Une première porte ouverte au Centre culturel musulman de Shawinigan

Abdoulaye Souley, président du Centre culturel musulman de... (François Gervais)

Agrandir

Abdoulaye Souley, président du Centre culturel musulman de Shawinigan.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Maintes fois annoncée mais encore jamais organisée, la première activité porte ouverte du Centre culturel musulman de Shawinigan se tiendra finalement le 20 mai, à la mosquée de l'avenue Saint-Marc. Une occasion d'échanges sans prétention qui visera à renforcer les liens avec une communauté qui, somme toute, a bien accueilli les pratiquants de l'islam.

Le Centre culturel musulman de Shawinigan est arrivé sur l'avenue Saint-Marc au printemps 2015, après une houleuse controverse. Quelques mois plus tôt, le conseil municipal avait entrepris une modification au zonage pour permettre l'établissement d'une mosquée dans le parc industriel Albert-Landry, dans le secteur Shawinigan-Sud. Lors de la démarche d'approbation référendaire précédant l'adoption du nouveau règlement, personne ne s'était opposé dans le secteur concerné.

Le 10 février 2015 toutefois, lors d'une séance publique mémorable, le conseil municipal décidait de reculer et de ne pas accorder la demande de modification de zonage. Des citoyens s'étaient déplacés à l'assemblée pour étayer leurs craintes. Un peu plus tard, le maire, Michel Angers, avait confié que des gens avaient communiqué leur peur aux élus, même si personne n'avait effectué de démarche pour contrer la modification au zonage pour l'établissement de cette mosquée.

Les attentats chez Charlie Hebdo avaient peut-être teinté l'ambiance, puisque deux mois plus tard, l'avenue Saint-Marc accueillait la nouvelle mosquée dans l'indifférence générale, dans un secteur où le zonage permettait déjà des activités religieuses.

Les leaders de la communauté musulmane promettaient déjà, à ce moment, une activité porte ouverte pour démystifier leur pratique. Au fil des mois, les crocs-en-jambe des djihadistes de l'État islamique et plus récemment, les terrifiants attentats à une mosquée de Québec ne favorisaient pas une initiative semblable. Abdoulaye Souley, président du Centre culturel musulman de Shawinigan, considère maintenant que le fruit est mûr.

«On l'a toujours annoncé, mais on manquait de temps», explique-t-il. «Là, on s'est dit que c'était un bon moment.»

Les curieux sont donc attendus le 20 mai, entre 10 h et 17 h.

«C'est ouvert à toute la population», explique M. Souley. «Après deux ans, il est temps qu'on fasse l'activité. Il reste encore probablement des gens qui ne sont pas au courant, qui se posent des questions. C'est donc le moment d'inviter tout le monde pour discuter. Après les événements de Québec, nous avons aussi senti un mouvement de sympathie.»

«Beaucoup de gens nous demandent encore si la mosquée est accessible», enchaîne le porte-parole. «Pour casser certains préjugés, on s'est dit qu'on devrait organiser une journée porte ouverte, où ceux qui ne nous connaissent pas pourront se présenter. Nous voulons briser la glace! Les gens sont les bienvenus. C'est un peu comme dans une église: pas besoin d'être membre pour franchir la porte! C'est pareil pour une mosquée.»

Des collations seront servies lors de cette activité. Des tables sont prévues pour permettre aux visiteurs de s'installer et de poser leurs questions. 

Difficile de prédire, pour le moment, si cette porte ouverte s'inscrira dans le cadre d'un rendez-vous annuel.

«On verra le succès de la journée», réfléchit M. Souley. «Si le besoin s'en fait sentir, on n'aura aucun problème à en faire un événement qui reviendra chaque année. Nous allons tâter le terrain, poser des questions pour savoir ce que les gens aimeraient.»

En croissance

La croissance de CGI au centre-ville de Shawinigan fait grossir les rangs de la communauté musulmane. M. Souley estime maintenant à une soixantaine le nombre de fidèles au Centre-de-la-Mauricie, dont au moins les deux tiers sont considérés comme des pratiquants assidus sur l'avenue Saint-Marc. En deux ans, cette communauté a presque triplé à Shawinigan.

«Nous avons beaucoup de gens qui arrivent du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie», énumère M. Souley. «Nous savons que des écoles accueillent de plus en plus d'enfants d'immigrants.»

Les soupers communautaires, organisés le dernier samedi de chaque mois, reçoivent aussi un bel accueil. Une quarantaine de personnes, musulmanes ou non, se réunissent alors dans un esprit de partage.

Tout compte fait, après un lancement pour le moins fertile en rebondissements, la mosquée de Shawinigan s'est finalement très bien intégrée, se réjouit M. Souley.

«La controverse est vraiment derrière nous», assure-t-il. «Nous n'avons que du positif. L'avant a été difficile, mais aujourd'hui, on fait vraiment partie du paysage de Shawinigan. On ne se rappelle plus vraiment des mauvais souvenirs; on va de l'avant!»




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer