Aleris: Trois-Rivières à bout de patience

La Ville de Trois-Rivières s'adressera au ministère de... (François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

La Ville de Trois-Rivières s'adressera au ministère de l'Environnement pour que soit décontaminé dans les plus brefs délais, le terrain de l'ancienne usine Aleris dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) La Ville de Trois-Rivières en a soupé de voir le dossier de l'ancienne usine Aleris, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, traîner en longueur. Le conseil municipal change de ton et demande au ministère de l'Environnement de prendre ses responsabilités en se prévalant de ses pouvoirs pour décontaminer le site et le rendre à nouveau utilisable.

«On est très tanné. Ça fait plus de huit ans que le dossier traîne», a lancé d'entrée de jeu le maire Yves Lévesque, en marge de la séance du conseil municipal, lundi soir, indiquant qu'il était maintenant temps pour la Ville de «prendre le taureau par les cornes».

L'assemblée a en effet entériné une résolution pour faire des pressions auprès du gouvernement pour que le tout se règle et que la Ville puisse récupérer le terrain pour envisager de nouveaux développements.

L'actuel propriétaire du terrain et de la bâtisse, l'Américain Tim Martinez, doit plus de 780 000 $ en taxes municipales impayées à la Ville. Le gouvernement poursuit également le propriétaire qui, rappelle le maire, n'a de toute façon pas les moyens de payer même si la cour l'obligeait à rembourser. «N'oublions pas non plus que Tim Martinez n'a jamais réellement profité des fruits de l'opération de cette usine», mentionne-t-il.

Le maire se tourne donc vers les anciens propriétaires de l'entreprise, qui étaient bien au fait de l'état de contamination du terrain et qui, selon lui, doivent prendre leurs responsabilités, soit à l'époque la Société générale de financement, la Société québécoise de transformation de l'aluminium, ainsi que la compagnie Alcoa.

«Les sociétés qui avaient des parts dans cette usine disent qu'elles ne l'opéraient pas, mais à titre d'actionnaires, elles étaient quand même imputables. Ce qu'on dit au gouvernement, c'est décontaminez le terrain, redonnez-nous le terrain et de notre côté nous sommes prêts à laisser tomber les 780 000$ de taxes impayées si on peut récupérer le terrain en échange. Par la suite, le gouvernement aura toute la latitude pour continuer les poursuites contre les entreprises qui sont imputables», fait savoir le maire Lévesque.

Ce dernier fait remarquer que depuis la faillite d'Aleris et le rachat par Tim Martinez, le gouvernement a dépensé des millions de dollars en maintien du site, en frais de surveillance et en poursuites judiciaires.

Autant d'argent qui aurait pu servir à la décontamination sans empêcher de réclamer l'argent aux anciens propriétaires, croit le maire. Pire, selon lui, lors de l'achat par Martinez, les équipements à l'intérieur de l'usine, la seule chose qui avait une valeur monétaire, ont été revendus pour 12,5 M$ à un investisseur, qui a pu à son tour en retirer près de 25 M$.

«Le gouvernement aurait facilement pu émettre une injonction pour empêcher la revente de ces équipements et garder des garanties monétaires. Ils ont souvent eu la chance d'agir. Là, c'est assez et c'est le temps d'agir», clame Yves Lévesque qui soutient que le terrain, une fois décontaminé, pourrait facilement accueillir des développements résidentiels. Il indique toutefois qu'aucun projet particulier n'est actuellement sur la table, justifiant cette nouvelle prise de position de la Ville.

Autant pour l'aspect environnemental que visuel, Yves Lévesque estime que le temps presse et qu'il faudrait, à tout le moins, pouvoir jeter ce qu'il reste de la bâtisse par terre pour enfin pouvoir envisager la suite des choses. 

Pour la conseillère du district du Sanctuaire, Sabrina Roy, il importe que le gouvernement agisse dans les meilleurs délais pour permettre ensuite de profiter du potentiel exceptionnel de cet emplacement.

«Il y a un fort potentiel pour du développement résidentiel si la décontamination se fait. C'est déjà un secteur où il y a de la vie, des parcs, des écoles et des commerces. Ça viendrait encore plus revitaliser le secteur et solidifier l'offre commerciale», croit Mme Roy.

Appelé à réagir à cette nouvelle prise de position, le député de Champlain Pierre Michel Auger, qui a toujours été très actif dans le dossier, a indiqué qu'il réagirait mardi matin et qu'il répondrait à ce moment à cette sortie de la Ville de Trois-Rivières.




À lire aussi

  • Aleris: Pierre-Michel Auger aussi en a assez

    Actualités

    Aleris: Pierre-Michel Auger aussi en a assez

    Le député de Champlain, Pierre-Michel Auger, comprend l'exaspération de la Ville de Trois-Rivières dans le dossier de l'ancienne usine Aleris, lui... »

  • Aleris: Québec veut forcer la décontamination

    Actualités

    Aleris: Québec veut forcer la décontamination

    Le ministère de l'Environnement a émis, mercredi matin, une ordonnance de réhabilitation dans le dossier de l'ancienne usine Aleris, sommant un... »

  • <em>Interminable et préoccupant</em>

    Éditorial

    Interminable et préoccupant

    Le mois prochain, cela fera neuf ans que l'usine Aleris a fermé ses portes. Cela fera aussi neuf ans que cette fermeture, puis la demi-démolition qui... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer