Cri du coeur pour garder son raton laveur

Rosie le raton-laveur au moment où Jean-Pierre Auclair,... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Rosie le raton-laveur au moment où Jean-Pierre Auclair, qu'on voit ici, la nourrissait au biberon.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Jean-Pierre Auclair a eu pitié d'un bébé raton laveur apparemment abandonné qu'il a trouvé lors d'une marche en forêt, il y a un an, lorsqu'il habitait à Saint-Jean-de-Matha. Il a ramené la petite créature chez lui, l'a nourrie jour et nuit de lait de chèvre et l'a traitée comme un membre de sa famille.

Le résident de Shawinigan a reçu la visite des agents de la Faune, il y a quelques jours et Rosie, son raton laveur, a été saisie et emmenée dans un refuge spécialisé.

De toute évidence très attaché à ce jeune animal, M. Auclair tente d'obtenir un permis pour pouvoir le récupérer et il n'en dort plus. Il parle de sa Rosie comme d'un animal «aussi fin qu'un chat». Il lui avait d'ailleurs aménagé une cage juste pour elle dans la maison. L'animal, essentiellement nocturne en milieu naturel, y passait ses nuits.

«Je m'étais beaucoup attaché à Rosie. Je la considérais comme mon bébé», confie-t-il. «J'ai peur de faire une autre crise du coeur», dit-il, ébranlé par cette situation.

M. Auclair indique que son raton laveur n'est jamais allé dehors depuis qu'il l'a pris sous son aile, il y a un an.

Or, selon Jacques Nadeau, porte-parole du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, il était temps de sortir l'animal de cette situation, tant pour lui que pour l'homme qui l'avait adopté. Une enquête est en cours, dit-il, pour déterminer si des accusations pourraient être portées contre lui.

«La cage était trop petite et les lieux insalubres», indique-t-il. L'animal n'était pas en santé et «il lui manquait de grandes plaques de poil sur environ la moitié du corps», dit-il.

Les agents de la Faune avaient averti M. Auclair, le 7 avril dernier, d'aller porter le raton laveur dans un refuge spécialisé détenteur d'un permis pour ce type d'animal. L'homme habitait alors à Saint-Séverin-de-Proulxville. On lui avait donné un délai de deux semaines pour exécuter volontairement cet ordre.

Sur les entrefaites, M. Auclair est déménagé à Shawinigan avec son raton, espérant, dit-il, obtenir un permis pour pouvoir le garder. Le 24 avril, M. Auclair ne s'était toujours pas exécuté. Les agents de la Faune ont donc dû saisir le raton qu'ils ont ensuite confié à un refuge.

Le Nouvelliste a parlé au propriétaire du refuge où le raton laveur a été emmené par les agents. Ce dernier préfère ne pas être identifié pour éviter des ennuis potentiels à la suite de la publication de cette histoire.

Il assure toutefois que l'animal en question a pu bénéficier de lampes chauffantes et de bouillottes chaudes par temps froid et qu'un abri a été mis à sa disposition afin qu'il puisse s'adapter tranquillement à son environnement naturel.

Avant de le relâcher éventuellement dans la nature, toutefois, le refuge doit aussi le soigner. Le raton souffre en effet d'obésité morbide. Il pèserait environ 40 livres de trop et sa peau est infectée de mites au point d'avoir perdu beaucoup de fourrure, explique le responsable du refuge. Les photos témoignent en effet d'une perte importante de poils sur tout le dos.

«Le monsieur croit que c'est la mue qui fait ça, mais ce n'est pas ça», assure l'intervenant en ajoutant que l'animal n'a jamais été vermifugé ou vacciné, ce qui a d'ailleurs mis en danger la santé de cet homme.

La porte-parole de la Société protectrice des animaux de la Mauricie, Sarah-Lise Hamel, indique que le raton peut en effet être porteur de zoonoses, c'est-à-dire de maladies contagieuses pour les humains.

Les ratons laveurs sont notamment porteurs de vers intestinaux, le Baylisascaris procyonis, dont les oeufs peuvent infecter les humains et les animaux domestiques et présenter de graves conséquences sur la santé.

La SPAM ne peut d'ailleurs intervenir dans les cas de citoyens qui ont des ratons laveurs alors que les règlements municipaux les interdisent. «Ils n'entrent pas dans la catégorie des animaux domestiques», dit-elle. Il faut donc s'en référer à la Faune dans tous les dossiers impliquant les ratons laveurs.

Le propriétaire du refuge estime que M. Auclair n'a pas eu de problèmes majeurs avec son raton laveur, jusqu'à présent, parce qu'il est jeune, mais à l'âge adulte, vers deux ans, le raton laveur peut faire des ravages importants dans une maison et mordre l'humain, dit-il.

M. Auclair reconnaît qu'il savait qu'il ne fallait pas adopter d'animal sauvage. «J'ai pris une chance», dit-il. «Je n'ai jamais connu une amitié comme ça avec un autre animal», raconte-t-il. 

Jean-Pierre Auclair a ouvert une page Facebook intitulée Sauvons Rosie. Il a aussi lancé une pétition sur Change.org dans l'espoir d'obtenir un permis pour garder son raton-laveur. En date de jeudi, 34 personnes l'avaient signée.




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