Aleris: Pierre-Michel Auger aussi en a assez

Pierre-Michel Auger a déjà proposé la solution avancée... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Pierre-Michel Auger a déjà proposé la solution avancée par la Ville de Trois-Rivières dans le dossier Aleris et indique que la porte du ministère de l'Environnement n'est pas complètement fermée.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Le député de Champlain, Pierre-Michel Auger, comprend l'exaspération de la Ville de Trois-Rivières dans le dossier de l'ancienne usine Aleris, lui qui admet vivre la même exaspération depuis de nombreuses années. «Moi aussi, je suis tanné», lance-t-il d'emblée, confirmant que Québec a englouti pas moins de 10 M$ dans cette affaire depuis près de 9 ans.

La récente proposition de la Ville de Trois-Rivières, de faire pression sur le ministère de l'Environnement pour qu'il décontamine le terrain et le remette à la Ville en attendant la fin des procédures judiciaires contre les anciens propriétaires, avait déjà été évoquée par le député. D'ailleurs, les contacts entre lui et la Ville se multiplient ces jours-ci à ce sujet, et le dossier fait partie des priorités du député.

«De la fenêtre de mon bureau, je n'ai vue que sur la bâtisse à moitié démolie. Mes stores sont toujours fermés. Je suis bien placé pour comprendre l'exaspération», confie-t-il. Toutefois, Pierre-Michel Auger estime que dans chacun des scénarios envisagés, le principe du pollueur-payeur devra prévaloir sur le reste.

«Il y a un principe qu'il faut défendre jusqu'au bout: celui du pollueur-payeur. Il y a des compagnies qui ont pollué ce site, il faut que ces gens-là paient. Une fois qu'on a dit cela, y a-t-il moyen de trouver une solution pour que tout le monde soit gagnant rapidement? C'est là-dessus que je travaille», indique M. Auger, qui ajoute que le scénario proposé par la Ville de Trois-Rivières pourrait être une solution intéressante. Il confirme du même souffle avoir déjà proposé cette avenue au ministère de l'Environnement, et que la porte n'est pas complètement fermée.

«Je suis en pourparlers avec le ministre et le ministère depuis environ un mois sur ce sujet. Il ne faut pas oublier que ce n'est pas le seul site contaminé au Québec et que le gouvernement ne peut pas payer pour ceux qui polluent. Au bout du compte, que ce soit la Ville ou le ministère, ce seront les contribuables qui paieront. C'est pourquoi on veut s'assurer que les compagnies imputables prennent leurs responsabilités», mentionne le député de Champlain.

10 M$

Depuis près de 9 ans, ce sont tout près de 10 M$ qui ont été engloutis par le gouvernement dans le maintien du site, la caractérisation du sol, la décontamination de surface et la surveillance du terrain, indique Pierre-Michel Auger. 

«Il y a une pompe qui se trouve là en permanence et qui empêche les contaminants de se déverser dans la nappe phréatique. Ça représente évidemment des sommes importantes, mais on ne peut pas se permettre de ne pas le faire parce que ce serait une catastrophe environnementale», constate M. Auger.

L'idée de voir pousser un développement résidentiel à cet endroit, tel que le suggère la Ville de Trois-Rivières, est en outre bien accueillie par le député, qui rappelle toutefois que les coûts de décontamination seront très élevés s'il faut en arriver à décontaminer pour du zonage résidentiel.

«On estime que la décontamination pourrait coûter encore près de 15 M$. Ce sont des sommes énormes et le processus judiciaire en cours cherche justement à aller récupérer l'argent qui permettra de remettre le terrain en état.

Mais il y a un calcul intéressant à faire. Si ce secteur se développe, il y a du potentiel pour y construire au moins 250 portes. Ce sont 1000 personnes qui peuvent s'y établir. Ce sont des revenus de taxes, des commerces dans le secteur qui tournent bien. Il y a un réel potentiel là et ça vaut la peine de mettre ça dans la balance», croit Pierre-Michel Auger.

Le Nouvelliste a tenté d'obtenir une réaction de la part du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, mais nos appels sont restés sans réponse.




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