375e de Montréal: une autre flèche contre le rodéo

La SPCA de Montréal tente de faire annuler... (Photo: Olivier Croteau)

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La SPCA de Montréal tente de faire annuler une activité de rodéo organisée dans la métropole avec la collaboration du Festival western de Saint-Tite.

Photo: Olivier Croteau

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) Le Festival western de Saint-Tite doit une fois de plus faire face aux assauts de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal, qui a lancé une campagne pour tenter d'empêcher la tenue du rodéo urbain prévu à la programmation des fêtes du 375e anniversaire de Montréal en août.

La campagne «Vive Montréal sans rodéo», soutenue par le site web www.nonaurodeo.com, encourage entre autres la signature d'une pétition demandant le retrait du NomadFest - Rodéo urbain prévu au Vieux-Port de Montréal du 24 au 27 août prochain. Le Festival western de Saint-Tite est associé à la firme TKNL pour l'organisation de cette activité, qui avait déjà été dénoncée par la SPCA de Montréal et l'Alliance des animaux du Canada plus tôt cet hiver.

Dans sa campagne lancée le 20 avril, la SPCA de Montréal décrie «une activité qui n'a aucun lien avec l'histoire ou la culture de notre ville, et qui exploite la peur et la souffrance des animaux en plus de les exposer à des blessures inutiles, voire à la mort - tout cela au nom du divertissement». «Cette activité barbare n'a pas sa place à Montréal», affirme Me Alanna Devine, directrice de la défense des animaux pour l'organisme.

Comme il l'avait dit en février dernier, le directeur général du Festival western de Saint-Tite, Pascal Lafrenière, déplore que les représentants d'organisations qui critiquent ainsi le rodéo n'aient jamais mis les pieds à Saint-Tite.

Aux gens qui dénigrent le rodéo en perpétuant l'idée de la maltraitance des animaux, Pascal Lafrenière lance cette invitation: «Donnez-vous la peine de venir voir ce qu'on fait. Vous portez un jugement sur quelque chose que vous n'êtes jamais venu voir.» Il insiste sur la passion pour les animaux, partagée par tous les intervenants impliqués dans cette activité, et rappelle que le Festival western respecte rigoureusement le protocole lié à la santé et au bien-être des animaux.

«On étoffe notre protocole animal d'année en année. La façon de manipuler les bêtes, comment on doit en prendre soin, le nombre d'heures de transport dans une journée: tout ça est normé», assure-t-il en rappelant que le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec effectue des contrôles chaque année via son volet Sécurité et bien-être des animaux.

Qu'est-ce qui est pire?

Quand il répond aux attaques concernant le traitement des animaux impliqués dans les rodéos, Pascal Lafrenière énumère spontanément d'autres cas discutables et pas nécessairement dénoncés par les organisations de défense des animaux.

«Le matin, quand ta voisine part à 7 h et va souper au resto en finissant de travailler et qu'elle revient à 20 h, son chien a été tout seul toute la journée. Les perroquets à qui on coupe les ailes pour ne pas qu'ils s'envolent, un chien à qui on coupe la queue et le bout des oreilles pour que ce soit esthétique, est-ce que c'est pire, moins pire? On aurait le droit d'en discuter», illustre-t-il.

«Si on va encore plus loin, on peut penser à tous les animaux dans les animaleries. Les poissons rouges, ce n'est pas fait pour être dans un bocal non plus. Là, on est rendu un peu loin dans le débat. C'est correct qu'il y ait un débat de société. Par contre, on va s'en tenir à des faits», plaide le directeur du Festival western. 

Pascal Lafrenière soutient aussi que «le rodéo, c'est le seul endroit où on encourage un mouvement naturel de l'animal. Un cheval, ça rue dans la vie. Nous ce qu'on fait, c'est qu'on l'encourage. Tandis qu'un chien, on va l'empêcher de japper, un chat on va le dégriffer.»

Devant le fait que les critiques proviennent de Montréal et concernent un événement périodique qui se déroule dans la métropole, M. Lafrenière interprète ceci: «Ma clientèle à Saint-Tite est très rurale, de partout au Québec. Les gens de Montréal ne viennent pas voir ce qu'on fait. On s'en va les voir et... Il ne faut pas perdre de vue qu'il y a déjà eu des rodéos à Montréal, au Complexe Desjardins, et à l'Expo 67. Là ça tombe dans l'actualité, et je pense qu'il y a des gens qui profitent de cette tribune-là.»

En concluant, M. Lafrenière rappelle que 600 000 personnes visitent le Festival western chaque année et que 75 000 personnes paient pour y voir un rodéo. «Est-ce que toutes ces personnes-là n'ont pas de jugement?», demande-t-il.




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