La générosité à l'état pur

Émy-Maude et son père Joël Delangis sont venus... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

Émy-Maude et son père Joël Delangis sont venus de Joliette pour aider les sinistrés de Yamachiche.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) C'est dans des moments difficiles que la population se serre les coudes. Les exemples de générosité envers des voisins ou des gens totalement inconnus sont nombreux. Dimanche matin, une petite famille était partie de Joliette pour venir aider les citoyens de Yamachiche.

Stéphanie Martel et Claudia Lesmerises étaient fatiguées, mouillées... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Stéphanie Martel et Claudia Lesmerises étaient fatiguées, mouillées et gelées, mais ne baissaient pas les bras.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

La petite Émy-Maude, presque trois ans, utilisait sa pelle en plastique pour remplir des sacs de sable destinés à protéger les résidences du chemin Louis-Gatineau, à Yamachiche. Même si elle avait du sable partout sur ses mains, elle affirmait ne pas abandonner. 

Cette petite accompagnait ses parents, Marie-Christine Laporte et Joël Delangis, partis de Joliette simplement pour aider leur prochain.

«On ne connaît personne ici, mais on voulait aider les sinistrés. Nous avons appelé à la Municipalité et ils nous ont dit qu'on pouvait remplir des sacs de sable», expliquait Mme Laporte. «Si on est mal pris un jour, ça va sûrement nous revenir.» 

L'expérience demandait une bonne dose de travail physique, mais apprenait aussi la générosité à la petite Émy-Maude. «Elle était contente de venir aider comme la Pat'Patrouille, cette émission de télévision que les enfants aiment tant», soulignait sa mère quelques instants avant que la fillette montre fièrement son chandail de la populaire brigade canine.

Des sinistrés fatigués et résignés

Mouillée et glacée, Stéphanie Martel s'affairait avec son conjoint à transporter des sacs de sable pour protéger leur chalet de Yamachiche. Elle avouait être fatiguée, mais elle n'était pas découragée. «Qu'est-ce qu'on peut faire?», disait-elle en ajoutant que les forts vents de dimanche compliquaient grandement la situation. 

Le canoë dans lequel le couple transportait des sacs de sable a coulé; rien pour améliorer la situation. «On va retrouver notre canot lorsque l'eau va se retirer», ajoutait Mme Martel impuissante.

Gilles Audet, un autre résident de Yamachiche, observait les importantes vagues de dimanche avec une certaine inquiétude. Il sait que de grosses vagues peuvent être dommageables pour les bâtiments, désormais très proches du fleuve. Pour la première fois en 17 ans, soit depuis qu'il habite à cet endroit, son garage est inondé. 

«Il y a des choses plus graves, comme le cancer», affirmait-il. «Nous n'avons pas le choix de vivre avec.»

Les vagues étaient également très fortes dans le secteur de Port-Saint-François à Nicolet. Le muret qui sépare la berge des terrains était entièrement inondé. Lionel Désilets ne voulait pas courir le risque, alors que les autorités de Nicolet envisageaient une inondation complète du secteur. 

«J'ai mis des sacs de sable partout pour protéger les ouvertures de la maison. Les pompiers pensaient qu'on serait entièrement dans l'eau dimanche. Heureusement, ce n'est pas arrivé», confiait-il.

De l'aide psychosociale offerte

Pour certaines personnes, les inondations sont une réalité depuis cinq semaines. C'est notamment le cas des résidents de la route de la Langue-de-Terre à Maskinongé. Le poids des épreuves et la fatigue peuvent être lourds pour certains sinistrés. 

Conscients que des résidents peuvent présenter des signes de détresse psychologiques, des policiers, des membres des Forces armées, des pompiers ainsi que des intervenants de la santé sont allés ce week-end à la rencontre des citoyens sinistrés. Ils allaient discuter avec eux pour leur donner de l'information sur l'aide disponible et les ressources à leur disposition. 

«Des intervenants utilisent des bateaux pour se rendre chez des sinistrés inondés depuis longtemps», soulignait Sébastien Doire, directeur régional de la Sécurité civile. 

Les personnes sinistrées ayant besoin d'aide psychologique ou sociale peuvent communiquer avec le 811 et composer ensuite le 2. Des services sont disponibles pour venir en aide aux personnes présentant des signes de détresse.

«On demande aux gens témoins de détresse psychologique de rapporter les situations auprès de leur municipalité ou de faire le 811 pour que ces gens aient de l'aide.»

Des difficultés rencontrées

Les opérations sur le terrain sont aussi confrontées à des difficultés, comme ce fut le cas dimanche matin à Yamachiche alors que la route a cédé sous le poids d'une chargeuse de la municipalité transportant des sacs de sable. 

Inondé depuis un bon moment déjà, le chemin de la Tranchée-d'Isaïe à Yamachiche, une route près du chemin Louis-Gatineau, s'est effondré sous le poids d'une chargeuse. La machinerie lourde est demeurée coincée durant un bon moment. Une pelle rétrocaveuse a été nécessaire pour sortir la chargeuse de sa fâcheuse position. 

Par la suite, la Municipalité a dû utiliser des embarcations et un ponton pour acheminer les sacs de sable aux sinistrés. 

En terminant, la Sûreté du Québec était encore plus présente sur le terrain ce week-end. 

Le corps policier a presque triplé ses effectifs afin de décourager d'éventuels voleurs de s'en prendre aux résidences inondées.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer