Moisissures après les inondations: trouver vite et bien le bon entrepreneur

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Après la menace de l'eau arrive bientôt le danger des moisissures.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

Après avoir lutté sans répit contre l'invasion de l'eau dans leurs maisons, les victimes des inondations devront peu à peu mettre les pieds dans un autre genre de guerre et agir très rapidement contre la prolifération des moisissures.

Éliminer les moisissures après des inondations d'une telle ampleur pourrait nécessiter l'intervention de professionnels dans bien des cas. Or, l'Association des microbiologistes du Québec craint de voir proliférer des entrepreneurs peu scrupuleux qui poseront «de faux diagnostics de moisissures et de champignons pour soutirer des milliers de dollars à leurs clients».

Patrick Paquette, président de l'AMQ, indique qu'au départ, au moment de choisir une entreprise pour prévenir l'apparition de moisissures et nettoyer, «il faut avoir les bons devis et exécuter les bons travaux», plaide-t-il.

C'est pourquoi ce dernier propose de faire affaire, en tout premier lieu, avec une firme qui compte des microbiologistes reconnus, et ce, dès que l'eau se sera retirée. «La quantité d'eau, la vitesse à laquelle elle se résorbe et le temps que l'inondation a duré sont tous des facteurs qui vont conditionner le devis.»

Dès qu'on a ciblé une firme de nettoyage, dans le bottin, dit-il, il faut lui demander s'il y a un microbiologiste parmi ses employés et vérifier si ce microbiologiste fait partie de la liste des membres de l'AMQ. Il suffit d'aller sur le site www.microbiologistes.ca et cliquer sur l'onglet «Registre», en haut de la page d'accueil pour vérifier.

Dans un second temps, «il faut aussi s'assurer que le microbiologiste qui fait l'évaluation n'est pas celui qui fait les travaux parce que là, on a un risque de conflit d'intérêts», explique M. Paquette. Une fois l'évaluation en main, ajoute-t-il, on peut demander une soumission à trois entrepreneurs.

Pour un propriétaire aux prises avec la catastrophe, une démarche aussi complexe peut tenir de l'acrobatie. M. Paquette estime malgré tout que c'est la bonne façon de se protéger.

C'est que certaines entreprises offrent des services clef en main et feront l'analyse microbiologique en plus du nettoyage. Or la profession de microbiologiste «n'est pas encadrée», explique M. Paquette. Il n'y a pas d'ordre professionnel. «Quelle garantie ai-je, à ce moment-là, que les problèmes qu'il a trouvés sont vraiment là?», fait valoir le président de l'AMQ.

M. Paquette signale que les membres de l'AMQ, eux, «s'engagent à respecter un code de déontologie et à mettre la protection du public au coeur de leur pratique». M. Paquette indique qu'on peut aussi contacter la Régie du bâtiment pour vérifier si l'entrepreneur qui fera les travaux a vraiment ses cartes de compétence.

L'Office de la protection du consommateur, avec qui Le Nouvelliste a communiqué lundi, indique qu'il «ne dispose pas de l'expertise requise pour se prononcer sur la recommandation d'embaucher un microbiologiste». 

L'OPC ajoute qu'il est toutefois possible de s'en référer aux assurances car elles «font régulièrement affaire avec ce genre d'entreprises et peuvent faire des recommandations aux assurés à l'égard des certifications crédibles dans les cas de restaurations après un dégât d'eau».

Avant d'embaucher un commerçant, on peut aussi aller sur le site www.opc.gouv.qc.ca/se-renseigner afin de vérifier si l'entreprise en question possède un permis ou si elle a reçu des plaintes. On peut aussi consulter le Registraire des entreprises www.registreentreprises.gouv.qc.ca pour en savoir plus sur l'entreprise.

L'OPC rappelle que «si des entreprises sollicitent les sinistrés de porte en porte, elles doivent obligatoirement détenir un permis de commerçant itinérant de l'OPC», car cela implique qu'elles ont versé un cautionnement pour indemniser les consommateurs en cas de problème.

«Il pourrait être prudent de ne pas signer avec le premier commerçant venu, de faire des vérifications et d'obtenir plus d'un avis. Malgré l'urgence, il faut prendre le temps de faire les bons choix», plaide l'OPC.

Rappelons qu'une contamination par les moisissures est dangereuse pour la santé et que les travaux de restauration après sinistre doivent être pris très au sérieux.

«Ce sont de grosses démarches, mais on parle aussi de beaucoup de sous. Ce sont des milliers de dollars», plaide Patrick Paquette «et la majorité des gens n'ont pas d'assurance privée pour couvrir ces travaux-là».




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