CAB: besoins grandissants et financement insuffisant

Annie Vaugeois, responsable du comptoir alimentaire du CAB... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Annie Vaugeois, responsable du comptoir alimentaire du CAB de Grand-Mère et les bénévoles, à l'arrière.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le dernier budget du Québec annonçait 80 millions $ additionnels sur cinq ans pour les organismes communautaires du Québec. La nouvelle semble bonne, «mais on est 3000 organismes» à se partager cette somme, fait valoir la présidente du Regroupement des Centres d'action bénévole de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Sylvie Gervais.

Ça fait peu d'argent pour chacun, du moins pas assez pour répondre à la demande grandissante. De plus, dit-elle, «l'aide est pour cinq ans et il y a des élections qui s'en viennent. On ne sait pas qui sera le prochain gouvernement. Va-t-il maintenir ces sommes?» se demande-t-elle.

Les besoins, eux, augmentent sans cesse. Au Centre d'action bénévole (CAB) de Grand-Mère, dont Mme Gervais est aussi la présidente, il a fallu démarrer un comptoir alimentaire en 2014, illustre-t-elle. «Ce sont des choses comme ça qui font qu'à un moment donné, ça s'alourdit», fait-elle valoir.

L'aide financière reçue pour démarrer ce service ne fut que ponctuelle. «Maintenant, on doit voler de nos propres ailes», dit-elle. «Centraide nous aide, mais il faut aussi que je fasse appel à des entreprises pour nous aider à payer la ressource qui est à temps partiel. Là, on vit comme un petit oiseau, avec les dons du milieu», résume-t-elle.

Directrice du CAB de Grand-Mère depuis 20 ans, Mme Gervais constate que son organisme est en développement constant. «Pour suivre la route, ça prend du financement plus important», fait-elle valoir.

Les CAB du Québec offrent, depuis leur création, les fameux services de popote volante qui s'adressent aux personnes en perte d'autonomie. La nourriture est cuisinée par des bénévoles, dans certains cas, ou par un traiteur.

Plusieurs CAB offrent aussi de l'accompagnement et du transport pour les visites médicales, un service destiné aux personnes en perte d'autonomie, de même que des visites d'amitié pour aider les personnes isolées.

Il existe aussi plusieurs centres d'action bénévole qui, comme le CAB de Grand-Mère, gèrent un comptoir alimentaire pour les personnes démunies.

Chaque mois de mars, les CAB offrent aussi un service d'impôt à prix très modique pour les familles à faible revenu. Encore là, les besoins se font de plus en plus importants et la pression, de plus en plus forte sur l'organisme, explique Mme Gervais. «On a eu 540 demandes, cette année. L'an passé, c'était 492», dit-elle. «On voit l'augmentation.»

Malgré les défis, les CAB font de leur mieux pour aider, et ce, depuis une soixantaine d'années dans certains cas, comme à Trois-Rivières.

«Il y a des centres qui ont atteint un certain seuil de viabilité pour l'organisme, mais qui n'ont pas d'argent pour se développer. S'il y a une augmentation des demandes, ils ne sont pas capables d'y arriver», dit-elle. 

Le défi commun à tous les CAB de la région, c'est le manque de bénévoles. «On a un gros travail à faire pour recruter des bénévoles parce que le service est en progression», dit-elle.

Le transport, pour les visites médicales, ainsi que les visites d'amitié sont les services les plus carencés en termes de bénévoles.

Les CAB essaient donc de recruter, en particulier chez les jeunes retraités, mais encore faut-il respecter leurs horaires, comprendre qu'ils ont d'autres activités ainsi que des vacances et qu'ils peuvent être parfois malades comme tout le monde.

Bref, les bénévoles ne sont pas des employés sur qui l'on peut compter à heures fixes. «Il faut composer avec la réalité de tous ces gens-là pour essayer d'offrir le service au maximum, mais c'est tout un défi», confie Mme Gervais.

Les CAB essaient de créer l'habitude du bénévolat en organisant des activités avec des jeunes comme ce fut le cas pour le projet de popote roulante avec des élèves du secondaire, récemment.

«Tout repose sur les bénévoles», dit-elle. Même si le CAB a quelques salariés, «je ne peux pas gérer mes bénévoles comme mes salariés», réitère Mme Gervais.

Malgré tous les défis, aucun CAB de la région n'est sur le point de fermer ses portes, assure-t-elle. «Ils donnent leur maximum avec ce qu'ils ont dans le moment. Ils maintiennent le cap, mais développer devient difficile parce que les besoins augmentent et ils n'ont pas le financement nécessaire.»

«La société évolue, les besoins changent et pour ce qui est du vieillissement de la population, on ne peut rien y faire», dit-elle en indiquant que plusieurs anciens bénévoles sont maintenant devenus les bénéficiaires des différents services.

«Il y a beaucoup de nos aînés qui sont démunis. Et ça ne s'améliore pas d'une année à l'autre», dit-elle.

«On dirait que nous sommes oubliés, nous, les CAB. On dirait que parce que c'est du bénévolat, on n'est pas ciblé par les programmes de financement. On est souvent les oubliés, peut-être parce que ça paraît moins. Alors on se bat comme on le peut», fait-elle valoir.




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