Hydro-Québec contrôle ce qu'elle peut

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Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s'est déplacé à Shawinigan mardi matin pour constater de visu les sautes d'humeur de la rivière Saint-Maurice. Il était notamment accompagné du maire de Shawinigan, Michel Angers.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Bien qu'ils reconnaissent les circonstances exceptionnelles entourant le printemps de cette année, plusieurs riverains de l'avenue du Beau-Rivage et du chemin de l'Ermitage, à Shawinigan, questionnent la rapidité et surtout, l'efficacité de l'intervention d'Hydro-Québec dans la gestion de la spectaculaire crue printanière qui fait gonfler la rivière Saint-Maurice. La société d'État réplique en précisant que 60 % des apports d'eau naturels échappent à son contrôle.

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Jacques A. Chauvette, directeur, Production - Des Cascades chez Hydro-Québec.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Jacques A. Chauvette, directeur, Production des Cascades à Hydro-Québec, participait un peu en retrait au point de presse du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, mardi matin à Shawinigan. 

Tout près du poste de commandement aménagé à l'intersection de l'avenue du Beau-Rivage et du chemin des Bois-Francs, un inoffensif ruisseau s'est transformé en rivière depuis la fin de semaine, un indice parmi tant d'autres des effets de ce printemps peu commun.

M. Chauvette convient qu'il s'agit d'une situation délicate, mais les installations d'Hydro-Québec ne permettent de régulariser qu'environ 40 % des apports d'eau, précise-t-il.

«C'est la nature qui s'exécute», observe le gestionnaire régional. «On doit comprendre que le bassin versant de la rivière Saint-Maurice a la grandeur de la Suisse. Là-dessus, il n'y a que 40 % que nous pouvons régulariser. C'est-à-dire tout ce qu'il y a derrière le barrage Gouin et les barrages Manouane A, B et C, qui sont fermés depuis longtemps. Ce qui coule, c'est le 60 % du territoire où chaque cours d'eau ruisselle instantanément dans la rivière. Il n'y a pas de capacité de régularisation.»

En fait, M. Chauvette précise que les vannes du barrage Gouin sont fermées depuis le 5 avril et celles des barrages de la Manouane, depuis les 13 et 22 avril. Le directeur ajoute que les barrages Matawin, Mékinac et Rapide-Blanc sont exploités de façon à réduire «au minimum» les impacts plus au sud.

«Il y a un bon débit à la centrale du Rocher-de-Grand-Mère, mais elle pourrait en passer trois fois plus», rassure-t-il. «Les ouvrages ont une capacité énorme. C'est une crue de récurrence une fois par 20 ans. L'enjeu est de laisser passer ce débit vers le fleuve Saint-Laurent, mais cette eau crée des impacts.»

Le directeur régional rappelle que les accumulations du dernier hiver ont surpassé de 50 % la moyenne. Bien entendu, les fortes pluies des derniers jours corsent ce cocktail printanier. 

Mardi matin, un citoyen se demandait si Hydro-Québec pouvait «sacrifier» des secteurs moins populeux dans sa gestion. M. Chauvette balaie cette hypothèse du revers de la main.

«En aucune circonstance!», assure-t-il. «On laisse la nature passer. Si on fermait les vannes au barrage du Rocher-de-Grand-Mère, en deux heures, l'eau est passée par-dessus. Toute cette eau doit passer par Shawinigan, par La Gabelle. On achemine ce que la nature a donné et on essaie de se garder des réserves, mais avec autant d'eau, c'est difficile.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, sait très bien que les riverains devront encore retenir leur souffle au cours de la prochaine semaine. 

«Nous sommes inquiets pour mercredi et jeudi», commente-t-il. «Nous sommes en contact direct avec Hydro-Québec pour nous assurer qu'on pourra, à l'avance, prévoir une crue plus importante. Au moins pendant la prochaine semaine, il faudra surveiller la température, les dépressions et la pluie qui risquent de nous amener des difficultés. On surveille la situation d'heure en heure et l'ensemble des citoyens seront avisés au fur et à mesure d'un changement potentiel.»

Coiteux à Shawinigan

Mardi matin, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, est débarqué dans le même secteur à Shawinigan afin de constater la situation de visu. Il a fait le point avec le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, le maire de Shawinigan ainsi que des représentants de la Sûreté du Québec, de la Sécurité civile, du service de sécurité incendie et d'Hydro-Québec.

M. Coiteux semble satisfait de la réaction de la Ville de Shawinigan dans cette déveine. Lundi soir, les résidents des secteurs à risque ont été rencontrés au Club de curling de Grand-Mère, qui sera transformé en centre d'urgence au besoin.

«C'est une crue très importante, des circonstances assez exceptionnelles», concède le ministre. 

Pour le moment, M. Coiteux ne s'attend pas à ce que le gouvernement doive trouver des enveloppes d'urgence, au-delà de celles qui sont déjà prévues dans des situations semblables.

«Les mesures qui existent à l'heure actuelle fonctionnent très bien», assure-t-il. «Il n'y a pas lieu de les revoir. Partout où nous avons tenu des séances d'information, les citoyens ont été rassurés. Lorsque les demandes d'indemnisation sont faites, on les traite de façon diligente. Vraiment, nous avons les programmes en place pour faire face à la situation.»




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