Pas de chalets au camping du lac Bellemare

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Les propriétaires du camping du lac Bellemare ne pourront finalement développer leur propriété comme ils le souhaitaient, avec l'ajout de 13 chalets.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Mathieu-du-Parc) Les propriétaires du camping du lac Bellemare ne pourront finalement pas se servir d'une modification au zonage dans leur secteur pour construire 13 chalets et ainsi diversifier l'offre pour leur clientèle.

En assemblée publique lundi soir, le conseil municipal de Saint-Mathieu-du-Parc a adopté une résolution pour confirmer qu'il mettait fin au processus d'adoption du nouveau règlement, à la suite du résultat du registre tenu le 19 mai.

En termes clairs, les élus refusent de pousser le débat jusqu'au référendum. Rappelons que lors de la tenue de registre, 43 personnes avaient signifié leur opposition au projet, alors qu'il n'en fallait que 26 pour forcer le conseil municipal à choisir entre l'abandon du règlement permettant la construction de chalet dans la zone visée ou l'organisation d'un référendum. Le bassin de personnes habiles à voter comprenait 155 résidents.

Le maire, Claude McManus, n'a pas détecté une mobilisation populaire en faveur du projet au cours des dernières semaines. Les élus n'ont donc pas senti qu'un référendum aurait permis de renverser la tendance.

«Il aurait fallu au moins 44 citoyens qui se prononcent en faveur», calcule-t-il. «En ajoutant ceux qui étaient contre, ça donnait au moins 87 personnes, donc plus de la moitié des personnes éligibles. Normalement, la moyenne de participation à une élection s'élève à 50 % chez nous.»

«Nous étions certains que les 43 personnes qui étaient contre se seraient déplacées à un référendum», poursuit-il. «Peut-être que d'autres auraient été convaincues également. Les gens en faveur n'avaient pas beaucoup d'avantages à voter pour ça, à moins de dire que ce serait bon pour la municipalité.

Généralement, les gens à qui je parlais disaient qu'ils ne s'en mêleraient pas. Il n'y avait pas de mobilisation assez forte pour le oui. En voyant ça et en prenant en considération des coûts de 8000 $ ou 9000 $, nous avons décidé d'abandonner le projet.»

Jean-Luc Bellemare, propriétaire du camping, n'assistait pas à l'assemblée publique de lundi soir. Il a toujours maintenu que si la population bloquait la construction de ses 13 chalets, il allait poursuivre autrement le développement de son attrait touristique, en ajoutant des terrains pour les roulottes, par exemple.

Lors de la période de questions, Émile Simard, résident du lac Bellemare opposé à la construction de ces chalets, a tenu à remercier les élus et l'administration municipale pour l'information transmise tout au long de ce dossier, dont les premiers balbutiements remontent à l'automne 2016. Au-delà du résultat, M. Simard se réjouit que le mécanisme de consultation en place ait permis aux citoyens de se manifester.

«Je suis satisfait de cet exercice de démocratie locale», glisse-t-il. Le gouvernement du Québec, rappelons-le, s'apprête à abolir la démarche d'approbation référendaire dans les municipalités.

«Le conseil municipal était favorable au dossier», souligne M. McManus. «Ce n'est pas que le projet n'était pas bon. Mais c'est la démocratie et personnellement, je suis en faveur que les citoyens s'expriment.»

Laurier Gélinas, qui s'était prononcé publiquement en faveur du projet en séance publique en avril, ne semble pas convaincu que les riverains aient acheté la paix avec cette mobilisation. 

«Ils peuvent toujours s'agrandir et vous ne pourrez rien faire», rappelle-t-il. «Vous avez échangé une souris pour un éléphant!»

L'an dernier, M. Bellemare avait entrepris la construction d'un premier chalet sans permis, ce qui avait soulevé l'ire des résidents. Cet élément a sans doute stimulé la grogne contre cette demande de changement de zonage. Comme le propriétaire l'avait déjà mentionné, ce chalet servira plutôt comme pavillon d'accueil.

Interdit de nourrir les animaux indigènes

Tel qu'annoncé le mois dernier, le conseil municipal de Saint-Mathieu-du-Parc a adopté, lundi soir, un règlement qui prohibe purement et simplement le fait de nourrir les animaux indigènes sur son territoire.

Cette mesure met fin à une longue saga qui braquait les projecteurs sur l'Auberge refuge du trappeur, qui offrait l'observation d'ours au cours des dernières années.

Plusieurs résidents ont alerté le conseil municipal sur les dangers de cette pratique, puisqu'elle impliquait d'attirer ces gros mammifères avec de la nourriture. Au fil des mois, les ours semblaient de moins en moins intimidés par la présence d'humains, ce qui inquiétait les résidents du secteur du chemin McLaren d'abord, puis au lac Jackson.

Le maire, Claude McManus, a répété lundi soir que les enjeux de sécurité l'emporteraient toujours au conseil municipal. 

«Le règlement a été fait sur la base de la sécurité publique», indique-t-il. «Notre devoir était de faire en sorte d'enlever le sentiment d'insécurité qui habitait les gens.»

M. McManus a également précisé qu'une demande d'injonction avait été adressée à l'Auberge refuge du trappeur, plus tôt ce printemps, afin qu'elle cesse cette pratique. Le 15 mai, un juge de la Cour supérieure accordait la demande de la Municipalité. Le règlement adopté en séance publique va encore plus loin, en interdisant complètement de nourrir les animaux indigènes sur l'ensemble du territoire de Saint-Mathieu-du-Parc.




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