Fibre optique: «On va avoir un Québec à deux vitesses»

Sur le dessus de la pile de ses priorités, le maire de Saint-Narcisse, Guy... (Photothèque La Presse)

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

Sur le dessus de la pile de ses priorités, le maire de Saint-Narcisse, Guy Veillette, conserve celle de l'installation de la fibre optique et de la téléphonie cellulaire à l'extérieur du périmètre urbain de sa municipalité.

Le coeur du village, lui, est déjà desservi grâce à la concentration démographique qui rend la chose abordable. 

Le problème, pour des municipalités rurales comme la sienne, c'est d'offrir le service aussi dans les zones moins densément peuplées du territoire.

L'utilisation d'Internet est devenue une nécessité pour tous, plaide le maire qui craint qu'un jour prochain, une entreprise génératrice d'emplois échappe à sa municipalité parce qu'Internet n'est pas accessible. Ce n'est pas encore arrivé, «heureusement», dit-il. «Ça serait catastrophique de perdre des investissements industriels», fait-il valoir.

«Dans nos campagnes, on en est rendu là. Il ne faut pas négliger ça, sinon on va avoir un Québec à deux vitesses. Ça n'a pas de sens», prévient-il.

«On parle de problèmes de démographie, en Mauricie», rappelle-t-il. 

«Les valeurs des jeunes familles, c'est souvent d'avoir de l'espace, d'avoir une fermette, un grand terrain à la campagne et la qualité de vie qui va avec ça. Or, tout ça est intimement lié aux services d'Internet, de la télévision et d'une téléphonie digne de ce nom», fait valoir le maire.

«Si l'on pouvait avoir un projet de fil ou de fibre qui passe devant les maisons, ça pourrait être extraordinaire parce que les gens pourraient dire qu'ils vivent dans un environnement sain tout en étant capables de travailler ou d'avoir des loisirs dignes de ce nom. On ne peut plus marcher avec Internet à pédale aujourd'hui. Les gens ont deux ou trois appareils. Ils sont connectés», dit-il, notamment pour les transactions bancaires qui se font de plus en plus via le web.

«On me dit que c'est même un enjeu pour les entreprises agricoles», ajoute le maire. «De plus en plus, elles fonctionnent en utilisant Internet et elles doivent verser des données à l'intérieur des systèmes gouvernementaux et semble-t-il que pour la gestion de leurs champs, elles ont à utiliser beaucoup Internet», indique le maire. 

Leur refuser Internet et la fibre optique, «ce serait vraiment un frein au développement des entreprises agricoles qui ont besoin d'utiliser le système de géopositionnement pour analyser les rendements», illustre le maire.

Rappelons qu'en décembre dernier, le CRTC a annoncé la création d'un fonds de 750 millions $ pour soutenir les régions mal desservies par Internet haute vitesse.

Le responsable des communications de l'UPA du Centre-du-Québec, Sylvain Rheault, indique que la situation est problématique pour plusieurs producteurs. 

«De plus en plus, leurs transactions se font en ligne. Les transactions à la bourse pour les producteurs de grain se font sur Internet», illustre-t-il. «Les besoins technologiques de nos producteurs changent au même titre que ceux de la société», fait-il valoir.

«Actuellement, les gens sont obligés de s'abonner à deux ou trois services. Ça coûte une fortune», constate le maire Veillette.

Dans les circonstances, le conseil municipal a décidé de déposer une demande de soutien financier au gouvernement.

Le maire Veillette indique que l'entreprise Cogeco «a réalisé une analyse technique et financière d'un modèle. Ils ont investi de leur temps, de leur expertise pour nous dresser un portrait, dans la MRC des Chenaux. Ils savent combien coûte chacun des tronçons. Par contre, actuellement, ce n'est pas un modèle financier viable. Dès qu'on parle de la fibre hors des périmètres urbains, la concentration des résidences ne tient pas la route», dit-il.

Selon le maire, il faut donc un partenariat ou de l'aide financière gouvernementale.

«À la limite, est-ce qu'il peut y avoir un partenariat financier établi par les municipalités pour que nos citoyens puissent avoir droit à un service comme celui-là? Ce sont des avenues qu'il faut explorer», estime le maire.




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