Salaire des étudiants: le syndicat contredit l'ABI

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La Commission des droits de la personne soutient que l'ABI fait preuve de discrimination salariale à l'égard des étudiants.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Bécancour) Non seulement Clément Masse contredit la direction de l'Aluminerie de Bécancour sur le nombre de tâches exécutées par les étudiants, le président du syndicat affirme que son unité syndicale a très souvent demandé à la direction de payer les étudiants au même salaire que les travailleurs permanents.

Clément Masse, président du syndicat des travailleurs de... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Clément Masse, président du syndicat des travailleurs de l'Aluminerie de Bécancour, a témoigné mardi devant le Tribunal des droits de la personne.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

M. Masse a témoigné mardi au palais de justice de Trois-Rivières concernant la plainte déposée par la Commission des droits de la personne devant le Tribunal des droits de la personne.

Cette commission soutient que l'ABI fait preuve de discrimination salariale à l'égard des étudiants, car leur salaire de 31 $ l'heure est inférieur d'environ 9 $ au salaire d'un travailleur régulier. Le nombre de plaignants, qui est de 160, pourrait bien grimper à 180 si la Commission des droits de la personne juge recevables les 20 nouvelles plaintes déposées il y a quelques semaines.

Selon le président du syndicat, les employés étudiants effectuent très souvent la presque totalité, sinon la totalité des tâches réalisées par des travailleurs réguliers.

Pour appuyer sa position, M. Masse a évalué en temps les tâches dont les étudiants sont exclus. Étant donné que certaines tâches, comme le changement de lames sur les scies, équivalent à quelques dizaines d'heures par année, les étudiants réalisent 90 % des tâches dans certains secteurs et jusqu'à 99 % dans d'autres secteurs.

Le niveau de dangerosité de certaines tâches a été avancé par la direction pour les réserver aux employés réguliers. Pourtant, la vidange de creuset et le mélange du métal sont des tâches représentant un fort niveau de dangerosité et elles sont réalisées par des étudiants, soutient M. Masse.

«On ne forme pas les étudiants en lien avec le danger, ils sont formés selon les besoins de l'employeur», a dit M. Masse, en rappelant que les étudiants sont exposés aux mêmes contaminants (fluor, poussières, etc.) que les travailleurs occasionnels et les réguliers. Former un étudiant pour une tâche qu'il va accomplir une seule fois durant l'été n'est pas un signe d'efficacité, selon le président du syndicat.

D'autre part, Clément Masse a donné sa version des faits quant au contexte ayant conduit la direction de l'ABI à décréter en 1994 une baisse salariale de 15 % des employés étudiants. Cette volonté de la direction est arrivée en fin de négociations et a été insérée via une lettre d'entente dans une offre globale et finale de l'employeur. M. Masse affirme que ce sujet n'a aucunement été discuté. Les syndiqués ont alors signé une convention de six ans.

Il ajoute du même souffle que jamais le syndicat n'a déposé une demande pour diminuer le salaire des étudiants et qu'en 2000, la direction du syndicat voulait retirer la lettre d'entente fixant ces salaires. Cette demande a échoué et le syndicat a signé un contrat de travail de quatre ans. La situation est demeurée la même lors des négos suivantes.

Selon le président Masse, le syndicat est revenu sur la question auprès de la direction en septembre 2011 après le dépôt des premières plaintes à la Commission des droits de la personne en décembre 2010. M. Masse explique que des étudiants ont approché le syndicat afin de savoir pourquoi ils gagnaient un salaire moindre qu'un travailleur occasionnel ou régulier. Le syndicat a accompagné les étudiants dans cette démarche et a transmis les plaintes à la CDP.

L'audition de la cause se poursuit mercredi.




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