Construction en zone inondable: Deshaies et Michaud restent sur leur position

C'est à cet endroit que Serge Vallières va... (François Gervais)

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C'est à cet endroit que Serge Vallières va construire une résidence.

François Gervais

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) La forte crue printanière de 2017 n'ébranle en rien les convictions d'Yvon Deshaies et de Roger Michaud à propos des règlements de construction en zone inondable. Les maires de Louiseville et de Maskinongé croient toujours que certains règlements devraient être modifiés afin de réduire les restrictions imposées aux projets de construction résidentielle.

En décembre, Le Nouvelliste révélait qu'une coalition de différentes municipalités bordant le lac Saint-Pierre se préparait à défendre ce point de vue devant le gouvernement du Québec. Avec les récentes inondations, Québec annonce qu'une réflexion devrait être lancée sur l'aménagement du territoire en zone inondable. Selon M. Deshaies, le gouvernement devra aussi faire preuve de logique dans l'application de ses propres décisions.

«Le gouvernement a accordé à la Ville de Louiseville des subventions pour amener l'eau et les égouts au lac Saint-Pierre. Est-ce que le gouvernement est conséquent? Il y a deux ou trois terrains vacants actuellement au lac et les gens ne peuvent pas se bâtir. L'eau est là, les égouts sont là, mais vous n'avez pas le droit de vous bâtir!»

Roger Michaud est contre l'idée d'ériger de nouvelles maisons dans la zone inondable ayant la cote de récurrence d'inondation de 0-2 ans. Mais pour la zone allant jusqu'à 20 ans, il comprend mal l'interdiction de bâtir.

«Quand une route est déjà là et que l'eau passe, pourquoi ne pas avoir le droit de bâtir?, se questionne le maire de Maskinongé. Tu t'installes à une hauteur précise et c'est réglé. Je veux avoir le droit de bâtir. On a des demandes pour ces secteurs. Le taux de taxation, c'est notre source de revenus.»

M. Michaud rappelle qu'une maison érigée près d'une rivière à risque de déborder peut être à l'abri d'une inondation si elle est bâtie sur un terrain aménagé en conséquence.

«Si la maison est à six pieds de hauteur et que l'eau monte d'un pied sur ton terrain, il n'y a aucune inondation. Et aucune réclamation. Il ne faut pas avoir peur. Il faut être logique.»

Serge Vallières n'est pas du tout impressionné par la période d'inondation actuelle. Ce résident de Louiseville, qui a livré une bataille juridique contre la Ville de Louiseville pour récupérer son permis de construction au lac Saint-Pierre, amorce son chantier dès la semaine prochaine pour une résidence évaluée à 250 000 $.

«L'eau a déjà monté plus haut, c'est juste que la période d'inondation dure plus longtemps cette année. Ça ne m'inquiète pas du tout. Je vais remonter mon terrain à la même hauteur que mes voisins. Avec les fondations, la maison sera à trois pieds plus haut que le niveau du sol. Quand tu t'installes comme il faut, tu n'as pas d'eau.»

Yvon Deshaies avait appuyé Serge Vallières dans sa requête contre la Ville de Louiseville. Selon lui, les gens qui veulent s'installer dans des zones comme le lac Saint-Pierre savent comment s'organiser.

«J'aimerais qu'on permette de bâtir en zone inondable, mais avec ce qu'on a vécu cette année, ça va être plus difficile de convaincre le gouvernement. Mais cette année, on fait face à une situation exceptionnelle. Est-ce qu'on va fermer Pierrefonds, Rigaud?»

Le fait que de grandes villes sont touchées par les inondations de 2017 a influencé le gouvernement, estime Roger Michaud.

«L'eau a été plus haute en 1998 et en 1976. Mais cette année, Montréal a été inondée, Laval et Gatineau ont été inondées. Si ça n'avait pas été le cas, l'armée n'aurait jamais débarqué à Maskinongé. J'espère que le gouvernement ne prendra pas de règlement par rapport à ce qui s'est passé à Montréal.»

Ce mouvement est une initiative de la Municipalité de Saint-Barthélemy qui conteste les cotes d'évaluation d'inondation. Le maire Jacques Patry souhaitait arriver avec une stratégie définie au printemps, mais les inondations ont bousculé les plans. Ces inondations ne changent pas la position de la Municipalité.




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