Beau temps pour s'entraider

Michel Duval entouré de ses amis: Sylvain Morel,... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

Michel Duval entouré de ses amis: Sylvain Morel, James Ellis, Joël Pelletier, Jérôme Montembeault et Marc Montembeault.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le 17 mai 1974, Hydro-Québec devait ouvrir 18 vannes au barrage Grand-Mère en raison d'une spectaculaire crue des eaux, du jamais-vu depuis 1947. Le débit de la rivière atteignait 5150 mètres cubes à la seconde, une poussée qu'on n'observe qu'une fois à chaque période de 70 ans.

Réal Massicotte est prêt pour la grande vague.... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Réal Massicotte est prêt pour la grande vague. Avec l'aide d'amis, il s'est affairé à protéger sa maison de l'avenue du Beau-Rivage au cours des derniers jours.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Madeleine Béland tente de ralentir la poussée de... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.1

Agrandir

Madeleine Béland tente de ralentir la poussée de l'eau dans son sous-sol, un contexte qui lui rappelle tristement les inondations de mai 1974.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

L'accumulation d'eau avait forcé l'arrêt de production aux papeteries Belgo et Laurentide. Elle avait causé des ravages à Baie-de-Shawinigan, à la côte du Rocher de Saint-Boniface où une portion de la route 153 avait été submergée.

À l'entrée du village de Lac-à-Beauce, la route 19 s'était affaissée sur une trentaine de pieds. Entre Trois-Rivières-Ouest et le lac Saint-Pierre, plusieurs chalets avaient été inondés ou carrément emportés par le fleuve.

Shawinigan y avait particulièrement goûté à ce moment. L'avenue des Chalets avait été submergée. Une quarantaine de maisons et autant de résidences secondaires avaient été touchées, certaines devenant même irrécupérables. Des personnes avaient été hospitalisées en raison de choc nerveux ou même de crises cardiaques.

Dans son entrée en pente descendante qui donne accès au sous-sol, Madeleine Béland montre clairement les marques laissées sur un mur par le fameux printemps de 1974. Plus de 40 ans plus tard, l'avenue des Chalets est devenue l'avenue du Beau-Rivage et ces souvenirs lui reviennent en tête ces jours-ci.

«Il avait fallu s'en aller», raconte-t-elle. «Il y avait de l'eau dans la rue; les gens se promenaient en chaloupe! J'espère que cette fois, on ne se rendra pas jusque-là.»

Juste à côté, Sylvain Michaud sort une photo de sa cour arrière prise le 27 mai 2016 et reproduite sur une toile. Le paysage bucolique avec les premières pousses dans les arbres a laissé place à un envahisseur qui se trouve maintenant à une trentaine de pieds de la maison. Deux pompes fonctionnent à temps plein au sous-sol et le pire n'est peut-être pas passé.

Réal Massicotte, lui, est arrivé dans le secteur à pareille date l'an dernier. Lui non plus ne reconnaît pas le paysage. Comme plusieurs de ses voisins, il a reçu l'aide de sa famille et de quelques amis pour protéger sa demeure. Mardi matin, les employés municipaux veillaient au grain pour s'assurer que les sacs de jute et les tas de sable étaient généreusement distribués à l'entrée des propriétés à risque.

Entraide

Les mauvais hasards du destin stimulent souvent l'entraide. Michel Duval l'a savourée depuis dimanche, alors que plusieurs copains sont partis de Trois-Rivières et des environs pour venir donner un coup de main à leur ami en fauteuil roulant. Mardi, ses meubles étaient entreposés dans un camion, son quai était attaché et environ 175 sacs de sable protégeaient sa maison. Il se dit maintenant «prêt pour la vague».

«On est tellement bien reçus quand on vient le voir», sourit Sylvain Morel. Lui et James Ellis, Joël Pelletier, Jérôme Montembeault et Marc Montembeault en redemandaient en donnant spontanément un coup de main à d'autres résidents du quartier.

«J'aime mieux ça qu'un tremblement de terre», philosophe M. Duval. «Au moins, on peut se préparer! J'ai un très bon cercle d'amis. Je n'ai pas eu besoin de rien leur demander!»

Le canotier Mathieu St-Pierre a aussi reçu un bon coup de main des compagnons avec qui il travaillait sur les toitures avant le terrible accident en forêt qui l'a privé de ses jambes, en 2015. Les rénovations pour adapter sa maison à sa condition viennent d'être terminées et il espère que ces travaux d'amélioration de 260 000 $, dont 40 000 $ pour un ascenseur, ne subiront pas trop de dommages. 

«Il y a de l'eau sous le solage qui cherche à monter», observe-t-il. «J'ai deux pompes au sous-sol et pour le moment, elles fournissent.»

L'avenue du Beau-Rivage est séparée en deux par l'eau, rendant la circulation périlleuse. Sur la «rive ouest», Yves St-Jean et sa conjointe tentent de faire contre mauvaise fortune bon coeur.

«Samedi, l'eau a monté de 17 pouces», raconte-t-il. «Dimanche, ça s'est maintenu et lundi soir, ça a augmenté de quatre pouces. On réussit à contrôler l'eau, mais c'est limite. Nous avons perdu un quai.»

Roger Lavergne, président des Cataractes et des Rôtisseries Fusée, s'en tire un peu mieux. Sa maison étant surélevée, il bénéficie d'une enviable protection pour le moment. 

«Je peux pêcher de ma galerie!», sourit-il. «Je m'en tire bien pour l'instant. Mais un spa, c'est plus amusant avec de l'eau dedans que de l'eau autour! Disons que mes dommages sont pas mal limités comparativement à bien d'autres.»




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer