il possède ainsi une bonne connaissance générale des dossiers et il s'en est servi lors de son point de presse pour attaquer les éléments les plus controversés du bilan de Michel Angers. Par exemple, il a martelé que Shawinigan avait besoin des municipalités avoisinantes. Il les qualifie d'«amies», qui méritent d'être consultées et traitées avec respect.

«Je suis d'accord avec le fait que les gens de l'extérieur doivent payer un peu plus que les Shawiniganais», explique-t-il. «Mais mon principe n'est pas de fermer la ville. Je veux que les gens d'Hérouxville, de Saint-Tite et de partout envahissent Shawinigan. Moi, je suis en faveur d'une politique d'ouverture.»

En terme de «dépenses inutiles», M. Bonenfant a spontanément rappelé l'exemple de l'aménagement d'un parc industriel à grand gabarit, un investissement de près de cinq millions de dollars en acquisition de propriétés qui ne rapporte absolument rien à la Ville à l'heure actuelle.

Autre inconfort, les fameux votes unanimes en assemblée, un carcan qu'il se promet bien de retirer aux conseillers s'il est élu. Rappelons que dans l'actuel mandat, aucune résolution n'a fait l'objet d'un vote en séance publique.

«M. Angers répond du tac au tac, mais il prend toute la place», observe le candidat. «Quand je vais aux séances, j'aimerais entendre mon conseiller, qu'il me dise ce qu'il fait. Le conseil municipal n'appartient pas à monsieur Angers. On dirait que tout est géré par le même patron.»

M. Bonenfant mentionne qu'il ne s'associera pas à une équipe de conseillers dans le cadre de cette campagne électorale, se disant prêt à travailler avec tous ceux qui seront élus s'il renverse les pronostics.




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