Quand le fleuve frappe à la porte

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Noémie Baron a été évacuée dans la nuit de mardi à mercredi, alors que les vagues du fleuve venaient jusqu'à la porte de la maison.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Le réveil a été brutal pour Noémie Baron et sa mère dans la nuit de mardi à mercredi. Les deux femmes qui résident dans une maison de la rue Notre-Dame Ouest à Pointe-du-Lac ont été réveillées par le bruit des vagues qui venaient jusqu'à leur porte arrière. Au beau milieu de la nuit, Noémie et sa mère ont été évacuées par le service des incendies.

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Donat Provencher a déjà installé des sacs de sable en prévision de la montée de l'eau sur le chemin de l'Île-Saint-Eugène.

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Le chemin de l'Île-Saint-Eugène, dans le secteur Pointe-du-Lac, est impraticable à plusieurs endroits.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

«J'entendais les vagues qui tapaient jusque dans la porte. Quand j'ai vu ça, j'ai aussi vu que le terrain s'était affaissé. On a eu très peur», raconte Noémie. Sa mère note également qu'un arbre venait d'être complètement déraciné et emporté par le courant, de même qu'une échelle qui avait été rangée contre le mur derrière la maison.

«On a appelé le 911, mais la personne au téléphone nous a indiqué qu'elle ne pouvait rien pour nous, qu'il fallait qu'on appelle la Municipalité. Elle nous a référées au 411. On a commencé à téléphoner à droite et à gauche. Ça a pris un bon moment avant de pouvoir joindre quelqu'un. Les pompiers sont arrivés environ une heure après, ils venaient juste d'avoir l'information», déplore Noémie Baron, qui croit que son appel au 911 aurait dû être transféré aussitôt vers les autorités compétentes.

Devant l'ampleur de la situation, les pompiers ont procédé à l'évacuation préventive et ont emmené les deux femmes dans un hôtel, à quelques kilomètres de là. Mercredi midi, elles ont reçu le feu vert pour retourner à la maison, puisque l'eau avait baissé.

Toutefois, Noémie et sa mère planifient déjà de déménager, car elles ne souhaitent plus revivre une telle situation. D'ailleurs, les vagues encore très hautes continuent d'éroder le terrain, d'où sont maintenant visibles de nombreuses racines. Les occupantes de l'endroit, qui sont locataires, craignent que le terrain ne s'affaisse encore plus.

«On a mis toutes nos choses importantes dans la voiture, les photos de famille, les papiers importants. On va amener ça ailleurs. Pour le reste, ce qu'on va laisser ici c'est du matériel», évoque la jeune femme, qui indique que sa mère et elle se mettront désormais à la recherche d'un autre endroit où aller loger dans les prochaines semaines.

«On a eu très peur, c'est évident. L'eau, c'est tellement fort. C'est dommage parce que c'est tellement un beau coin, on avait une superbe vue avec un petit coin de plage. Mais je ne voudrais pas revivre ça», indique-t-elle.

Île Saint-Eugène

Du côté de l'île Saint-Eugène, dans le secteur Pointe-du-Lac, le chemin privé est inondé et, par endroit, impraticable pour les résidents. Donat Provencher, l'un d'eux, a déjà installé plusieurs sacs de sable fournis par la Ville aux abords de la porte de son garage pour éviter que l'eau n'entre chez lui si elle devait monter plus.

Ses voisins, pour leur part, ont mis en marche les pompes afin de vider l'eau qui entre dans les sous-sols de ces résidences construites en zone inondable.

«On n'avait pas vu ça depuis très longtemps, à cette hauteur-là», dit celui qui craint que la situation n'empire au cours des prochains jours, avec les pluies encore attendues ainsi que les marées.

M. Provencher ajoute que les résidents de ce secteur ont déjà fait parvenir une demande à la Ville de Trois-Rivières pour pouvoir être desservis par le réseau d'égout. Présentement, les résidents ont tous des fosses septiques mais une telle montée d'eau n'aide en rien les champs d'épuration.

«C'est fréquent ces jours-ci que ma toilette soit lente ou même qu'elle déborde. Ce n'est rien d'agréable. Nous espérons que notre demande sera entendue et que nous allons réussir à obtenir des subventions des gouvernements pour y parvenir», a indiqué M. Provencher.




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