Un peu de répit avant la pluie

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Gérard Demers donnait un coup de main pour amasser des débris au Club Multivoile 4 Saisons.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le beau temps qui a régné de mercredi après-midi à jeudi soir a permis à la région de reprendre son souffle en attendant le retour de la pluie qui s'acharne en cette intense période de crue des eaux.

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Camil Lagacé utilise sa salopette imperméable pour rejoindre sa maison.

François Gervais, Le Nouvelliste

Chantal Trottier montre le haut niveau d'eau que... (François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.1

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Chantal Trottier montre le haut niveau d'eau que l'on peut apercevoir à l'île Valdor.

François Gervais, Le Nouvelliste

Le niveau du fleuve Saint-Laurent diminue. Même constat pour la rivière Saint-Maurice.

«Ça se stabilise, souligne Thomas Blanchet, porte-parole de la Sécurité civile. Le niveau du fleuve et de la rivière Saint-Maurice demeure élevé, mais on voit une légère baisse. Le niveau des rivières devrait continuer de baisser.»

De l'eau recouvre des routes et des terrains à Parent, résultat de la fonte des neiges. La rivière Saint-Maurice a légèrement baissé à la hauteur de La Tuque. Le niveau de la rivière Croche avait augmenté mercredi, mais est redescendu durant la journée de jeudi.

Peu de changement à noter dans la région de Shawinigan. La situation demeure critique, mais n'empire pas, selon la Sécurité civile.

Malgré la pluie attendue vendredi, le niveau des rivières ne devrait pas remonter. C'est le fleuve Saint-Laurent qui devrait vivre plus de mouvement, car les vents annoncés pour vendredi devraient influencer son niveau à la hausse.

«C'est surtout le fleuve qui est plus critique, ajoute M. Blanchet. Les municipalités riveraines du fleuve ont un potentiel de débordement. Selon les prévisions météo, on attend entre 20 et 40 mm de pluie sur trois jours. On va sentir l'impact de la pluie samedi et dimanche.»

Les résidents du secteur de l'île Valdor à Champlain n'ont pas besoin de ce potentiel de débordement par les temps qui courent. Le printemps 2017 sera assurément gravé dans les mémoires: l'eau s'accumule par dizaines de centimètres dans le secteur situé à proximité du fleuve, si bien que l'eau passe près d'entrer dans certaines demeures. Les salopettes imperméables sont à la mode pour circuler.

«Dans la partie la plus basse du chemin, il y a trois pieds d'eau. On avait connu une situation semblable en 2008, 2009, mais ça avait duré deux jours, en mai. Cette année, ça fait maintenant 10 jours que ça dure et il reste au moins 10 jours», prévoit Camil Lagacé, un résident du secteur depuis neuf ans, dont la maison sur pilotis est à l'abri des inondations.

Selon des voisins de M. Lagacé, une telle inondation n'a pas été vécue depuis près de 20 ans. Chantal Trottier, qui y possède une résidence secondaire, confirme les dires de M. Lagacé.

«C'est un gros débordement. Tout ce qu'il y a sur le terrain flotte. On a de l'eau jusqu'à la ceinture.»

Mme Trottier se dit bien consciente que des risques viennent avec le fait de vivre près d'un cours d'eau. Elle croit néanmoins que la Municipalité de Champlain devrait mieux communiquer les différentes informations reliées à une situation qu'elle qualifie d'exceptionnelle.

«J'aurais aimé avoir une ligne d'urgence pour nous orienter. La Municipalité devrait être plus proactive sur Internet ou par les réseaux sociaux pour informer les citoyens sur son plan d'urgence.»

M. Lagacé est davantage préoccupé par le fait que le niveau d'eau sur la rue des Oblats empêche les véhicules d'urgence de circuler. Les ordures ne sont pas collectées depuis quelques jours et un camion de pompiers ne peut y avoir accès dans les conditions actuelles.

«S'il y a un incendie dans une maison, les pompiers devront s'y rendre par tracteur, confirme Jean Houde, directeur général et coordonnateur des mesures d'urgence de la Municipalité de Champlain. Dans le chemin, l'eau monte à trois pieds pendant la marée haute. Ça devient assez difficile. On a hâte que ça se termine.»

Concernant les doléances de Mme Trottier sur la façon d'informer les citoyens, Jean Houde rappelle l'existence de programmes d'aide, mais que la Municipalité n'a reçu aucune demande en ce sens.

«On n'a pas eu d'appel pour intervenir ou fournir des équipements. Personne n'a fait de requête pour avoir des sacs de sable. Les gens de ce secteur sont là de longue date et s'entraident», raconte M. Houde, qui convient que le site Internet de Champlain pourrait fournir les mesures d'urgence de la Municipalité et des numéros de téléphone pour orienter les gens.

Stabilité à Trois-Rivières

À Trois-Rivières, la situation était stable jeudi, même si le niveau du fleuve Saint-Laurent était toujours très haut. Plusieurs rues résidentielles des secteurs Trois-Rivières-Ouest et Pointe-du-Lac étaient toujours inondées, mais le service des incendies ne notait pas de hausse du niveau de l'eau par rapport à la veille.

«Nous avons certaines résidences qui ont demandé à ce qu'on assure une surveillance un peu plus accrue, et nous avons aussi eu besoin de fournir davantage de sacs de sable aux résidents des secteurs touchés. Toutefois, la situation n'a pas empiré et nous n'avons pas eu à procéder à d'autres évacuations préventives», résume Rudy Hamel, chef de la section analyse de risque et sécurité civile pour la sécurité incendie de Trois-Rivières. 

Rappelons que dans la nuit de mardi à mercredi, deux résidences du secteur Pointe-du-Lac ont dû être évacuées puisque le fleuve menaçait davantage les terrains et les maisons.

Un glissement de terrain est survenu à Saint-Justin,... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 3.0

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Un glissement de terrain est survenu à Saint-Justin, jeudi.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Glissement de terrain à Saint-Justin

Un glissement de terrain est survenu jeudi après-midi sur la route du Bois-Blanc à Saint-Justin. Une maison est menacée par ce glissement, si bien que ses deux occupants ont été évacués par mesure préventive.

La 349 rouverte

La route 349 à Saint-Paulin est rouverte à la circulation. L'eau de la rivière du Loup s'est résorbée jeudi midi, ce qui fait que les petits véhicules peuvent de nouveau emprunter cette portion de route.

Avec la collaboration de Paule Vermot-Desroches

Nicolet en mode surveillance

«On a fait le tour de nos différents sites. L'eau a baissé, c'est rassurant, mais en même temps, on sait ce qui s'en vient. On est à demi-content.»

Voilà comment la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, a décrit la situation, jeudi, par rapport au débordement du fleuve Saint-Laurent qui n'a encore provoqué aucune évacuation. D'ailleurs, l'amélioration du niveau de l'eau aura permis une opération de nettoyage des débris, facilitant ainsi la circulation.

«On se remet à la production de sacs de sable après en avoir écoulé plus de 500. Les gens sont prévoyants, c'est parfait», a-t-elle ajouté.

Au cours des prochains jours, la Ville maintiendra toutes ses pompes auxiliaires «qui fonctionnent à plein régime» et toutes ses équipes de jour, de soir et de nuit. «On est vraiment en mode surveillance pour les prochains jours. Je pense que les prévisions de pluie ont été revues à la baisse, ce qui n'est pas une mauvaise nouvelle en soi», poursuit Mme Dubois.

Celle-ci souligne que les pompiers continuent leur tournée des résidences vulnérables, histoire de s'assurer que personne n'a besoin d'aide.

«La Ville s'est inscrite au décret auprès de la Sécurité civile pour les municipalités qui sont touchées par les mesures d'urgence. On va inviter les gens à garder leurs factures de dépenses en lien avec les inondations parce qu'ils pourront faire des réclamations au ministère, pas à la Ville», a-t-elle conclu.

Marc Rochette




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