Des bandes rétractables qui restent rétractées au Centre Gervais auto

Le 2 mai 2007, le conseil municipal de Shawinigan achetait la paix en décidant... (Sylvain Mayer)

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Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le 2 mai 2007, le conseil municipal de Shawinigan achetait la paix en décidant d'équiper son futur amphithéâtre municipal de bandes rétractables, un concept qui venait d'être implanté au Pavillon de la jeunesse d'ExpoCité, à Québec. Dix ans plus tard, cet investissement en valait-il le coup? Dans une série de quatre textes, Le Nouvelliste rappelle les débats qui avaient animé la réflexion, les espoirs suscités par la présence d'une glace olympique au Centre-de-la-Mauricie, le bilan de l'utilisation de ce mécanisme innovateur et le rendez-vous manqué avec le patinage de vitesse courte piste.

Les bandes rétractables de l'amphithéâtre municipal avaient été... (Olivier Croteau) - image 1.0

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Les bandes rétractables de l'amphithéâtre municipal avaient été utilisées pour maximiser l'espace de plancher lors des cérémonies d'ouverture des finales provinciales des Jeux du Québec à Shawinigan, en juillet 2012.

Olivier Croteau

Les bandes rétractables du Centre Gervais auto sont si peu utilisées que les employés municipaux ne se donnent même plus la peine d'activer le mécanisme aux deux semaines pour le tester. Même la compétition Invitation de l'Énergie, un rendez-vous annuel de 400 patineurs artistiques, a décidé de conserver une glace de dimension nord-américaine en novembre dernier. 

Dix ans après que le conseil municipal eut acheté l'idée d'équiper son amphithéâtre de bandes amovibles pour satisfaire les Cataractes de Shawinigan, l'épreuve du temps démontre que les promesses d'attirer toutes sortes de foires, de spectacles et de compétitions sportives grâce à une surface de jeu polyvalente n'ont pas été honorées jusqu'ici.

Les bandes rétractables, rappelons-le, constituaient un compromis. En 2006, le conseil municipal avait tranché: le futur amphithéâtre accueillerait une glace olympique, quinze pieds plus large qu'une patinoire de dimension traditionnelle nord-américaine. À ce moment, les élus vantaient le pouvoir d'attraction d'une telle surface de jeu. On pourrait y organiser des compétitions de patinage artistique, de patinage de vitesse courte piste, de curling et même de soccer et de football intérieurs!

Par contre, les Cataractes faisaient des pieds et des mains pour éviter que leur nouveau domicile les condamne à jouer sur une glace aux dimensions européennes. Pendant une quinzaine de mois, les possibilités d'intégrer un système de bandes rétractables à l'amphithéâtre pour satisfaire tout le monde ont titillé les élus. Puis, en apprenant que ce système serait installé au Pavillon de la jeunesse d'ExpoCité, le conseil municipal avait finalement décidé de plonger. Le 2 mai 2007, l'ex-mairesse Lise Landry confirmait que l'amphithéâtre municipal serait équipé de bandes rétractables, au grand soulagement des Cataractes.

Peu de retombées

Dans sa soumission déposée en novembre 2007, le Groupe Pomerleau estimait à 1,5 million $ les coûts pour l'intégration du système de gradins rétractables et 875 000 $ pour le mécanisme des bandes, pour un total de 2,375 millions $. Le coût net demeure plus difficile à évaluer. Sans système de gradins rétractables, qui condamne 697 sièges, du béton aurait quand même dû être coulé dans cette partie de l'amphithéâtre, du côté du banc des pénalités.

Le jeu en valait-il la chandelle? À la Ville de Shawinigan, François St-Onge, directeur des communications, mentionne qu'il n'existe aucun relevé exhaustif de l'utilisation du mécanisme pour élargir la surface de jeu de 15 pieds. Mais à l'évidence, les occasions deviennent de plus en plus rares.

En fait, une seule organisation a bénéficié régulièrement de la surface olympique depuis l'ouverture de l'amphithéâtre, en décembre 2008. Il s'agit de l'Invitation de Énergie, une compétition de patinage artistique présentée à l'automne pour les jeunes de 7 à 18 ans. Mais l'an dernier, l'organisation a décidé de se simplifier la vie en conservant une glace de dimension nord-américaine.

«Pour l'instant, à court terme, on ne prévoit pas reprendre la surface olympique», témoigne Josée Gariépy, présidente du comité organisateur de l'Invitation de l'Énergie. 

Selon elle, l'utilisation du mécanisme de bandes rétractables rend la logistique plus complexe. «La Ville doit calculer des jours supplémentaires pour préparer la glace», explique la porte-parole. «Elle aurait besoin d'un délai plus long pour offrir une meilleure qualité de glace. La Ville doit peinturer aux endroits où il n'y a pas de glace habituellement. Quand la Zamboni passe, ça coupe et ça fait remonter la peinture.»

«Pour le calibre de patineurs que nous avons, ce n'était pas une nécessité», ajoute Mme Gariépy. «De plus, en restant en surface nord-américaine, on gagne du temps. Quand nous avons plus de patineurs que prévu, ça nous oblige à commencer plus tôt, le jeudi. Ça pouvait devenir problématique.»

Pour le reste, la grande surface a été sollicitée pour l'Événement Judo Québec en juin 2010, les cérémonies d'ouverture et de clôture des finales estivales des Jeux du Québec en 2012 et la Compétition souvenir Georges-Éthier, un autre grand rendez-vous de patinage artistique qui s'était aussi arrêté à Shawinigan en 2012. Enfin, l'Association québécoise des professeurs de français avait réservé cette surface, en novembre 2011, pour son souper de gala avec Gregory Charles.

La patinoire olympique est si peu sollicitée que les exercices réguliers auxquels la Ville s'astreignait pour maintenir le mécanisme alerte ont tout simplement été abandonnés.

«Nous avons changé notre procédure», explique M. St-Onge, en précisant que les quinze pieds de glace supplémentaires ne sont maintenant conçus qu'au besoin. 

Aucun doute, les possibilités existent, tant pour des activités sur glace que des foires ou des salons. Sauf qu'à l'usage, la flexibilité qu'offre le Centre Gervais auto pour attirer des événements n'est pas tellement sollicitée.

«C'est une décision qui a été prise, à l'époque, d'avoir des bandes rétractables», commente le maire, Michel Angers. «Est-ce qu'on prendrait la même décision aujourd'hui? Je ne le sais vraiment pas. Ça a coûté un peu plus d'argent et on l'utilise très, très peu. Alors on vit avec, je ne peux pas en dire plus. Ça donne de la flexibilité, mais une fois qu'on a dit ça, on ne l'utilise pas souvent.»




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