Vivre avec les inondations

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Les maisons de la Langue-de-Terre sont encerclées par l'eau depuis plus de trois semaines.

Olivier Croteau

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(Maskinongé) On risque de se souvenir longtemps du printemps 2017, alors que la région connaît une crue exceptionnelle. Depuis bientôt quatre semaines, les résidents de la route de la Langue-de-Terre à Maskinongé doivent vivre avec les inondations. Les hauts niveaux du lac Saint-Pierre et de la rivière Maskinongé ont transformé ce petit coin de paradis en petite Venise, pour le meilleur et surtout pour le pire. Et les importantes précipitations attendues en début de semaine risquent de compliquer davantage la vie de ces résidents.

Plus aucun véhicule ne peut se rendre sur cette route située en terre inondable. Les résidents de ce secteur stationnent leurs voitures à près d'un kilomètre et demi de là, où la route commence à être submergée par l'eau. La seule façon de s'y rendre, c'est en bateau. Lors de la visite du Nouvelliste samedi, une résidente attendait son transport. Son voisin venait la chercher avec un bateau. Malgré les inondations, elle gardait le sourire. «Nous habitons dans le plus beau coin. Mais nous devons composer avec les inondations à l'occasion», soulignait-elle. «Nous y goûtons cette année, mais nous n'avions pas eu d'eau depuis deux ans.»

L'équipe du Nouvelliste a dû, comme les résidents, prendre une embarcation pour se rendre sur place et constater la situation. Un des derniers pêcheurs commerciaux du lac Saint-Pierre, Florent Adam, s'est offert pour agir comme guide. Celui qui est chaque jour sur les eaux affirme que nous connaissons une saison des crues exceptionnelle. En se rendant sur le chemin de la Langue-de-Terre par la rivière Maskinongé, il était très difficile pour un non-initié de voir où est la limite normale du cours d'eau. Les champs et sous-bois avoisinants sont entièrement inondés.

Florent Adam craint que le pire soit à... (Olivier Croteau) - image 2.0

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Florent Adam craint que le pire soit à venir, alors que la région s'apprête à recevoir d'importantes quantités de précipitations.

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«Avec le coup d'eau qu'on attend en début de semaine, ça va être catastrophique», craint M. Adam. «Les niveaux de la rivière et le lac Saint-Pierre sont déjà très hauts. La nature est plus forte que nous. L'eau va continuer à monter.»

Sans relâche, les résidents de la Langue-de-Terre gardent le fort malgré les inconvénients. Samedi, plus de deux pieds d'eau recouvraient la route. Rares sont les parcelles de terre qui ne sont pas actuellement inondées. Si la majorité des citoyens de ce secteur ont pris les précautions nécessaires en voyant l'eau monter, certains ont été pris de court. Des résidents habitant ce secteur de Maskinongé depuis quelques années seulement n'ont pas pu protéger à temps des véhicules ou des bâtiments.  

Gilles Paquin, un résident du secteur, avait revêtu ses grandes bottes de pêcheur pour évacuer les débris emportés par la marée sur son «terrain». Ce retraité gardait le sourire et disait que sa maison est conçue pour faire face aux inondations. Deux pompes installées dans son sous-sol le gardent au sec. 

Lorsqu'il a appris qu'une alerte d'Environnement Canada annonçait plus de 50 mm de pluie lundi, voire davantage, il a été quelque peu découragé. «Trois semaines ça va, on vit avec l'eau. Mais si ça dure cinq semaines, on va trouver ça dur», avoue M. Paquin.

Gilles Paquin devait enlever samedi les débris emportés... (Olivier Croteau) - image 3.0

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Gilles Paquin devait enlever samedi les débris emportés par la marée.

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Malgré tout, il indique que c'est le prix à payer pour habiter dans un beau site en pleine nature. 

Le maire de Maskinongé, Roger Michaud, partage l'avis de son citoyen. Si les inondations perdurent encore quelques semaines, elles seront bien plus difficiles à accepter. «Encore une semaine et les résidents vont commencer à être écoeurés», croit-il en notant que les résidents font preuve de solidarité lors des inondations. «Les gens sont habitués. Plusieurs ont des bateaux ou sont aidés par un voisin qui en a un. Ils ne se plaignent pas.» 

La Municipalité ne peut rien pour aider ces résidents afin de corriger la situation pour de bon. Il y a bien un projet pour rehausser la partie la plus basse de cette route, mais cela ne réglera pas les problèmes d'inondation. «Si la route avait été rehaussée l'an dernier, tout le monde aurait été au sec», précise le maire.  

Florent Adam accepte avec sagesse la situation. Ce pêcheur commercial affirme même que ces importantes crues printanières seront bénéfiques pour la perchaude. Cette espèce a vu une diminution de sa population si draconienne qu'un moratoire sur sa pêche a été instauré en 2012. 

«La perchaude profite des inondations pour se reproduire, dit-il. Nous aurons donc la meilleure année pour la ponte des poissons que nous n'avons pas eue depuis longtemps.»




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