Hommes victimes d'abus sexuels: une vidéo pour briser le tabou

François Labrecque, un participant à la vidéo Le... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Labrecque, un participant à la vidéo Le tabou dans le tabou, est entouré de Dany Carpentier, coordonnateur de l'organisme Emphase, et de Marilyn Tremblay-Pouliot, réalisatrice de la vidéo.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Un organisme de soutien aux hommes victimes d'abus sexuels vient de produire une vidéo visant la sensibilisation à leur situation.

L'organisme Emphase, fondé en 2014, a réalisé cette vidéo durant laquelle trois hommes victimes d'abus sexuels prennent leur courage à deux mains et racontent brièvement leur histoire. Trois autres personnes de leur entourage viennent aussi livrer un témoignage sur les conséquences vécues à la suite de ces abus sexuels.

François Labrecque a été victime d'abus durant son enfance. Cet ingénieur chimiste de formation a accepté de participer à cette vidéo afin de mieux se comprendre et pour aider d'autres hommes victimes des mêmes gestes.

«J'ai accepté de témoigner pour briser le tabou. Avant l'Emphase, je ne savais pas mesurer l'ampleur du problème. J'avais beaucoup de confusion à me comprendre moi-même. Je suis capable maintenant de dire ce que j'ai vécu et je m'accorde de l'importance. C'est un souvenir malheureux que je suis capable de laisser derrière», raconte ce citoyen de Trois-Rivières.

Marilyn Tremblay-Pouliot est doctorante en psychologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières. L'administratrice d'Emphase a réalisé cette vidéo grâce à une contribution du Fonds de développement social de la Ville de Trois-Rivières. Elle est visiblement touchée d'avoir pu rencontrer des hommes ayant accepté de s'ouvrir sur un sujet aussi délicat.

«Les conséquences d'un abus sexuel ne sont pas vécues de la même façon par un homme. Il y a un sentiment de honte, un sentiment de faiblesse. Je souhaite que cette vidéo encourage d'autres hommes à parler et encourage d'autres personnes de leur entourage à les écouter et à ne pas douter. Il faut sensibiliser les gens face aux préjugés», indique Mme Tremblay-Pouliot, en rappelant qu'un homme sur six est victime de pareils actes.

Inciter des hommes à parler, voilà une commande qui n'est pas de tout repos. Mais le chemin parcouru au fil des ans est appréciable, selon Dany Carpentier, coordonnateur de l'Emphase.

«Ce n'est pas dans les habitudes des gars de s'ouvrir. Mais c'est de plus en plus encouragé et les organismes se tournent vers une approche personnalisée. Avec la vidéo, on veut inspirer d'autres hommes à entreprendre une démarche et aborder le trauma.»

Une vingtaine d'hommes ont participé aux séances de soutien organisées depuis deux ans par Emphase. Selon M. Carpentier, les hommes qui se décident à parler de leur situation réalisent que les conséquences vécues (toxicomanie, maladie mentale, isolement) sont souvent bien semblables d'un cas à un autre.

«Notre programme dure 10 semaines, trois heures par semaine. Les hommes se réunissent, ils abordent différents sujets pour briser la honte, qui ne devrait pas être là. Il y a une reprise de confiance, les gars repartent avec des outils qu'ils se sont créés eux-mêmes.»

La vidéo Le tabou dans le tabou sera diffusée sur les réseaux sociaux. On peut y accéder par le lien www.youtube.com/watch?v=rBEL2GvNJHs.




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