Chalets au camping du lac Bellemare: les citoyens n'ont pas confiance

Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus.... (Stéphane Lessard)

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Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus.

Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Mathieu-du-Parc) Les membres du conseil municipal de Saint-Mathieu-du-Parc ont obtenu un nouvel échantillon des réserves des citoyens envers le projet de construction de 13 chalets locatifs au camping du lac Bellemare, à la séance régulière du 3 avril. Lors de la période de questions, de nombreux témoignages démontraient que le lien de confiance avec les promoteurs repose sur un fil de fer.

Malgré tout, les élus ont adopté le deuxième projet de règlement prévoyant une modification au zonage pour permettre ces constructions. La prochaine étape surviendra le 12 avril, avec la publication d'un avis expliquant la marche à suivre pour les citoyens qui veulent contester cette mesure. 

Pour cette modification autorisant la construction de chalets, la zone du lac Bellemare est évidemment impliquée, de même que neuf zones contiguës. Les citoyens de tous ces secteurs peuvent s'opposer aux nouvelles dispositions en recueillant un nombre de signatures qui sera précisé dans le prochain avis public. Ils devront s'exécuter à l'intérieur d'un délai de huit jours.

Après la séance lundi soir, des citoyens cherchaient déjà des stylos pour apposer leur nom sur le document déjà préparé par Émile Simard. Si des zones se qualifient, la Municipalité devra tenir un registre pour valider l'approbation du règlement par l'ensemble des citoyens des secteurs concernés. 

Pas acceptable

À la dernière séance publique, les élus ont entendu très peu de témoignages de gens en faveur du projet. Rappelons que les promoteurs ont déjà commencé la construction d'un chalet sans permis, un élément qui a été rappelé avec insistance par plusieurs citoyens. 

Pour Michel Fugère, il s'agit d'une aberration. Il ne comprend pas qu'une Municipalité ne puisse intervenir dès qu'un inspecteur constate que des travaux sont amorcés sans permis.

«Ça compromet drôlement l'acceptabilité sociale», fait-il remarquer.

M. Simard a d'ailleurs voulu savoir si des procédures avaient été entamées sur ce point. Le maire, Claude McManus, préfère attendre la fin du processus en cours.

«On ne peut pas aller sur leur terrain et défaire ça», laisse-t-il tomber. «On doit aller en cour. Mais avant, on doit terminer le processus.»

Le maire reconnaît que ce comportement illégal complique le dossier.

«C'est une conséquence», convient-il. «Je ne suis pas plus content que vous qu'il ait bâti sans permis. Nous agirons quand ce sera le temps.»

M. McManus a rappelé que le promoteur s'engageait à ne pas ajouter des dizaines de roulottes dans sa troisième phase de développement si la demande pour les 13 chalets était acceptée. 

«Nous essayons d'en arriver à une entente, mais au bout du compte, ce sont les citoyens qui vont parler», convient le maire. 

Isabelle Martin trouve qu'on ne relève pas beaucoup la capacité du lac Bellemare à accueillir de nouvelles unités d'habitation. «La journée où des algues vont apparaître, la valeur de nos propriétés va chuter», craint-elle.

«Le traitement des eaux usées n'est pas en cause», tient à préciser M. McManus. «Tout est conforme! Où on peut discuter, c'est de savoir si des chalets, c'est mieux que des roulottes.»

M. Fugère estime qu'une municipalité à vocation touristique comme Saint-Mathieu-du-Parc devrait se doter d'une charte du paysage. De cette façon, les élus pourraient s'appuyer sur des critères précis pour assurer un développement harmonieux.

«Je ne suis pas contre le projet», assure M. Fugère. «Mais il faut voir de quelle façon il s'inscrit dans l'environnement. Avoir une vue sur un stationnement de roulottes à l'année longue, c'est disgracieux.»

M. McManus mentionne que l'élaboration d'une charte du paysage fait partie des plans du conseil municipal. Quand il a ajouté qu'il fallait prendre en considération les retombées du camping du lac Bellemare au plan local, la réplique de M. Fugère ne s'est pas fait attendre.

«Les commerçants doivent être solidaires des gens qui les ont mis au monde!», a-t-il lancé.

Réjean Tremblay, président de l'Association des propriétaires des lacs Bellemare et Bill, reconnaît que le processus de négociation n'est «pas facile». Ses propres administrateurs sont divisés sur ce projet.

Seul Laurier Gélinas a profité de la période de questions pour se demander à quoi rimait cette opposition.

«Quand des chalets sont construits à 1000 pieds d'un lac, ils ne le polluent pas», commente-t-il. «Moi, je ne suis pas contre le projet. D'accord, il a construit une bâtisse sans permis. Mais il faudrait se regarder un peu dans le miroir. D'après moi, il y en a une maudite gang qui a déjà construit sans permis.»




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