C'est la faute à La Niña

Le professeur Ali Assani de l'UQTR.... (François Gervais)

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Le professeur Ali Assani de l'UQTR.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le professeur Ali Assani de l'Université du Québec à Trois-Rivières savait déjà depuis six mois que le Québec ne l'aurait pas facile ce printemps.

«Ce type de temps d'inondations est toujours associé au phénomène de La Niña», explique-t-il. «Nous vivons une année La Niña. C'était exactement le même cas en 2008», raconte ce spécialiste de l'hydrogéologie au département des sciences de l'environnement.

Ceux qui s'étaient arraché le coeur à pelleter leur toiture, cette année-là, se souviendront certainement de l'hiver 2008. «La majorité des villes du Québec ont eu l'un des hivers les plus neigeux de leur histoire», rappelle le site web de MétéoMédia, «le plus neigeux en 60 ans d'histoire».

Or, c'était un hiver La Niña, rappelle le professeur Assani.

Contrairement au courant El Niño, qui entraîne de la sécheresse au Québec, La Niña «est un courant marin froid qui provoque beaucoup de précipitations», le tout accompagné de températures froides, précise-t-il.

Normalement, durant une année La Niña, comme cette année, «on reçoit beaucoup de quantités de neige en hiver accompagnée de beaucoup de précipitations au printemps», dit-il. Depuis 1950, le Québec n'a enregistré que 10 événements La Niña, dit-il. Le printemps 2017 sera le dixième de la liste. «À chaque année associée à La Niña, les débits printaniers sont toujours très élevés», dit-il.

Sauf qu'en 2008, malgré une quantité record de neige reçue, le Québec n'avait pas été inondé comme il l'est présentement. Pourtant, il était tombé plus de neige que cette année, signale le chercheur.

Ce dernier en conclut que «la dynamique de La Niña a probablement changé».

Et si elle a changé, dit-il, c'est à cause du climat. «C'est probablement à cause de l'augmentation de la température. Les précipitations tombent plus maintenant sous forme de pluie au printemps», constate-t-il, au lieu de tomber sous forme de neige.

«C'est une hypothèse», précise-t-il, car «La Niña est généralement associée à des températures froides au printemps. Dans ce cas, la fonte de la neige est progressive. C'est ce qui ralentit les inondations, explique-t-il.

«Le fait qu'il pleuve beaucoup indique probablement une augmentation des températures», analyse-t-il. «Et quand il fait chaud, la fonte de la neige est rapide», fait-il valoir. Quand on ajoute à cela un apport soutenu en pluie, ça peut donner des situations pour le moins dramatiques pour le Québec, explique-t-il.

Cette augmentation des quantités de pluie représente une tendance que les chercheurs observent depuis une dizaine d'années, indique-t-il. 

Si cette tendance s'avère, comme le laissent croire les observations des scientifiques, une prochaine année de La Niña pourrait être tout aussi difficile que cette année. «On doit s'attendre à ça», indique le spécialiste. «Si l'on a un autre événement La Niña, on va être inondé, c'est certain», prévient-il.

La Niña revient environ une ou deux fois aux 10 ans, indique le professeur Assani. «De plus en plus, toutes les données démontrent que lorsqu'il y a un événement La Niña, le risque d'inondations est très élevé», résume-t-il.

On ne peut pas prévoir ce phénomène avec exactitude, dit-il, «mais on peut prévoir les risques» et prévoir le coup au moins six mois à l'avance puisque la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) publie des données chaque année indiquant quand la redoutée Niña est pour revenir.




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