Danser pour mieux s'intégrer

Les jeunes immigrants en francisation à l'école secondaire... (Olivier Croteau)

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Les jeunes immigrants en francisation à l'école secondaire des Pionniers ont donné un spectacle enlevant après de très nombreuses heures de pratique.

Olivier Croteau

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Du Justin Timberlake, du Michael Jackson et du G-Eazy, une surprenante grâce et beaucoup d'enthousiasme, sans compter le désir de s'intégrer dans la communauté, voilà les ingrédients magiques qui ont été réunis à l'école secondaire des Pionniers où une trentaine d'élèves de deux classes d'accueil et de francisation ont réussi à créer et à présenter un spectacle de danse haut en couleur.

Sous la direction de la chorégraphe Christina Myles, ces jeunes se sont préparés avec coeur, depuis le mois de septembre, à raison de 75 minutes par semaine, sur les heures de classe et de deux heures par semaine, sur l'heure du dîner.

L'idée de base du projet était de se servir de la danse comme moyen d'intégration, «parce que danser, c'est parler en silence» comme dirait Yuri Buenaventura.

Bilal, Mohamad, Chanceline, Chito, Miriamu et 26 autres jeunes immigrants de niveau secondaire, en provenance des quatre coins de la planète, ne cachaient pas leur joie d'avoir pu bénéficier de ce projet au cours de leur période d'intégration et de francisation.

Le jeune Mosii Tembele, un danseur naturellement talentueux, s'est beaucoup impliqué dans le projet.

«Ça m'a aidé dans mon intégration et aussi parce que j'aime ça, la danse», dit-il.

Le responsable des classes d'accueil à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Jason St-Yves, indique qu'il «y a à peine deux ans, on commençait notre année au primaire et au secondaire avec deux classes qui n'étaient même pas remplies alors que cette année, on est à quatre classes remplies.»

«La situation a explosé. Cette diversité-là on la sent, on la vit dans nos écoles», dit-il. 

C'est l'enseignant en francisation Jonathan Levasseur qui a eu l'idée de ce spectacle.

«L'an passé, en m'assoyant avec ma direction, j'ai eu l'idée de ce qu'on pourrait faire pour briser la glace, en début d'année. À cause de la barrière de la langue, souvent on est timide; on n'ose pas. On sait quelques mots en français, mais malheureusement, discuter devant les autres peut être quelque chose de très dérangeant. À ce moment-là, on s'est dit pourquoi pas la danse?», raconte-t-il.

Évidemment, certains de ces jeunes étaient plus ou moins à l'aise avec l'idée, «mais on a fait valoir que le but n'est pas d'être bon. Le but, c'est de se dépasser soi-même», explique-t-il.

Dans le groupe, on pouvait s'attendre à ce que le niveau de talent ou d'expérience en danse varie énormément, dit-il.

«On a des danseurs excellents et on en a d'autres aussi qui apprennent la danse. On a engagé une enseignante de danse et on a mis tout ça dans nos cours d'intégration sociale», raconte-t-il.

«On a pratiqué, pratiqué, pratiqué... Et surtout, on a créé des liens ensemble. Ces liens-là nous ont amenés à pousser l'apprentissage du français un peu plus loin», raconte-t-il.

Les intervenants se sont rendu compte, au final, que «les gens qui sont impliqués dans notre milieu, les jeunes qui participent aux activités, s'intègrent beaucoup plus vite que les gens qui sont en classe et qui ne font pas partie de la vie de l'école», indique M. Levasseur.

Les 31 élèves des deux classes d'accueil et de francisation des Pionniers ont présenté leur spectacle aux 68 élèves d'accueil et de francisation de niveau primaire des écoles Sainte-Thérèse et Curé-Chamberland.

L'UQTR s'intéresse aux effets de l'immigration en milieu scolaire. L'an prochain, un projet d'étude s'amorcera pendant trois ans à l'école secondaire des Pionniers.




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