Nouvelle croisade contre les hydrocarbures

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Quelques centaines de personnes ont participé au rassemblement tenu sur le quai de Sainte-Angèle, à Bécancour.

Olivier Croteau

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(Bécancour) Les opposants à l'exploitation des hydrocarbures entament une nouvelle croisade. Une nouvelle campagne d'opposition québécoise intitulée «Vous ne passerez pas», qui vise notamment le projet Énergie Est, a été lancée dimanche devant quelques centaines de personnes réunies à Bécancour à l'occasion des célébrations du Jour de la Terre.

«Les gens en ont assez de signer des pétitions, ils en ont assez de faire des mémoires et des manifestations. La résistance citoyenne va aller plus loin», a déclaré lors de cet événement Patrick Bonin, responsable de la campagne climat-énergie de Greenpeace. «Le message qu'on lance aujourd'hui, il est très clair et simple. Il s'adresse aux pétrolières, aux gazières et aux gouvernements complices. Vous ne passerez pas. Vous ne passerez pas par-dessus les citoyens, les autochtones, les syndicats, les municipalités, par-dessus tout ceux qui se mobilisent contre l'industrie.»

Pour ce porte-parole de Greenpeace, 2017 est le début de la fin de l'ère des combustibles fossiles. Il indique que le Québec a tout ce qu'il faut pour sortir de la dépendance au pétrole et au gaz. Tout ce que cela prend, dit-il, c'est une volonté politique.  

Cette nouvelle offensive contre l'industrie des hydrocarbures vise l'exploitation du pétrole et du gaz de schiste, la liquéfaction de gaz naturel, mais aussi le transport des hydrocarbures par train, par bateau ou bien par oléoduc, comme le projet Énergie Est.  

Le coordonnateur général adjoint du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec, Jacques Tétreault, affirme que cette campagne d'opposition s'appuie sur l'absence d'acceptabilité sociale des projets de cette industrie. Il indique que près de 65 000 propriétaires terriens ont signé des déclarations pour dire «vous ne passerez pas chez nous». 

La nouvelle campagne «Vous ne passerez pas» est décrite par Carole Dupuis, la coordonnatrice du Regroupement vigilance hydrocarbures, comme étant «un mur social que les citoyens érigent».

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet.... (Olivier Croteau) - image 2.0

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La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet.

Olivier Croteau

Plusieurs politiciens étaient présents dimanche sur le quai de Sainte-Angèle à Bécancour lors de ce rassemblement pour le Jour de la Terre. Il y avait notamment la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, le porte-parole du Parti québécois en matière d'énergie et de ressources naturelles, Sylvain Rochon, le député fédéral de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, le chef d'Option nationale, Sol Zanetti, ainsi que quelques élus municipaux. 

«La Terre c'est comme la santé, on en a juste une et il faut en prendre soin. Je suis venue en appui à la campagne «Vous ne passerez pas». C'est extrêmement important. Le projet Énergie Est est un projet qui est dangereux. Si un accident comme celui qui s'est passé à la rivière Saskatchewan qui se produisait au Québec dans le fleuve Saint-Laurent, il y aurait 500 kilomètres de pollution. C'est la distance entre Montréal et Rimouski», a déclaré Martine Ouellet. 

«On le voit que c'est un projet qui est dangereux.»

La nouvelle chef du Bloc québécois estime que si les sommes de 15 milliards $ nécessaires à la réalisation d'Énergie Est étaient investies dans le projet Québec 2030, cela entraînerait la diminution des gaz à effet de serre de 40 % en plus de créer 350 000 emplois. «C'est pas mal mieux que les 30 emplois d'Énergie Est. Québec peut être un leader mondial à la lutte aux changements climatiques», a-t-elle affirmé en précisant que cela passe par l'indépendance du Québec.

La campagne «Vous ne passerez pas» s'oppose à... (Olivier Croteau) - image 3.0

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La campagne «Vous ne passerez pas» s'oppose à l'exploitation des hydrocarbures, mais aussi au transport du pétrole par oléoduc.

Olivier Croteau

Jean-Guy Dubois ne pouvait manquer les célébrations du Jour de la Terre qui se tenaient dans sa municipalité. Le maire de Bécancour partage, après tout, plusieurs aspects de la vision du développement économique des groupes environnementalistes. 

«Aristote disait toujours que la justesse se situe entre le trop et le pas assez. Il y a des bornes qui sont établies aux extrémités, il faut essayer de naviguer là-dedans», a précisé M. Dubois en entrevue. «À Bécancour, nous avons un parc industriel et nous allons continuer à le développer. Mais peut-être pas de la même façon.»

Le maire de Bécancour rêve à un parc où les entreprises ont une certaine intégration afin de favoriser la protection de l'environnement. Il évoque la possibilité, comme c'est le cas dans quelques pays européens, que les déchets d'une usine puissent servir pour d'autres installations situées tout près. «On veut explorer la possibilité de faire un écoparc, où les rejets de l'un deviennent une ressource pour l'autre», a ajouté le maire. 

Par ailleurs, Jean-Guy Dubois ne verrait pas d'un bon oeil la reprise de l'exploration du gaz de schiste sur le territoire de Bécancour. Il estime qu'avec un bon programme de gestion des ressources et de l'énergie, le Québec n'a pas besoin du gaz de schiste.




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