Des solutions aux déserts alimentaires

Martine Croteau, agente de planification, programmation et recherche... (Stéphane Lessard)

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Martine Croteau, agente de planification, programmation et recherche à la direction de la Santé publique et de la responsabilité populationnelle au CIUSSS MCQ.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Il existe 82 déserts alimentaires en Mauricie et au Centre-du-Québec et plus précisément 31 en Mauricie.

Ce qu'on qualifie de désert alimentaire est en fait un secteur de 400 à 700 habitants à faible accès aux commerces d'alimentation où se vend de quoi se nourrir sainement.

Ces déserts alimentaires sont aussi des secteurs défavorisés sur le plan économique (faible scolarité, taux d'emploi et revenus faibles) où les résidents doivent parcourir 1 kilomètre ou plus, en ville, ou 16 kilomètres et plus, en milieu rural, pour avoir accès aux épiceries.

Or, il appert que «46 % de la population du Québec habite dans un secteur qui a un faible accès aux commerces d'alimentation», indique Martine Croteau, agente de planification, programmation et recherche à la direction de la Santé publique et de la responsabilité populationnelle au CIUSSS MCQ.

Six pour cent de la population du Québec vit dans un secteur à la fois défavorisé et ayant un faible accès aux commerces en alimentation. En Mauricie, c'est 9 %, précise-t-elle.

Mme Croteau était parmi les conférenciers invités, vendredi, à la rencontre régionale en sécurité alimentaire organisée par le Consortium en développement social de la Mauricie. Le thème de cette rencontre était d'ailleurs «L'alimentation de proximité au coeur des communautés.»

Des études démontrent, dit-elle, que plus les secteurs sont défavorisés, plus l'accès aux dépanneurs et restaurants rapides est élevé.

Le désert alimentaire «est un indicateur qui nous permet de cibler des secteurs qui sont potentiellement problématiques en matière d'accès», précise Mme Croteau en indiquant qu'il faudra pousser l'analyse localement afin de mieux documenter la situation.

Des interventions prometteuses commencent à poindre ici et là.

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, pour un, veut soutenir en troisième ligne les initiatives en agriculture urbaine, qu'elles soient citoyennes, commerciales ou issues de l'économie sociale. 

On pense aux jardins communautaires, par exemple, qui pourraient être plus nombreux si les villes acceptent de consacrer certains de ses terrains à ce type d'initiative, explique le directeur régional, Norman Houle qui était lui aussi conférencier.

Le Consortium veut documenter et faire connaître les problématiques de sécurité alimentaire, explique Mme Croteau.

Il veut aussi mobiliser des partenaires autour de cette problématique et soutenir les projets qui peuvent remédier à la situation.

Les idées sont nombreuses, dit-elle. On parle d'amélioration du transport public vers les épiceries ou d'implantation de nouvelles formes de distribution alimentaire comme les marchés publics, les stands à la ferme et les jardins communautaires, pour ne citer que quelques exemples ou encourager la vente de produits alimentaires nutritifs dans les pharmacies et les dépanneurs.

Comme l'a fait valoir un des intervenants présents, il faudra aussi trouver des moyens de conserver les commerces qui sont déjà en place dans les milieux ruraux, un défi pour lequel il n'y a pas encore de réponse.

Le Consortium s'intéresse aussi de près à la charte qui inspire l'implantation des nouveaux commerces d'alimentation dans la Ville de Drummondville en concordance avec les besoins de sa population.

Bref, les quelque 80 intervenants qui ont pris part à la rencontre ont pu faire le plein de pistes fort intéressantes pour améliorer la sécurité alimentaire des populations.




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