Sensationnalisme entourant les inondations: Pierre Giguère se questionne

Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère (au centre),... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère (au centre), lors du passage du ministre de la Sécurité publique à Shawinigan, le 2 mai.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Ajoutez le nom du député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, à ceux qui ont ressenti un certain malaise dans le traitement de l'information sur les inondations dans la région. Sa réflexion rejoint un peu celle du maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, exprimée dans nos pages en fin de semaine.

On ne pourra certainement pas accuser le député de Saint-Maurice d'avoir profité de cette crue des eaux pour s'exposer au cours des derniers jours. Sa principale apparition sur le sujet est survenue au début de la crise, lors de la visite à Shawinigan du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, le 2 mai.

Ce dernier avait alors livré le message du gouvernement et adopté un ton rassurant sur les programmes d'aide disponibles. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, avait également participé à ce point de presse. M. Giguère était demeuré un peu en retrait et n'avait pas pris la parole.

Le député reconnaît que le dosage idéal entre l'empathie et la surexposition demeure une science bien inexacte pour un politicien. Il fait remarquer que le comté de Saint-Maurice effleure à peine le secteur Beau-Rivage, davantage rattaché à Laviolette. Il s'y est quand même rendu trois fois, le plus souvent à l'abri des caméras. Dans son comté, quelques résidences du chemin de la Baie, à Saint-Boniface, y ont particulièrement goûté.

En tant que député parrain du comté de Nicolet-Bécancour, M. Giguère s'y est aussi rendu une fois pour constater l'ampleur des dommages. 

«J'ai été plus discret», commente-t-il. «J'ai été quelques fois sur le terrain, mais c'est tout. J'ai eu un questionnement. Honnêtement, moi aussi je trouvais ça un peu alarmiste, mais je ne connais rien dans ça. Le fleuve qui doit monter, les grosses marées... J'ai posé des questions. Habituellement, ça montait d'un pied et demi. Cette fois, ça ne pouvait pas monter autant parce que le fleuve débordait. Il était plus large; le bassin d'eau était beaucoup plus grand, alors ça devait monter moins!»

«C'est important que les politiciens soient là, mais la ligne est tellement mince», reconnaît-il. «Le premier ministre est venu et c'était important qu'il vienne. Dans Maskinongé, c'était vraiment majeur. Il voulait venir à Shawinigan, mais je lui ai dit que les citoyens étaient pris en main par la Ville, qui faisait un excellent travail avec la Sécurité civile.»

Bilan

Le maire de Bécancour se questionnait, en fin de semaine, sur la «dimension spectacle» de ce printemps quand même peu ordinaire, déplorant notamment les scénarios apocalyptiques relayés à partir de prévisions météorologiques sur des précipitations qui ne se sont finalement pas révélées aussi abondantes que prévu, particulièrement au cours de la dernière semaine.

Si le maire de Bécancour ne pointait pas les médias en particulier, le député de Saint-Maurice croit qu'ils devraient se livrer à un bilan après la crise, au même titre que les politiciens et les divers intervenants. Ceci dit sans minimiser l'ampleur du drame vécu par certaines familles.

«Malheureusement, avec les médias sociaux, c'est rendu sensationnaliste», déplore-t-il. «Je trouve ça malheureux. Que les gens soient informés, c'est important. Mais je trouvais ça un peu alarmiste.

Je sais que certains secteurs, comme à Trois-Rivières-Ouest ou à Maskinongé, n'étaient pas habitués à être inondés. Mais dans mon comté et dans celui de ma voisine, les gens étaient habitués. Ils ne paniquaient pas. L'eau était un peu plus haute que d'habitude, mais les médias en parlaient comme si c'était la fin du monde.»

M. Giguère a donc pris un peu de recul et il a voulu éviter de jouer dans cette surenchère d'information.

«Je n'ai pas mis mes bottes d'eau une fois», fait-il remarquer. «Des médias m'ont demandé de les apporter à Shawinigan, mais je ne l'ai pas fait. Il n'était pas question que je mette des bottes d'eau. Ce qui m'intéresse au bout, c'est que le citoyen ait le service.»

D'ailleurs, des employés de son bureau ont justement participé à une conférence téléphonique, lundi, pour bien orienter les gens à travers les méandres des programmes d'aide disponibles au cours des prochaines semaines.




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