Une première classe pour les adultes atteints d'un TDAH

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Sur la photo, entourant Carol-Anne Villemure, élève, on retrouve Mario Boulanger, directeur du CÉA, Martin Pearson, psychologue, Tommy Champagne, conseiller pédagogique, et Gilles Désilets, enseignant.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Dans l'actualité, le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est souvent abordé par rapport à ses répercussions sur les enfants.

Mais le trouble peut continuer à se manifester à l'âge adulte, et c'est pour tenter de déjouer ses effets sur la réussite scolaire qu'un projet pilote a été élaboré au Centre d'éducation des adultes (CÉA) du Saint-Maurice à Shawinigan.

Depuis le mois d'août dernier, une quinzaine d'élèves sont regroupés dans la première classe dédiée aux adultes atteints d'un TDAH au Québec. On y dispense les services d'enseignement et les services complémentaires réguliers, mais des ressources bonifiées en éducation spécialisée et en orthopédagogie complètent l'approche qui se veut globale. L'aménagement physique du local, l'horaire, la gestion de classe et la pédagogie, la santé globale et l'hygiène de vie sont autant d'aspects tenus en compte dans le projet.

«Depuis quelques années, nous cherchions à mieux accompagner les élèves qui présentent un TDAH. On se sentait souvent démunis face aux difficultés de ces adultes qui étaient de plus en plus nombreux dans nos classes. On a demandé et obtenu une formation avec le docteur Pearson l'an passé pour l'ensemble du personnel, et on a eu l'idée de créer une classe qui aurait un environnement adéquat, des services complémentaires exceptionnels et des enseignants formés en conséquence», raconte Gilles Désilets, enseignant de français au CEA du Saint-Maurice.

Le docteur Martin Pearson auquel il fait référence est un psychologue expert en intervention TDAH, lui-même atteint de ce trouble neurologique.

«Au Québec, la science démontre qu'il y a environ 4,4 % des adultes qui présenteraient un TDAH, soit environ 290 000 adultes au Québec. De ce nombre, seulement 5 % vont obtenir un diplôme d'études universitaires», précise celui qui a lui-même reçu un diagnostic du trouble à la fin de ses études doctorales.

«On a de la difficulté à se concentrer, à porter attention, à gérer notre temps, à gérer nos émotions; on a de la difficulté sur le plan de la mémoire, on peut aussi avoir de la difficulté à initier une tâche plate, la poursuivre et ne pas perdre le focus, l'intérêt de cette tâche», énumère M. Pearson pour appuyer l'importance de pouvoir procurer un encadrement adapté à ces limitations dans le système scolaire.

Les élèves assistent à six heures de cours du lundi au jeudi et quatre heures le vendredi matin. Des pauses plus fréquentes et plus longues allongent l'horaire.

«Pour une fois on pense à nous, on n'est pas dans un local dans le fin fond de l'école. On est dans un bel environnement où on se sent bien et où on avance à un rythme qui nous convient», témoigne une des élèves de la classe, Carol-Anne Villemure.

«Comme on est moins nombreux, les profs ont beaucoup plus de temps pour chacun de nous. On a toujours les mêmes personnes à nos côtés, donc on se comprend mutuellement à travers notre TDAH et on s'entraide comme une famille», apprécie également la jeune femme.

Les enseignants expérimentent de nouvelles approches pédagogiques avec les élèves de cette classe. Des ateliers en petits groupes et des jeux pédagogiques ciblant des points de matière précis, par exemple, complètent les modèles d'enseignement plus traditionnels.

Les trois enseignants, la technicienne en éducation spécialisée et l'orthopédagogue se réunissent hebdomadairement pour discuter des cas des élèves et du fonctionnement du projet pilote, question de travailler en synergie. Des activités parascolaires sont aussi organisées pour tisser des liens entre le personnel et les élèves et parmi les élèves.

Les enseignants et le personnel du CÉA associés au projet pilote sont formés par la Clinique de services de psychologie de Trois-Rivières, et le Dr Pearson accompagne tout le processus.




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